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Date de création : 27.11.2008
Dernière mise à jour : 08.02.2013
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Les gemmes et métaux précieux - Le grenat demantoide

Publié à 15:36 par acoeuretacris Tags : gemme
Les gemmes et métaux précieux - Le grenat demantoide

LE GRENAT DEMANTOÏDE

Reportez-vous, par la pensée, à l’époque où la globe terrestre n’avait pas encore l’aspect que vous lui connaissez. Des masses énormes de matières diverses dérivaient, se choquaient, fusionnaient, se déplaçaient. Des températures fabuleuses, associées à des pressions gigantesques, permettaient des amalgames impossibles à concevoir de nos jours mais dont nous constatons les résultats.
Certains de ces bouleversements géants ont donné naissance à des cristaux. Les uns furent colorés, d’autres non.
C’est à ces cristaux colorés, précieux à cause de leur rareté, que fut attribué le nom de « pierres précieuses de couleur ».

Le grenat démantoïde est, en fait, l’une des plus brillantes pierres gemmes qui soient.
Seuls pourtant, de manière générale, les collectionneurs, et certains amateurs de gemmes, en connaissent l’existence.
Il s’agit en fait, d’un grenat vert ou, pour mieux dire, de la vedette parmi les grenats verts.
Il y a une raison pour le nom qu’il porte : il vient du néerlandais et signifie quelque chose comme « comparable au diamant ». Cela a trait à la caractéristique frappante de cette pierre : son brillant unique et sa luminosité.
Certains négociants en pierres ont prétendu que le démantoïde brillait et semblait rutiler, même dans l’ombre.

Le demantoïde est un membre de la vaste famille des grenats. Mais il est plus que cela.
Il est le plus onéreux de toute cette gamme et l’une des plus appréciées des pierres gemmes.
Il est, de ce fait, l’une des pierres les plus chères et les plus convoitées, à la fois pour sa rareté et sa brillance incroyable.
Ces phénomènes comportent une explication plausible. Le démantoïde a un indice de réfraction relativement élevé : 1,888. Toutefois, son pouvoir de dispersion est, lui aussi, très remarquable. Il s’agit de sa capacité à réfléchir la lumière, pénétrant au travers des facettes, et de la décomposer en toutes les couleurs de l’arc-en-ciel. En ce domaine, le demantoïde est un champion, supérieur au diamant lui-même.

Le spectre de couleurs du démantoïde comporte diverses nuances, qui vont, du vert légèrement teinté de jaune, au vert légèrement brunâtre, avec un éclat doré. L’une des couleurs les plus appréciées est le vert émeraude soutenu. Il est d’une extrême rareté.
Ce n’est pas seulement une pierre de grande beauté et de grande rareté mais aussi une pierre de petite dimension. Les spécimens d’une certaine grandeur sont très difficiles à trouver. Il n’y a que quelques pierres qui, après taille, atteignent deux carats. Ils pèsent, pour la plupart, un carat environ.
Si vous êtes en présence d’une pièce de joaillerie qui comporte un démantoïde, vous ne pourrez vraisemblablement espérer qu’une pierre de dimension modeste.

 

LA PIERRE FAVORITE DU MAITRE-JOAILLIER DE RUSSIE

Le monde passionnant des gemmes, est riche en histoires de pierres superbes, attirantes, qui firent une apparition fulgurante et disparurent, telles des étoiles filantes, après une courte période de vogue.
.Quand le démantoïde fut mis à jour, dans les montagnes de l’Oural, en Russie, en 1888, il devint rapidement une pierre très fortement désirée. Il était étincelant comme un astre.
Il brillait de tous ses feux jusque dans les bureaux où les dessinateurs de bijoux le mettaient en valeur, à Paris, à New York et à Saint-Pétersbourg.
En Russie, Carl Fabergé, le joaillier vedette, en était passionné, à cause de sa brillance particulière. Aussi aimait-il à l’utiliser sur ses objets précieux. Cependant, après les jours douloureux de la guerre de 14-18, la pierre vedette ne brilla plus que d’un éclat atténué.

Ce n’est que de temps en temps, qu’elle apparut sur le marché et, quand cela se produisait, c’était, habituellement, en tant que pierre, sertie sur une pièce de joaillerie plutôt ancienne ou en provenance d’un reliquat, en relation avec les évènements historiques de l’Oural..
On trouva également des démantoïdes en d’autres lieux, au Congo par exemple ou, en 1975, en Corée. Mais leur qualité n’était pas suffisante pour qu’ils soient utilisés en joaillerie. Ils n’intéressèrent que les collectionneurs.


Les choses changèrent brusquement lorsqu’on découvrit, au milieu des années 90, en Namibie, un nouveau filon, qui produisit des démantoïdes en qualité et en quantité intéressantes.

 

La façon dont ce filon fut mis au jour semble relever du roman d’aventures.
Le cadre en est la partie Sud du Damara, près de la montagne du Spitzkoppe, également appelée le Matterhorn africain.
Rien ne bouge, sous son soleil de plomb. A l’horizon lointain, la ligne des « montagnes noires » semble flotter, dans une brume bleuâtre. Le pays est dur et aride.
Pourtant, de toute éternité, il a recélé un trésor inconnu de pierres gemmes.
Il y a des millions d’années que le magma liquide exerce ici sa pression à partir du centre de la terre et qu’il s’est pétrifié, un peu au-dessous de ce qui est à présent la surface du sol. Le vent et les autres éléments naturels ont, au fur et à mesure que le temps passait, érodé ses couches superficielles jusqu’à ne laisser que la montagne caractéristique, de granit.

Ainsi demeurèrent seuls le pic du Spitzkoppe et, bien entendu, les pierres précieuses.
Personne pourtant, n’avait, jusqu’en décembre 1996, la moindre idée de leur existence.


Un chevrier itinérant se trouva, un jour, devant des structures cristallines qui éveillèrent son intérêt.
Il les montra à la ronde, dans les villages voisins et des spécialistes s’y intéressèrent.


Ils comprirent bientôt quelles pierres de valeur avaient été découvertes. Entre temps, le gouvernement namibien avait accordé des licences d’exploitation minière, concernant ces pierres précieuses.
Maintenant elles sont soigneusement récoltées, à la main, parmi les rochers environnants. Grâce à ce procédé, aussi peu que possible de ce matériau de valeur sera perdu.

 

POURQUOI UNE QUEUE DE CHEVAL INFLUE-T-ELLE SUR LA VALEUR DES DEMANTOIDES ?

Les démantoîdes vont d’un vert tendre et vif à un vert bleuâtre soutenu.
Leur excellente brillance est tout à fait frappante. Leur dureté de 7 sur l’échelle de Mohs ( barème de dureté qui accorde 10 au diamant, la plus dure des substances connues ) les rend particulièrement aptes à leur utilisation en joaillerie. Il leur manque pourtant une caractéristique qui, à ce jour, leur a été spécifique et qui permet leur identification infaillible, au premier coup d’œil, à l’examen au microscope : ce sont les inclusions nommées « queue de cheval ». Des inclusions en touffe, de bissolite de couleur jaune d’or, apparaissent, presque sans exception, dans tous les démantoïdes. Elles sont pourtant absentes dans les pierres de Namibie, qui sont pratiquement dénuées d’inclusion, ce qui, malheureusement, ne constitue pas un élément favorable.
En fin de compte, ces inclusions ne sont pas seulement typiques du démantoïde mais encore elles sont susceptibles d’en augmenter la valeur si elles sont prononcées.
Voilà qui peut paraître surprenant puisque, d’habitude, les inclusions ne sont pas du tout recherchées car elles diminuent la transparence de la pierre. Mais, les inclusions « queue de cheval » sont, en la matière, une affaire bien différente. Une belle inclusion, bien formée, va augmenter, de façon considérable, la valeur d’un démantoïde. Bien des collectionneurs sont disposés à payer un supplément de prix pour des pierres présentant des caractéristiques de cet ordre.

Ainsi, si l’on vous offre un grenat démantoïde, n’oubliez pas d’y jeter un coup d’œil au microscope. Si la pierre est d’origine russe, vous pourrez y voir quelques inclusions fibreuses et des espèces de mèches, qui rappellent une queue de cheval.
Si tel est le cas vous aurez une preuve tangible quant à l’origine de la pierre.

En même temps, cette espèce « d’empreinte digitale naturelle » vous prouve que vous tenez en main l’une des pierres les plus rares et les plus chères au monde.
Toutefois, une telle rareté pourrait aussi se traduire dans le prix car les démantoïdes d’origine russe sont estimés considérablement plus cher, que leurs cousins de Namibie. Et pourtant, leur couleur verte et leur brillance sont tout à fait équivalentes.