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Date de création : 27.11.2008
Dernière mise à jour : 08.02.2013
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Préhistoire -

Préhistoire - Les huttes en os de mammouth -

Publié à 10:03 par acoeuretacris Tags : préhistoire hutte
Préhistoire - Les huttes en os de mammouth -
 
Il y a 20 000 à 18 000 ans,  après la fin de la période de grand froid, des populations retournèrent vers le centre de la plaine russe.
En hiver et au printemps, ils vivaient dans des habitations en ossements de mammouths. Plusieurs de leurs campements ont été découverts, notamment en Ukraine.
Les sites de Meziric et Mizyn bien conservés nous permettent de comprendre comment ces populations du paléolithique vivaient.
 
 
 
Les animaux d’Europe pendant l’ère glaciaire 
 
Durant la dernière glaciation, l’Europe faisait partie d’un immense ensemble de steppes et de toundras, dit « steppe des mammouths », qui traversait l’Asie jusqu’au Pacifique.
Le mammouth laineux ou à longue toison (Mammuthus primigenius) était l’un des animaux les plus communs de la steppe.
Il pouvait atteindre 3 m au garrot.
 
 
 
 
 
 
Mammouth laineux . By Rpongsaj 
 
 
De nombreux autres animaux peuplaient la steppe. 
 
 
L’ours des cavernes (Ursus spelaeus) s’est éteint avant la dernière glaciation. Sa taille était proche de celle de l’ours d’Alaska actuel et il était presque exclusivement végétarien. Ses fossiles ont été découverts par milliers dans des grottes d’Europe. 
 
 
 
 
Ours des cavernes. By Jim Linwood 
 
 
 
Le cheval sauvage (Equus ferus) était assez petit. Sa hauteur au garrot ne dépassait pas 145 cm. C’était un animal commun et l’une des proies favorites des chasseurs. 
 
Le lion des cavernes (Panthera leo spelaea) était plus grand que le lion actuel. Il a disparu d’Europe à la fin de la dernière glaciation. 
 
Le bison des steppes (Bison priscus) était très commun. C’était un animal puissant qui atteignait 3 m de long et plus de 2 m au garrot.
Lui aussi a disparu à la fin de la dernière glaciation.
 
 
Le rhinocéros laineux (Coelodonta antiquitatis) a disparu il y a environ 12 000 ans. Il possédait deux grandes cornes nasales. 
 
La hyène des cavernes(Crocuta crocuta spelaea) était beaucoup plus grande que l’hyène tachetée actuelle. Elle a disparu d’Europe vers la fin de la dernière glaciation. 
 
 
 
 
 
Hyene des cavernes 
 
 
Le mégacéros (Megaloceros giganteus) était un cerf de très grande taille qui a disparu à la fin de la dernière glaciation. 
 
 
 
 
Megaloceros giganteus poursuivi apr des loups (Peinture de Znedek Burian). By Guano 
 
 
Parmi les animaux qui existent toujours aujourd’hui, on peut citer le renne (Rangifer tarandus) qui était sans aucun doute l’animal le plus répandu. On trouvait également le bœuf musqué qui ne se rencontre aujourd’hui qu’au Canada et au Groenland, le souslik ou spermophile qui une sorte d’écureuil terrestre ou l’antilope saïga qui vit actuellement notamment dans les steppes d’Asie. 
 
 
 
 
Squelette de Megaceros. 
 
 
Le glouton (Gulo gulo) était beaucoup plus gros qu’aujourd’hui. D’après les fossiles, la population des steppes n’était pas très importante. 

Bien sûr, Le loup (Canis lupus) était déjà présent. C’est le premier animal à avoir été domestiqué par l’homme. 
Nos ancêtres chassaient tous ces animaux pour leur chair, leur peau et leurs os. 
 
 
Les demeures en os de mammouths 
 
Une dizaine de campements ont été mis à jour jusqu’à présent. 
Le campement de Meziric pouvait héberger environ 30 à 60 personnes. Il était situé sur un promontoire, au confluent de deux rivières et était entouré de collines. 
Cette population chassait le mammouth, le renne, le cheval, le lièvre ou le renard polaire. Ils pratiquaient également la pêche. 
 
 
 
 
Illustration d'une hutte en os de mammouths 
 
 
Chaque hutte abritait un foyer alimenté par des os. A l’extérieur, on trouvait des aires de stockage pour la nourriture et d‘autres réservées à la fabrication d’outils en silex et en os. 
La construction d’un tel campement exigeait probablement le travail d’une dizaine de personnes pendant 15 jours. 
Le campement devait être construit en automne car les fosses profondes d’au moins un mètre ne pouvaient être creusées sur un sol gelé. 
Chaque hutte comptait entre 150 et 650 os de mammouths. On a dénombré au total 97 crânes, 109 mandibules, 92 défenses et plusieurs centaines de grands os. 
La hutte la plus grande représentait 20 tonnes d’os dont 46 crânes. Certains crânes de mammouths étaient peints à l’ocre rouge ou jaune de motifs complexes. 
 
 
 
 
Illustration d'un os de mammouth peint à l'ocre rouge 
 
 
La base de chaque hutte était constituée de grands os de mammouths tandis que la superstructure était plus légère.
Les os étaient imbriqués selon des schémas symétriques. Les défenses formaient la voûte du toit.
 
 

L’ensemble était recouvert de peaux et de mottes de terre. Certains os avaient été troués mais nous ne savons pas exactement pourquoi.
Peut-être pour y insérer des morceaux de bois.
 
 
 
Sur le site a été mis au jour un objet très rare. Il s‘agit d’une gravure effectuée sur de l’ivoire de mammouth.
La gravure représente peut-être les huttes. Les représentations de paysage sont extrêmement rares dans l’art du Paléolithique supérieur.
 
 
 
 
 
Illustration de la gravure sur de l'ivoire de mammouth 
 
 
Le site de Mizyn a également livré un campement et des os peints. Ce campement constitué de cinq huttes a été découvert en 1907. 
La base des huttes est également constituée de crânes de mammouths. On a également retrouvé des os de rennes et de loups. L’armature était constituée des os du bassin et des mandibules.
Ce campement pouvait accueillir jusqu’à 50 personnes.
 

Préhistoire - L’homme de Similaun. Ötzi, la momie des glaces

Publié à 15:26 par acoeuretacris Tags : préhistoire otzi
Préhistoire - L’homme de Similaun. Ötzi, la momie des glaces
 
L’homme de Similaun. Ötzi, la momie des glaces 
 
 
En 1991, deux randonneurs partis pour l’ascension du glacier de Similaun, à 3 300 m d’altitude, découvrent dans la glace, un homme préhistorique gelé depuis plus de cinq millénaires. Ötzi, selon une récente théorie, pourrait avoir été assassiné dans une lutte de pouvoir. 
 
 
Ötzi: L’homme des glaces 
 
De sexe masculin, âgé 45 ans environ, le corps est desséché comme une momie. L’homme a été extrait de la glace avec tous les objets qu’il possédait : hache, poignards, un fouet à lanières.
Il a les cheveux bruns qu’il porte courts.
 
 

L’existence de tatouages n’avait jamais pu être prouvée. Grâce à cette découverte, l’incertitude est levée.
Les tatouages que porte cet homme ont été faits avec des pigments noirs à base de charbon de bois.
On peut voir notamment une croix au-dessus du genou gauche et des dessins sur la peau.
 
 
 
 
 
Tatouage de Otzi .(Capture d'écran. Documentaire Ötzi, l'Homme des glaces. Arte 2004) 
 
 
Autour de son cou, est attaché un disque de pierre blanche percé. Cette parure s’apparente à une sorte de médaillon. 
Les causes exactes de son décès sont restées pendant longtemps mystérieuses. Grâce aux dernières analyses, on a pu démontrer que de nombreuses blessures ont été faites par des armes. Il ne porte aucune trace de fractures ; les blessures crâniennes ont été faites après sa mort, sans doute par un charognard. Par contre, il a une profonde blessure à la main droite qui a été entaillée jusqu'au tendon. Il a également été touché par une flèche près de l'épaule gauche. 
 

De plus, du sang a été retrouvé sur la cape et sur ses armes. 
 
 
 
 
Ötzi, lors de sa découverte. 
 
 
Que faisait cet homme, daté d'environ 5 200 ans, en haut de ce glacier ? 
 
 
Un équipement d’alpiniste 
 
 
L’homme de Similaun avait bien préparé son expédition. Il était chaudement habillé, avait emporté des armes de chasse et le nécessaire pour allumer un feu.
Il portait une veste de fourrure ainsi qu’une cape coupe-vent imperméable faite de joncs tressés.
 
 
 
 
 
 
Ses pieds étaient protégés du froid par des chaussures en cuir rembourrées de paille. 
Grâce à lui, nous avons une idée précise sur la manière dont s’habillaient les hommes à la fin du Néolithique. 
 
 
Des armes de chasse ? 
 
 
On savait que les populations du Néolithique se servaient de l’arc mais sans en connaître les caractéristiques.
Celui d'Ötzi est un grand arc d’1 m 80 accompagné de 14 flèches dans un carquois.
Il portait également une gibecière pour transporter le gibier.
 
 
 
 
 
 
 
Par contre, ce qui semble étrange, c’est que l’homme avait emporté des vivres dont de la viande. N’était-il pas certain d’en trouver à une telle altitude ?
D’ailleurs, il faut reconnaître que l’endroit n’est pas idéal pour chasser.
Alors, s’il n’était pas venu chasser, quel était l’objectif de cette expédition ?
 
 
 
Un prospecteur de métal ? 
 
 
Il y avait à l’époque des filons de cuivre apparents dans cette région. Le fait que l’homme tenait encore à la main une hache incite à penser qu’il était peut-être en train de prospecter au moment de sa mort. 
Sa hache est en cuivre et non en fer. Toutes les haches retrouvées de cette époque sont en pierre polie et très rarement en métal.
Cet alliage témoigne des premiers pas de l’homme en matière de métallurgie.
 
 
 
 
 
 
Par contre, à l’opposé, le poignard qu’il porte à la ceinture, n’est pas poli et façonné d’une manière grossière.
Donc, d’un côté, il possédait un objet très précieux pour l’époque : une hache en cuivre ; de l’autre, il possédait un poignard de médiocre facture.
 
 
 
Un assassinat politique ? 
 
 
Walter Leitner, un expert de l'Institut d'Histoire Ancienne de l'Université d'Innsbruck a déclaré en 2005: 
 
 
" Ötzi était un chef, peut-être un sorcier. Il pourrait avoir été attaqué par de nombreux ennemis, ayant renoncé à transmettre son pouvoir bien qu'il était très vieux, une sorte de Mathusalem pour son temps." 
 
 
Leitner a présenté sa théorie devant ses confrères. Selon lui, le haut statut de cet homme serait attesté par les objets qu'il portait sur lui 

" Seul un chef aurait possédé une hache en cuivre. Le cuivre était très précieux et un symbole de pouvoir à cette époque." 
 
 
Pour Leitner, les assaillants lui ont envoyé une flèche dans le dos puis un autre s'est approché et a frappé la main droite avec un couteau. Les assaillants l'auraient laissé là où on l'a trouvé. 
 
 
 
 
Ötzi, lors de sa découverte. 
 
 
Cette nouvelle théorie vient à l'encontre de celle d'Edouard Egarter Vigl, conservateur de la momie.
Pour lui, Ötzi a réussi à fuir en haut de la montagne jusqu'à ce qu'il se soit effondré et ait été recouvert de glace.
Il se base sur les analyses histologiques et biochimiques effectuées sur la blessure à la main. L'homme aurait au moins passé trois jours à souffir avant de mourir.
 
Mais, Leitner, rétorque que l'homme aurait essayé de fuir vers la plaine plutôt que vers le sommet où il ne pouvait trouver qu'une mort certaine. 
 
 
Un mystère total mais une découverte exceptionnelle 
 
 
Nous ne saurons jamais qui était l’homme de Similaun ni ce qu’il faisait à 3 300 m d’altitude,
Par contre, l’excellente conservation du corps ainsi que tous les objets retrouvés nous ont permis de collecter des informations inespérées.
Grâce à lui, nous en savons un peu plus sur la vie quotidienne des hommes du Néolithique.
 

Préhistoire - Néolithique - Art -

Publié à 15:37 par acoeuretacris Tags : préhistoire néolithique art
Préhistoire - Néolithique - Art -
 
L'Art du Néolithique 
 
 
Au Néolithique, l'art prend des formes diverses grâce aux sculptures et à la céramique. 
 
 
La civilisation Néolithique se définit surtout par l’invention de la pierre polie. L’artiste néolithique se caractérise, lui, par ses talents dans le domaine de la céramique. 
 
 
Cette méthode de fabrication n’est pas nouvelle mais est largement perfectionnée pendant cette période. 
 
 
Des techniques qui se perfectionnent 
 
 
Au début du Néolithique (- 10 000 ans), la technique de la céramique n’en est qu’aux balbutiements. Les formes sont simples et sans aucune décoration. 
Le tour du potier n’a pas encore été inventé et l’on façonne l’argile comme on peut. 
 
 
 
 
 
Céramique peinte. IVe millénaire. (Musée d'Israël). 
 
 
Rapidement, la technique s’affine. L’âge d’or de la céramique se situe au Néolithique moyen (vers – 5 000 ans).
Par contre, à partir du Néolithique récent (vers – 4 000 ans), la qualité de la céramique se dégrade. Il est probable que l’homme se préoccupe alors d’avantage de problèmes de production que de l’art.
 
 
 
La sculpture néolithique 
 
Il semble que les premières sculptures néolithiques soient liées aux pratiques funéraires. L’inhumation se fait dans le sous-sol des maisons.
Après une période de latence afin que le corps se soit décomposé, la fosse funéraire était rouverte et le crâne en était extrait.
Certains de ces crânes recevaient alors des traitements particuliers : les traits du visage étaient reconstitués à l’aide de plâtre.
 
 
 
 
 
 
 
Crâne de Jéricho. VIIème millénaire. Jérusalem. (Musée des Antiquités) . 
 
 
Tous les membres d’une même communauté ne bénéficiaient pas du même respect.
Par exemple, on constate que les enfants de moins de 15 ans étaient ensevelis dans l’équivalent de nos fosses communes.
Contrairement à aujourd’hui, l’enfant d’une manière générale ne bénéficiait d’aucun statut privilégié.
 
 
 
 
 
Tête de femme. A Jéricho, les crânes humains font l'objet d'un véritable culte. Ils peuvent être décorés ou servir de support pour un modelage au plâtre. Les coquillages incrustés au niveau des orbites et la peinture rouge soulignent le réalisme. Jérusalem. (Musée des Antiquités)  -dinosoria.com 
 
 
Toutes les sculptures ne sont pas liées aux rituels funéraires. Les représentations féminines sont très abondantes.
Au début du Néolithique, certaines de ces statuettes sont très proches des Vénus du Paléolithique.
 
 
 
 
 
Les figures féminines sont très abondantes au néolithique (Museum of Anatolian Civilization) . By Brewbooks 
 
 
Peu à peu, la femme est représentée de manière plus stylisée et les formes abstraites apparaissent. 
 
 
 
 
Le Penseur en terre cuite. IVème millénaire. Roumanie. Cette statuette a été trouvée dans une tombe. On n'a pas encore trouvé d'interprétation satisfaisante sur la position de cet homme. (Bucarest. Musée d'Histoire). ©dinosoria.com 
 
 
 
Les peintures du Néolithique en Afrique et en Europe 
 
 
Entre 9 000 et 3 000 avant notre ère, le Sahara était un lieu très favorable à la vie. Partout, on retrouve des traces de cette activité humaine. 
 
 
 
 
Les chasseurs-pasteurs de l'âge de pierre occupaient le Sahara entre 8 000 et
3 000 avant notre ère. Peinture rupestre du Tassili. Style des Bouviers. Paris, Musée de l'Homme.  dinosoria.com
 
 
 
Les œuvres les plus anciennes datent du Paléolithique supérieur, avant 9 000 ans avant notre ère. Les plus belles œuvres rupestres ont été produites par des populations d’éleveurs entre 6 000 et 2 000 ans avant notre ère.
 
Les populations néolithiques ont couvert les rochers de gravures et de peintures vivantes aux couleurs chaudes.
 
 
Dans cette région, 10 000 figures peintes ont été mises au jour en 1944. Cet ensemble, dit du Tassili, couvre une période très longue et raconte le quotidien des populations de cette région. 
 
 
 
 
Chronique de la vie quotidienne. By Gruban 
 
 
L’une des premières périodes est définie par le style des « hommes à tête ronde ». Les représentations masculines y abondent. Ces hommes ont un corps schématique, une tête ronde et hypertrophiée et sont armés de masses, d’arc et de flèches.
Certains portent des masques.
 
 
 
La période suivante, dite des « bouviers », couvre une grande partie du Néolithique. C’est un art narratif. On y voit principalement des troupeaux de bovidés, des scènes de chasse et de la vie quotidienne. 
 
 
 
 
Scène de travail. On n'a pas trouvé d'explications à la curieuse position des jambes de ces femmes et enfants. Paris, Musée de l'Homme.  dinosoria.com 
 
 
La période dite du « cheval » couvre les II et I millénaires (âge des métaux). Ces peintures retracent l’apparition d’envahisseurs montés sur des chars mais c’est également une période où les chevaux étaient utilisés pour le transport. C’est pourquoi de nombreuses peintures représentent des cavaliers. 
 
 
 
 
La vie animale était foisonnante dans le Sahara. On y trouvait de nombreux animaux sauvages aujourd'hui disparus.
By Gruban
 
 
 
La dernière période est celle dite du « chameau ». Elle commence vers environ 100 ans avant notre ère. Le chameau remplace peu à peu le cheval sur les fresques.
Nous quittons alors la préhistoire pour entrer dans l’histoire avec la présence de l’alphabet Touareg.
 
 
 
 
 
Peinture du Tassili. Femmes assises et chasseurs qui rentrent. Paris, Musée de l'Homme.  dinosoria.com 
 
 
Ces merveilleuses fresques font du Sahara un véritable centre de l’art néolithique. C’est l’un des plus riches au monde. 
En Europe, c’est en 1903 que l’on découvre en Espagne les premières peintures rupestres du Néolithique.
Les peintures sont de petites dimensions. Le thème de prédilection des artistes est la vie au quotidien.
 

Préhistoire - Néolithique - premiers villages -

Publié à 15:01 par acoeuretacris Tags : préhistoire néolithique village
Préhistoire - Néolithique - premiers villages -
 
Néolithique 
 
 
Les premiers villages. Guerre. Rites funéraires 
 
 
Devenu cultivateur et éleveur, l’homme du néolithique n’est plus un nomade à la recherche de moyens de subsistance. Grâce à un outillage plus perfectionné, la production alimentaire augmente et il peut s’organiser en collectivité.
Regroupées en villages, les nouvelles communautés forment des embryons de ville, centre d’un nouvel ordre social.
Au néolithique, alors que l’Europe reste attachée au village agricole, l’Orient voit naître les premiers villages puis les premières villes.
 
 
 
Du campement au village 
 
 
Au paléolithique, les hommes construisent des habitations faciles à démonter. L’avènement de l’agriculture va modifier cet état de chose.
Le travail des champs et le stockage des récoltes exigent un habitat plus stable. Il est donc normal que les premiers villages soient nés au Proche-Orient, berceau de la révolution agricole.
 
 
 
 
 
Village néolithique de l'île de Chypre (VIe millénaire avant notre ère). By Wessex Archaeology 
 
 
Cependant, il faut souligner que cette chronologie n’est pas aussi formelle. En effet, au Mexique, la domestication de la courge a précédé d’au moins 1 000 ans la sédentarisation des Indiens. 
 
 
Les natoufiens, principalement implantés dans les actuels Israël et Jordanie,  habitaient déjà des maisons en dur il y a 12 000 ans. Leur économie reposait pourtant essentiellement sur la chasse et la cueillette.
A moitié enterrées dans des fosses circulaires, leurs demeures constituent cependant les premiers hameaux de brique.
 
 
 
Les premiers villages 
 
 
Les premières constructions rectangulaires apparaissent il y a 10 000 ans à Çatal Höyük, en Anatolie.
Cette innovation architecturale permet d’agrandir progressivement l’espace habitable. Faites de briques crues enduites d’une couche de plâtre, les maisons adossées les unes aux autres, communiquent entre elles par des cours intérieures.
 
 

L’accès s’effectuait par des toits en terrasse. Cette ville ne possédait aucune rue. Chaque maison avait une pièce principale équipée d’un foyer et d’un four. 
 
 
 
 
Reconstitution 3D de Çatal Höyük. By Open Knowledge 
 
 
Çatal Höyük  pouvait loger plusieurs centaines de personnes. Ce site s’étale sur environ 15 hectares. Les maisons sont recouvertes de nombreuses peintures dont certaines semblent évoquer des scènes mythiques : vautours attaquant des hommes sans tête,  culte du taureau.
Les morts sont parfois enterrés sous les maisons et le crâne déposé dans la demeure.
 
 
 
 
 
Crânes déposés dans une demeure. By Open Knowledge 
 
 
Les plans des habitations ont été constamment améliorés. Grâce à la chaux et au plâtre, inventés il y a 9 600 ans environ, les murs sont enduits et les sols isolés. 
 
 
A Sawwan, un site irakien vieux de 8 000 ans, les habitations sont entourées d’un muret d’enceinte. 
 
 
 
 
Les figures féminines sont très abondantes au néolithique (Museum of Anatolian Civilization) . By Brewbooks 
 
 
Les habitations deviennent plus raffinées avec la céramique. A Oueili, en Irak, des carrelages ont été exhumés sur ce site vieux de 7 500 ans.
Les bâtisses montrent que l’espace se spécialise. En effet, la salle centrale servait manifestement de salle à manger.
Au milieu se trouvait un foyer et une plate-forme percée d’un trou, peut-être destinée à supporter une jarre d’eau.
Les deux autres espaces étaient réservés au repos.
 
 
 
 
 
Céramique peinte. IVe millénaire. (Musée d'Israël).  dinosoria.com 
 
 
Un peu partout, la civilisation néolithique s’étend. L’ensemble de l’Europe va être colonisé en trois millénaires.
Cependant, en Europe, la surface des villages est beaucoup plus modeste.
 
 
 
 
 
Vestiges du village de Skara Brae en Ecosse. By Basykes 
 
 
Les hommes quittent leurs huttes de branchage recouvertes de peau pour de grandes maisons en torchis. A Skara Brae, en Ecosse, le bois se faisant rare, les habitants ont construit les premières maisons de pierre, avec un foyer central et des banquettes latérales en guise de lit. 
 
 
 
 
Maison de Skara Brae. By Lil Jim 
 
 
On peut en déduire que si les espaces à l’intérieur des habitations se sont spécialisées, il en a été de même pour les activités humaines.
En effet, il fallait des maçons, des tailleurs de pierre, des céramistes ou des tisserands.
 
 
 
Naissance de la  guerre 
 
Au début du néolithique, l’amélioration de la production agricole a des effets bénéfiques. Dans un premier temps, les conditions de vie s’améliorent et la démographie explose.
Aux alentours de 2 000 ans avant notre ère, cette population est passée à 100 millions alors qu’elle n’était que d’environ 10 millions au début du néolithique.
 
 
 
Ces masses humaines de plus en plus importantes rentrent en concurrence. Poussées par le besoin de protéger leurs biens, des communautés établissent leurs villages sur des hauteurs escarpées ou à l’abri derrière des murailles, comme à Jéricho. 
 
 
Les conflits territoriaux devaient certainement exister bien avant mais c’est au néolithique que la notion de « guerre » apparaît. 
 
 
Cette thèse est confirmée par des traces d’incendies violents et de nombreux fragments de squelettes humains qui portent des séquelles de coups et de blessures. 
En Languedoc, en France, vers le milieu du IIIe millénaire avant notre ère, les hameaux de la culture de Fontbouisse regroupent plusieurs familles dans de longues maisons de pierre sèche, à l’intérieur d’une grande enceinte basse, flanquée de tours rondes. 
 
 
 
 
Reconstitution du village préhistorique de Cambous 
 
 
La guerre apparaît avec l’instinct de propriété. On a retrouvé des charniers où les hommes sont jetés pêle-mêle, le crâne enfoncé, des pointes de silex enfoncées entre les côtes.
Certains restes humains démontrent que les vainqueurs pratiquaient un cannibalisme rituel. En effet, des restes humains ont été retrouvés mélangés à des aliments dans les ruines calcinées de certains villages fortifiés de l’Hérault ainsi que sur d’autres sites en Europe.
 
 
 
Qui dit guerre, dit guerriers. Apparemment, dès cette époque, les guerriers tendent à dominer ceux qu’ils défendent.
La société devient donc de plus en plus hiérarchisée comme en témoignent les sépultures.
 
 
 
 
 
Mégalithe d'Irlande. By James Shiell 
 
 
Des tombes beaucoup plus riches sont construites avec d’énormes blocs de pierre. Ces sépultures sont les mégalithes. 
 
 
Rites funéraires au néolithique 
 
Alors que les néandertaliens déposaient dans une simple fosse le défunt accompagné de quelques offrandes (fleurs par exemple), les sépultures du néolithique témoignent de rapports étroits entre le monde des morts et celui des vivants. 
 
 
La plupart des défunts sont inhumés mais l’incinération existe aussi. 
 
 
Les morts sont enterrés en position fœtale, allongés sur le dos. La plupart du temps, les villages se dotent de cimetières. 
 
 
 
 
Squelette exhumé à Çatal Höyük. By Open Knowledge 
 
 
Vers 3 500 avant notre ère, apparaissent les premières sépultures collectives, probablement familiales, et la hiérarchisation de la société se perpétue dans les tombeaux.
Les tombes des chefs se distinguent des autres par des objets somptueux.
 
 
A Varna, en Bulgarie, ces tombes renferment de nombreux bijoux et même de l’or pour les plus riches. 
 
 
Le culte des crânes est propre au néolithique. ‘Ain Ghazal, en Jordanie, est l’un des plus grands sites néolithiques connus.
Vers 6 000 ans avant notre ère, le village abritait environ 2 000 personnes.
 
 
 
 
 
Crâne de Jéricho. VIIème millénaire. Jérusalem. (Musée des Antiquités) .  dinosoria.com 
 
 
On a retrouvé de nombreuses petites figurines d’argile d’animaux, principalement des bovins. Les figurines humaines sont plus rares et toutes, à une exception près, sont décapitées. Elles se présentent sous la forme de corps acéphales ou de têtes seules. 
 
 
 
 
Figurine animale retrouvée en 2002 à Çatal Höyük. By Open Knowledge . 
 
 
Les morts étaient généralement enterrés sous le sol des maisons. Après une période plus ou moins longue permettant la décomposition, la fosse funéraire était rouverte et on en ôtait le crâne. 
 
 
 
 
Corps enterré sous une maison à Çatal Höyük. By Open Knowledge 
 
 
Des crânes étaient ré-enterrés ailleurs mais certains recevaient un traitement particulier. Les traits du visage étaient reconstitués à l’aide de plâtre. 
 
 
 
 
Crâne humain provenant de Jéricho. Les traits du visage sont modelés en plâtre et des coquilles de porcelaine remplacent les yeux. (VIIe millénaire avant notre ère). Jérusalem, Musée des Antiquités.  dinosoria.com 
 
 
Les enfants de moins de 15 mois étaient traités sans égards et étaient jetés pour la plupart sur des décharges.
Certains adultes, environ un tiers des restes funéraires,  ont également été retrouvés dans des décharges. Leurs têtes n’avaient pas été décapitées. Celai suggère qu’ils ne bénéficiaient pas du même respect.
 
 
 
Qu’est-ce qu’une ville ? 
 
Certaines agglomérations du néolithique sont très importantes. Cependant, les spécialistes estiment que ce n’est pas le nombre qui fait la ville mais l’organisation de l’espace.
Une ville doit comporter notamment des bâtiments publics, des bâtiments liés au pouvoir, au culte, au commerce ou aux loisirs.
 
 
 
Les villages de  Çatal Höyük  ou  de ‘Ain Ghazal  ne répondent pas à cette définition. On ne peut donc pas parler de ville avant la naissance des grandes cités d’Egypte, de Mésopotamie et de la vallée de l’Indus. 

Préhistoire - Le néolithique -

Publié à 13:57 par acoeuretacris Tags : préhistoire néolithique
Préhistoire - Le néolithique -
Néolithique Terre cuite
Khartoum
 
 
 
La céramique de la période néolithique - travaillée sans tour - se caractérise par sa grande qualité technique et ses formes variées. Ici on peut voir différents décors obtenus notamment par lissage ou par brunissage typiques du site d'al-Kadada.
 
 
10 000 ans avant notre ère, une « révolution » éclate à l’échelle planétaire. En effet, le néolithique marque une grande étape dans notre histoire. Pour la première fois, l’Homme cesse d’être un nomade dépendant de la chasse. Cette période a été baptisée le « néolithique » c’est-à-dire « le nouvel âge de la pierre. » 
 

 
Homo sapiens devient un producteur et se met à cultiver. Jusqu’à présent, l’Homme vivait de la chasse, de la cueillette et de la pêche. Après la dernière glaciation de Würm, 10 000 ans avant notre ère environ, le climat se réchauffe doucement. 
 
 
De grandes forêts de feuillus et de conifères apparaissent. L’Homme commence à domestiquer les animaux et à cultiver les plantes. 
On parle souvent de « révolution néolithique » car ce nouveau mode de vie a eu autant d’impact sur l’humanité que la révolution industrielle.
La période du néolithique est comprise entre le mésolithique et l’âge des métaux.
 
 
 
Il est à souligner qu’il est très difficile de donner une chronologie précise. L’apparition des premiers grains domestiques, par exemple, varie beaucoup en fonction des sites. 
 
 
Le début du néolithique 
 
 
Au néolithique, l’Homme cesse d’être un simple prédateur et passe au statut de producteur. C’est un évènement vraiment décisif. 

Au paléolithique, l’Homme a colonisé la planète mais il reste asservi à son environnement. Il se comporte comme un prédateur intelligent qui sélectionne ses proies tout en restant tributaire de la nature.
Avec le néolithique, à partir de 10 000 ans avant notre ère, un processus irréversible s’amorce.
 
 
 
Néolithique « le nouvel âge de la pierre » fait référence à la pierre polie, par opposition au paléolithique « la vieille pierre » qui était simplement taillée. 
 
 
 
 
Pointes de flèches de silex. 4 000 - 2 400 avant notre ère. By Wessex Archaeology 
 
 
Mais, le néolithique opère un changement bien plus profond que cette simple innovation technique. 
Cette période marque un nouveau mode de vie qui reste celui que nous connaissons toujours. 
 
 
Les grandes étapes du  néolithique sont : 
  • Abandon du nomadisme 
  • Sédentarisation 
  • Création des premiers villages (à partir de – 12 000 ans) 
  • Invention de l’agriculture (vers – 9 000 ans) 
  • Début de l’élevage (vers – 8 500 ans) 
 
Peu à peu, l’Homme va fabriquer des outils perfectionnés, créer la spécialisation des tâches, créer la division du travail et la hiérarchie. 
Mais, malgré les apparences, il ne s’agit pas d’une rupture brutale mais plutôt d’une évolution graduelle. Cette dernière s’est poursuivie pendant deux ou trois millénaires.
Ce nouveau mode de vie a émergé dans quelques foyers puis il s’est diffusé aux régions voisines pour finalement s’imposer sur l’ensemble de la planète.
Cependant, on sait que plusieurs foyers de sédentarisation ont surgi simultanément dans des régions éloignées
 
 
 
Pourquoi modifier son mode de vie ? 
 
 
A la fin du paléolithique, les hommes vivent en petits groupes sur l’ensemble de la planète. Ces groupes fort éloignés ne communiquent pas entre eux.  Pourtant, cette « révolution » est apparue en même temps sur plusieurs continents. 
 
 
 
 
Les hommes du néolithique aimaient représenter leur environnement. Sur cette grotte en Somalie, la faune locale est peinte. By Najeeb 
 
 
On peut donc se demander quelle motivation ou quelle logique a poussé l’Homme à évoluer dans le même sens.
 
Voici les deux thèses décrites dans « la plus belle histoire de l’homme » par Jean Guilaine, professeur au collège de France : 
 
 
“ Pour les uns, c’est la nature qui a contraint l’Homme à s’adapter. A cette époque, la dernière glaciation se termine. Le climat se réchauffe, il devient plus humide et favorise la végétation. L’Europe découvre un climat tempéré, les régions méridionales se retrouvent plus sèches. Dans certaines contrées plus arides, les hommes se concentrent dans des zones favorables, près des lacs, des rivières, des marécages. 
On peut penser que la proximité de l’eau, c’est-à-dire de la vie, les incite à s’intéresser de plus près aux animaux et aux plantes, et que cette symbiose quotidienne les conduit à les domestiquer. ” 
 
 
“ Pour les autres, ce serait l’évolution intellectuelle de l’Homme qui l’aurait incité à changer. Depuis leurs origines, les êtres humains créent de l’artificiel. [….] La nature n’y serait  pas pour grand-chose. L’évolution viendrait de la volonté humaine, et de rien d’autre.” 
 
 
Les premiers foyers de sédentarisation 
 
 
Les premières sédentarisations débutent il y a entre 12 000 et 10 000 ans avant notre ère. Ce ne sont que des ébauches. 
 

Des groupes se fixent près de lacs ou des côtes, là où la nourriture est plus abondante. Ils restent nomades mais installent des camps de base.
 
 
C’est au Proche-Orient que les premiers foyers ont été découverts. Les plus vieux sites se situent dans le Croissant fertile :  Jordanie, Syrie, Israël, Palestine, Mésopotamie, Iran, Irak, Turquie. 
 
 
 
 
Vestiges d'un village en Jordanie ( 9000 ans avant notre ère) . By Tympsy 
 
 
A la même époque, des hommes se sédentarisent au Mexique et au Pérou. 
 
 
Plus tard, viennent la Chine, l’Asie du Sud-Est et l’Afrique orientale. 
 
 
Entre   9000 ans et  5000 ans avant notre ère, les principales céréales et légumineuses vont être domestiquées sur différents continents : 
  • Blé, orge, pois, lentille, fève au Proche-Orient 
  • Millet, riz en Extrême-Orient 
  • Maïs, haricots en Amérique 
  • Mil, sorgho en Afrique 
 
Il est à noter que des grains de blé domestique ont été découverts à Aswad en Syrie. Ce site a été daté de 12 800 ans environ.
La chronologie est assez confuse car, par exemple, à Netiv Haghud, un village fondé il y a 11 000 ans au nord de Jéricho, seuls 10% des grains d’orge sont de type domestique.
 
 
 
 
 
Meule de pierre qui servait à la préparation des aliments végétaux (British Museum). By Wessex Archaeology 
 
 
Une agriculture primitive, pratiquée avec des grains sauvages, a donc largement précédé l’agriculture proprement dite. 
 
 
Ce qui est certain, c’est qu’à partir de 9000 ans avant notre ère, l’évolution va aller très vite. L’ébauche d’ancrage aboutit aux prémices de l’agriculture. 
 
 
Les prémices de l'agriculture 
 
 
Des groupes de chasseurs-cueilleurs se sédentarisent dans une zone qui s’étend du Nil à l’Euphrate. Ils commencent par cueillir le blé et l’orge sauvages puis les domestiquent comme ils le feront pour le mouton, la chèvre et un peu plus tard le bœuf. 
 
 
Ces hommes vivent dans des petites huttes circulaires à fondations de pierre qui ont été retrouvées à Jéricho.
Toujours à Jéricho, on a retrouvé une tour de pierre de 10 mètres de diamètre pour près de 9 mètres de haut qui jouxte un rempart de 3 mètres de large.
 
 
 
 
 
Tour circulaire en pierre de Jéricho. L'entrée est en bas (Période néolithique pré-céramique). By Wessex Archaeology . 
 
 
Jéricho fait partie d’un ensemble de sites archéologiques en relation avec la culture natoufienne du nom d’un site cavernicole de l’oued en-Natouf dans les collines de Judée, en Israël.
La culture natoufienne est caractérisée par des petits villages de huttes rondes aux murs de pierre et des populations relativement importantes.
Les objets façonnés comprennent des meules et des mortiers utilisés pour moudre les graines. Les lames de faucille en silex comportent de nombreuses dents et étaient utilisées pour ramasser les céréales sauvages.
Les sites et les cimetières montrent un début de hiérarchisation ainsi que des échanges de biens entre les communautés tels les coquillages ou des bols de pierre.
 
 
 
 
 
 
Reconstitution d'un village avec maisons circulaires en Jordanie. By Tympsy 
 
 
Cependant, on ne peut pas vraiment parler d’agriculture avec les natoufiens. Ce ne sont pas encore des paysans. Ils améliorent leur quotidien avec le blé et l’orge sauvage. 
 
 
Ces groupes s’intéressent à l’art. Ils façonnent des statuettes féminines aux traits sexuels accentués. On pense que c’est peut-être un culte de la fertilité qui était pratiqué du fait de cette sédentarisation. 
 
 
 
 
 
Déesse enfantant soutenue par des félins. Cette figurine en terre cuite provient de Çatal Höyük . By Levork 
 
 
L’animal prend déjà une place symbolique importante dans la vie quotidienne. Certains groupes semblent honorer le taureau dont ils fichent les cornes dans les murs, comme à Çatal Höyük en Turquie. 
En Occident par contre, les hommes continuent de vivre de chasse, de pêche et de cueillette. 
 
 
La naissance de l'agriculture 
 
 
L’élevage et l’agriculture sont apparus à peu près dans les mêmes foyers. L’archéologie a démontré que le végétal a été domestiqué avant l’animal. Cependant le débat n’est pas clos car, par exemple, en Afrique, des peintures rupestres montrent des bœufs domestiques. Cette domestication serait donc antérieure à la découverte du mil et du sorgho. 
 
 
D’une manière certaine, agriculture et élevage ont commencé à se diffuser à partir du Proche-Orient. 
 
 
Après avoir cueilli les graines de plantes sauvages pendant près de 2 000 ans, les habitants du Levant se mettent réellement à l’agriculture. 
 
 
 
 
 
Fragments de poteries de Çatal Höyük . By Çatal Höyük 
 
 
Sélectionnant les plantes selon leur rendement, multipliant les essais, ils créent une nouvelle économie qui va se répandre en Eurasie.
D’autres foyers agricoles naissent ailleurs sur la planète, l’horticulture se développant dans le Pacifique.
 
 
 
A partir de 8 000 ans avant notre ère, l’agriculture n’est plus une activité marginale. 
 
 
Loin de l’influence proche-orientale, l’agriculture a fait son apparition en Amérique. La courge est d’abord domestiquée il y a environ 12 000 ans.
Puis, vers 9 000 avant notre ère, le haricot, l’avocat et le piment font leur apparition.
 
 
 
 
 
Figurine féminine de Çatal Höyük . By Brewbooks 
 
 
Le maïs est cultivé dans la vallée de Tehuacan il y a 7 000 ans. Le riz est domestiqué en Chine il y a 7 000 ans, puis en Inde et en Afrique  il y a 4 000 ans. 
C’est à partir du Proche-Orient que sont diffusées les céréales cultivées en Europe.
 
 
Les populations néolithiques les introduisent sur un continent où les céréales ne poussaient pas à l’état sauvage. 
 
 
L’impact sur la population mondiale 
 
 
L’invention de l’agriculture et de l’élevage assure à l’homme une sécurité alimentaire. A la fin du paléolithique, on estime la population mondiale entre 6 et 8 millions d’individus. 
Sous l’effet de la révolution néolithique, cette population va être multipliée par 10  pour atteindre environ 80 millions d’habitants entre 8 000 et 6000 ans avant notre ère. 
 
 
Sur le seul territoire de la France, on passe de 50 000 à 500 000 individus environ. 
 
 
L’outillage en pierre polie 
 
 
Le néolithique est marqué par l’apparition de la technique de la pierre polie. Ce procédé consiste à lisser le traditionnel silex taillé.
L’objet préformé passe sur des blocs de grès, pourvus de larges cuvettes pour polir et de stries pour former les bords tranchants.
 
 
 
 
 
Outils néolithiques: sagaie, harpon, pointes de flèche. By Wessex Archaeology . 
 
 
Ce travail de finition permet d’obtenir des outils mieux adaptés : haches ou lames de faucille. 
Appliquée à l’obsidienne ou le jade, cette technique a permit de créer de nouveaux objets : vases, plats, bracelets … 
 
 
La conquête de l’Europe 
 
 
La mer ne fait pas peur à ces hommes. Depuis la fin du paléolithique, les hommes savent fabriquer des radeaux.
On a découvert aux Pays-Bas une pirogue vieille de 8 300 ans.
 
 
 
Nos ancêtres traversent donc la Méditerranée et les premiers colons s’installent, vers 6 000 ans avant notre ère, sur le pourtour méditerranéen.
Ils savent domestiquer les végétaux mais également les moutons, les chèvres et les bœufs.
 
 
 
 
 
Découverte à Bourg-Charente en 1979 par des plongeurs, cette pirogue monoxyle (un seul morceau de bois) est datée d'environ 3000 av. JC (néolithique). Elle est exposée au Musée d'Arts et d'Histoire de Cognac. By Pierre-Alain Dorange 
 
 
Les autochtones sont des chasseurs-cueilleurs. 
 
 
Les colons finissent par s’imposer car leur mode de vie est bien plus performant. Peu à peu, ils colonisent les régions intérieures. 
Une autre vague de colons est arrivée par le Danube. Les Danubiens s’installent le long des grandes vallées du Bassin parisien. Ils construisent des villages comportant de grandes maisons de bois et de terre qui peuvent atteindre 45 mètres de long.
 
 
Dans la vallée de l’Aisne, des villages ont été construits tous les 5 kilomètres. Celui de Cuiry-lès-Chaudardes couvrait plus de 6 hectares et comptait une trentaine de maisons qui pouvaient loger entre 50 et 200 habitants. 
 
 
 
 
Statuette du Néolithique (5 000 - 3 500 avant notre ère). Metropolitan Museum of Art. By Mary Harrsch 
 
 
Vers 3 500 avant notre ère, l’ensemble du continent sera colonisé par les agriculteurs. Toute l’Europe occidentale voit la diffusion de la poterie, le blé est cultivé et les derniers chasseurs sont refoulés dans le Grand Nord ou assimilés. 
 
 
La céramique 
 
Déjà connue au paléolithique, la céramique est omniprésente au néolithique. Il est vrai que les hommes commencent à avoir des biens à stocker.
Il y a donc multiplication des récipients de toutes formes à partir de la seconde moitié du VIIe millénaire.
Mais, la céramique devient également un support artistique. Chaque région se distingue par les décorations des poteries.
 
 
 
 
 
 
 
Jarre. By Pressapochista 
 
 
Cependant, ces poteries sont assez sommaires car les techniques restent élémentaires.
Le tour de potier n’apparaît que 3 000 ans avant notre ère en Orient et beaucoup plus tard en Occident.
 
 
 
L’ébauche des futures sociétés 
 
Les chasseurs-cueilleurs vivaient par petits groupes dispersés. Peu nombreux, les hommes étaient très mobiles.
La mobilité implique les échanges mais n’étant pas sédentaire, chaque groupe allait et venait
 
 
. 
Au néolithique, la sédentarisation débouche sur la création des premiers villages. Pour chaque groupe, le village est le seul point d’attache et en quelque sorte le centre du monde.
Rapidement, ces différentes communautés vont se fédérer et passer des alliances. Spécialisation des tâches et hiérarchie vont en découler tout naturellement.
C’est bien au néolithique que la structure de nos futures sociétés est née.
 

Préhistoire - Le feu -

Publié à 14:11 par acoeuretacris Tags : préhistoire feu
Préhistoire - Le feu -
 
Le feu  
 
 
Maîtrise et techniques 
 
 
Le feu n’est pas une invention de l’homme bien évidemment mais par contre, il a su inventer les techniques pour le maîtriser. 
 
 
Le feu est considéré comme une conquête d’Homo erectus mais il semblerait, d’après certaines découvertes récentes, que la maîtrise du feu remonterait à une date bien antérieure.  La maîtrise du feu a donné à l’homme un avantage décisif sur les autres espèces. Grâce au feu, nos ancêtres pouvaient mieux se protéger des prédateurs, se chauffer, s’éclairer et améliorer leur alimentation. 
 
 
En s'affranchissant de l'état animal, l'homme a conçu un univers totalement nouveau. L'histoire de son émergence en tant qu'espèce à part se confond avec celle des inventions préhistoriques : de l'outil de la préhistoire à l'art préhistorique, l'homme n'a cessé de mettre des objets et du sens entre lui et le monde à l'état de nature. À l'inverse des inventions de l'Histoire, celles de la préhistoire répondaient toutes à un besoin vital. À la fin du néolithique, l'humanité avait atteint un tel niveau technique et culturel que certaines populations n'ont plus évolué pendant des millénaires 
 
 
Les premières traces de la maîtrise  du feu 
 
 
Jusqu’à présent, on pensait que la maîtrise du feu remontait à environ 500 000 ans et que c’était une conquête d’Homo erectus. 
Deux découvertes remettent peut-être cette chronologie en cause. 
 
 
En avril 2004, des chercheurs israéliens pensent avoir découvert la preuve de la domestication du feu par l’homme il y a 790.000 ans. 
L’équipe de Naama Goren-Inbar a mis au jour des graines, du bois et du silex brûlé sur le site archéologique de Gesher Benot Ya’aqov, au nord d’Israël. Répartis sur plusieurs points particuliers, ces traces d’olivier, de vigne sauvage et d’orge brûlés pourraient être les vestiges d’anciens foyers allumés par la main de l’homme. (Revue Science du 30 avril. 2004). 
 
 
Pour parvenir à ces résultats, les chercheurs ont passé au crible plus de 20.000 échantillons de graines et de fruits et plus de 50.000 échantillons de bois. Une faible proportion présentait des preuves de combustion, rapportent les auteurs, qui écartent ainsi l’hypothèse d’un feu naturel. 
 
 
 
 
Reconstitution d'Homo erectus . By Ideonexus 
 
 
La grotte de Zhoukoudian, en Chine, est le site le plus riche d’Asie en fossiles d’Homo erectus.
On y a également découvert de nombreux outils en quartz. Des strates noirâtres à plusieurs mètres de profondeur et sur plusieurs mètres de long ont été interprétées comme la preuve que l’homme entretenait du feu dans la grotte.
Cependant, aucun foyer classique n’y a été retrouvé. Par contre, des dents et des crânes d’animaux sont brûlés.
 
 
 
Cette grotte nous apprend donc qu’Homo erectus y a pénétré, y a laissé des outils et des ossements et que ces hommes connaissaient le feu.
Les vestiges de Zhoukoudian sont vieux de 500 000 à 1,5 millions d’années avant notre ère. Cependant, à ce jour, un doute subsiste. Tous les paléontologues ne sont pas d’accord et on ne sait  pas vraiment s’il s’agit de feux spontanés ou de foyers entretenus.
 
 
 
 
 
Restes d'un foyer retrouvé à Etiolles (France) et datant du paléolithique supérieur. (Muséum national d'Histoire naturelle, Paris) . By Sylvain Souit 
 
 
Une découverte effectuée en Afrique de l’Est, à Chesowanja, près du lac Baringo au Kenya, ferait remonter la maîtrise du feu à 1,4 millions d’années.
Les traces d’un foyer semblent indiscutables.
 
 
 
Le feu a-t-il fait l'homme ? 
 
 
Quand l’homme a apprivoisé les flammes, il a franchi une étape fondatrice, qui le distinguait pour toujours des autres espèces animales. Car le pouvoir qu'il a ainsi acquis sur les animaux et la nature lui a ouvert de nouvelles voies. Avec la bipédie, l'outil, l'enterrement des morts et l'art, la maîtrise du feu constitue l'un des facteurs déterminants de l'hominisation. 
 
 
La maîtrise du feu est-elle née par accident ? 
 
 
L'homme a-t-il cherché à reproduire ces grandes flammes qui mangeaient littéralement la forêt lorsque la foudre s'abattait inopinément sur un arbre ?
Nous ne le saurons jamais.
 
 
 
Il existe des traces de feu utilisé par l'homme pour faire cuire des animaux en Afrique du Sud et au Kenya, datées respectivement de- 1,5 et- 1,4 millions d'années. Mais, en l'absence de foyer, il se peut qu'il ne s'agisse que d'incendies exploités par l’homme, et non du produit d'une maîtrise technique. 
 

En revanche, il y a au moins 500 000 ans, le feu semble être devenu indispensable à l'homme, comme s'il était arrivé à un stade de son évolution où il ne pouvait plus s'en passer. 
 
 

 
 
Illustration d'un Homo erectus qui utilise la technique de la percussion oblique-lancée. (Cleveland Museum of Natural History) By Hairymuseummatt 
 
 
Le premier site connu est probablement celui de la grotte de l’Escale (Bouches-du-Rhône, France). Si on accepte de le dater de Mindel I, il s’agit alors du plus ancien foyer d’origine humaine. 
 
 
Note : Glaciation de Mendel: deuxième glaciation de l'ère quaternaire qui s'est étendue entre -650 000 à -350 000 ans environ. 
-500 000 : Début de la glaciation de Mindel (Mindel I)
-450 000 : Interstade Mindel I.: réchauffement
-400 000 : Glaciation de Mindel II.
 
 
 
Les plus anciens foyers reconnus apparaissent à partir d'environ 400 000 ans : Menez-Dregan à Plouhinec, Lunel Viel en France ou Vértessz?'l?'s en Hongrie.
Ces foyers sont incontestables car on note à côté de petits foyers remplis d’os brûlés et de charbon d’os, de nombreux galets aménagés.
 
 
 
Les techniques du feu 
 
 
Il est difficile de déterminer précisément quelles techniques ont été utilisées par Homo erectus, puis par Homo sapiens, pour obtenir le feu.
Les preuves matérielles manquent.
 
Les techniques d’obtention du feu se divisent en deux grandes catégories : 
  • Techniques par percussion 
  • Techniques par friction 
 
André Leroi-Gourhan a  intégré cette division dans une classification tripartite, désormais classique : 
 
 
La percussion oblique-lancée : elle emploie la projection d’étincelles sur une matière aisément combustible (étoupe, feuilles sèches, ect.), à l’aide de pierres dures (quartz, silex) que l’on percute contre d’autres pierres dures ou contre des nodules métalliques (pyrites de fer). 
 
 
 
 
Illustration Sophie Astruc 
 
 
La percussion oblique-posée : c’est une technique par friction. Elle emploie le frottement ou le sciage continu d’une pièce de bois avec une autre pièce de bois généralement plus dure. La chaleur ainsi dégagée est fournie à une matière très facilement inflammable. Les formes modernes de cette technique sont l’allumette chimique et le briquet à molette. 
 
 
 
 
Illustration  Sophie Astruc 
 
 
La percussion circulaire : le feu est obtenu par rotation d’une baguette de bois dur introduite dans une cavité creusée dans une pièce de bois plus tendre. Le mouvement de rotation rapide que l’on imprime à la baguette directement avec les paumes de la main, ou indirectement à l’aide d’une courroie, produit un échauffement suffisant pour allumer les matières combustibles. 
 
 
 
 
Illustration  Sophie Astruc 
 
 
Les usages du feu 
 
Les vestiges de foyers utilisés comme calorifères prouvent que nos ancêtres se servaient du feu pour se chauffer. 
 

La fonction d’éclairage du feu ne peut être documentée avec certitude que pour la période très tardive du magdalénien, lorsque apparaissent les premiers vestiges de lampes. 
Au paléolithique supérieur, la lampe à graisse éclairait le fond des grottes.
 
 
Un bloc de calcaire ou de grès représentant une petite cuvette servait de support. Cro-Magnon y brûlait du suif de boeuf ou de cheval. Un peu de lichen servait de mèche. 
 
 
 
 
 
Lampe à graisse. (Cleveland Museum of Natural History) .  dinosoria.com 
 
 
Le feu a-t-il été employé comme arme ? Une des spécialistes de la question, Catherine Perlès, souligne : »Rien ne ressemble plus, pour un archéologue, à un incendie de prairie d’origine naturelle qu’un incendie de prairie allumé par l’homme. » 
 
 
Cette incertitude, faute de traces indiscutables, n’invalide pas cependant le rôle du feu comme arme défensive. 
 
 
La datation de la cuisson des aliments présente le même degré d’incertitude. 
 
 
La poterie n’a pas une origine unique. Ses principes ont été découverts très tôt par diverses populations de chasseurs-cueilleurs qui fabriquent, dès le paléolithique supérieur, des figurines et des récipients en argile cuits au four. 
Il est clair que la poterie s’est développée dès que les populations se sont sédentarisées, avec la pratique de l’agriculture et de l’élevage. 
Parmi les principaux sites recelant des vestiges de poterie datant du VIIe millénaire avant notre ère, il faut citer Çatal Höyük en Anatolie ; Ramad III et Bouqras III en Syrie ; Sesklo en Thessalie ; Néa Nicomedia en Macédoine ou encore cap Ragnon dans le sud de la France. 
 
 
La chronologie de la maîtrise du feu est donc encore bien incertaine. Les prochaines découvertes nous permettront sans doute d’en apprendre davantage. 

Préhistoire - Lucy, l’Australopithèque

Publié à 10:46 par acoeuretacris Tags : prehistoire lucy
Préhistoire - Lucy, l’Australopithèque
 
La plus connue des Australopithecus est sans conteste Lucy. Cependant, cette Australopithèque qui fait partie des Australopithecus afarensis n’est qu’une espèce parmi beaucoup d’autres.
L’histoire de l’humanité commence avec les premiers primates qui se sont redressés sur leurs pattes arrière pour devenir bipèdes.
C’était il y a 6 à 8 millions d’années, très probablement en Afrique.
 
 
 
Ce n’est pas une, mais plusieurs espèces d’Australopithèques qui occupaient l’Afrique entre – 5 et – 1 million d’années.
Beaucoup ont cohabité ce qui a brouillé les pistes. A mesure que les fossiles s’accumulent, notre arbre généalogique se complique et devient un véritable labyrinthe.
 
 
 
Portrait de Lucy 
 
 
Avec sa démarche chaloupée, Lucy mesurait 1 m de haut pour 30 kg de muscles. Son prénom est tiré de la chanson des Beatles.
Elle est la star de la savane. Sa notoriété est surtout due à la découverte d’un squelette complet à 40%, ce qui est exceptionnel en paléontologie.
 
 
 
 
 
Squelette partiel de Lucy 
 
 
Datant de près de 3,2 millions d’années, ses ossements furent mis au jour en 1974 dans la faille du rift, dans la région de Hadar, en Ethiopie.
Les découvreurs de Lucy, Yves Coppens, Donald Johanson, John Kaib et Maurice Taieb, écoutaient à la radio au moment de la découverte, Lucy in the Sky with Diamonds.
 
 
 
 
 
Illustration de Lucy 
 
 
Les Ethiopiens, plus poétiques, la nommèrent Danikenesh « tu es merveilleuse ». 
 
 
Les scientifiques la baptisèrent Australopithecus afarensis. 
 
 
L’environnement de Lucy 
 
 
Ce désert aride d’Ethiopie est devenu une véritable mine d’or pour les paléontologues. On y découvrit des centaines d’ossements d’hominidés et une multitude de pollens de végétaux aujourd’hui disparus.
Cela a permis de reconstituer avec exactitude le paysage et la vie de Lucy et des siens.
 
 
 
La petite Lucy marchait debout et pouvait même courir. Elle conservait cependant toute son agilité pour grimper aux arbres.
Elle s’y réfugiait pour échapper aux prédateurs et peut-être même pour y dormir.
 
 
 
 
 
Cette reconstitution de Lucy, dormant paisiblement dans la savane, est certainement très éloignée de la réalité 
 
 
Son crâne était aussi développé que celui d’un chimpanzé (370 cm3). Les Australopithèques vivaient en groupe et utilisaient des outils sommaires, tels des galets brisés ou des fragments d’os. 
 
 
Ses petites dents à l’émail épais nous ont appris qu’elle préférait manger des feuilles, des fruits tendres, des baies et des insectes.
A l’occasion, elle se faisait charognard.
 
 
 
Lucy et les siens vivaient dans une savane peuplée d’éléphants, de gazelles, de rhinocéros ou d’hippopotames.
Les prédateurs étaient nombreux et n’hésitaient pas à s’attaquer aux Australopithèques.
 
 
 
Trop de bipèdes dans la savane 
 
 
Il y avait un monde fou dans la savane à cette époque ! Avec beaucoup de patience, les chercheurs ont réussi à isoler plusieurs espèces.
Australopithecus anamensis est devenu le doyen des australopithèques avec ses plus de 4 millions d’années.
Bien que plus ancien, sa bipédie est plus parfaite que celle de Lucy.
 
 
 
 
 
Fragment des os des membres d'Australopithecus anamensis (Australopithèque du lac) 
 
 
Plus âgé encore, Ardipithecus ramidus, lui aussi originaire d’Ethiopie, est âgé de 4,4 millions d’années.
Il avait une allure très primitive mais marchait quand même debout, tout comme Australopithecus africanus, Australopithecus bahrelghazali (Abel) ou Australopithecus aethiopicus.
 
 
 
 
 
Australopithecus africanus. Baptisé Madame Ples, ce crâne a été découvert sur le site de Sterkfontein en Afrique du Sud. - dinosoria.com 
 
 
Tous ces australopithèques avaient également en commun un cerveau de la taille de celui d’un grand singe, des canines saillantes et de larges dents recouvertes d’une épaisse couche d’émail. 
 
 
 
 
Les empreintes de Laetoli. Australopithecus afarensis pourrait en être l'auteur. Ces empreintes datent de 3,7 millions d'années . (Capture d'écran Documentaire de la BBC) 
 
 
 
 
Empreintes d'un australopithèque, à droite et celle d'un homme moderne, à gauche. Elles montrent la même répartition du poids et des os du pied semblables aux nôtres (Reconstitution des empreintes de Laetoli) 
 
 
Les mâles étaient généralement plus grands que les femelles et tous avaient une croissance rapide et une sexualité précoce. 
 
 
Si ces découvertes ont permis de mieux connaître les mœurs de nos lointains « ancêtres », ils ont par contre embrouillé les liens de parenté entre les différentes espèces. 
 
 
 
 
Partie antérieure d’une mâchoire d’ Australopithecus bahrelghazali découvert en 1995 
 
 
Notre arbre généalogique n’a plus rien d’un bouleau mais tient plutôt du baobab. 
 
 
 
 
Carte des principaux sites de découverte d'australopithèque en Afrique 
 
 
Ce n’est pas la découverte de Toumaï, en 2001, qui risque de simplifier les choses. Vieux de 6 à 7 millions d'années, Toumaï ou Sahalanthropus tchadensis était peut-être lui aussi bipède.De plus, les fossiles ne sont pas du bon côté du Rift mais à 2500 kilomètres à l'ouest du Grand Rift.
Cette découverte remet en cause la théorie de l’East Side Story bâtit par Yves Coppens.
 
 
 
Lucy est-elle Lucien ?
Avec son bassin aussi large que celui d’une femme adulte pour la taille d’une enfant de 4 ans, Lucy a été d’emblée rangée parmi les femelles. Même si cette configuration lui assurait des accouchements difficiles. 
 
 
Un anthropologue suisse a comparé le bassin de Lucy à celui beaucoup plus étroit d’un autre Australopithecus afarensis, qui n’aurait pas eu les mêmes difficultés à l’accouchement. 
 
 
Selon lui, la forme du bassin de Lucy serait une spécificité de son espèce, et non de sa féminité. 
 

Le deuxième australopithèque serait une femme et Lucy, un mâle. 
 
 
Cette théorie est rejetée par la plupart de anthropologues, qui ne pensent pas qu’une femelle primate puisse avoir un bassin plus étroit que celui d’un mâle. 
 
 
La démarche de Lucy controversée 
 
 
Lucy et ses congénères Australopithecus afarensis marchaient en position debout. C'est ce que montre un modèle évolutif robotisé réalisé par des chercheurs anglais en 2005. 
L'équipe de l'université Loughborough a utilisé les empreintes individuelles des pieds des premiers humains, qui vivaient il y a 3,2 millions d'années. 
Cette nouvelle analyse contredit de précédentes études qui laissaient penser que Lucy marchait davantage comme un chimpanzé bipède. 
L'étude est publiée dans le journal Interface, de la société royale britannique. 

Préhistoire-hominidés-homo sapiens-Origines et migrations-

Publié à 16:19 par acoeuretacris Tags : prehistoire hominidés homo sapiens origines
Préhistoire-hominidés-homo sapiens-Origines et migrations-
 
Homo sapiens: origines et migrations 
 
 
Homo sapiens ou l’Homme moderne, c’est-à-dire nous, serait apparu il y environ 200 000 ans.
 
Les racines d’Homo sapiens restent encore confuses et sont sans doute à rechercher en Afrique. 
 
Mais, une découverte effectuée en 2005 nous apporte des informations supplémentaires sur l'âge approximatif d'Homo sapiens. En effet, l’homme moderne serait apparu en Afrique il y a 195.000 ans. En 2005, des chercheurs ont daté précisément deux crânes, Omo I et Omo II, découverts en 1967 le long du rift éthiopien. Dans un article publié dans la revue Nature, Ian McDougall et ses coéquipiers ont livré la datation précise des couches géologiques dans lesquelles ont été trouvés les deux fossiles et affirment que ces crânes sont actuellement les plus vieux représentants de l’Homme moderne. 
 
 
«Jusqu’à présent les paléontologues dataient l’apparition d’Homo sapiens en Afrique vers 150.000 ans et l’apparition des premiers caractères de cette espèce chez des Homo erectus évolués vers 250.000 ans » précise Marie-Hélène Moncel, du département de Préhistoire du Muséum d’Histoire Naturelle. 
 
 
Avec ces nouvelles datations, notre ancêtre, le premier Homo sapiens, vieillit. C’est une découverte primordiale quand on sait que les objets les plus anciens retrouvés en Afrique datent de 70.000 ans , les premières sépultures de 90.000 ans (Moyen-Orient) et l’art pariétal de 35.000 ans (en Europe). 
 
Les deux crânes, bien que datés maintenant de la même période, présentent une anatomie différente. Omo I serait plus évolué que Omo II dont certains caractères restent primitifs. 
 
 
Les origines d'Homo sapiens 
 
 
Deux théories s’affrontent pour expliquer les origines d’Homo sapiens. Pour les partisans de la première, appelée « Out of Africa », nous sommes tous issus d’un foyer unique et assez récent (200 000 à 300 000 ans) d’Homo sapiens situé en Afrique, voire au Proche-Orient. 
 
 
Pour d’autres scientifiques, la théorie dite du « multi régionalisme » est privilégiée. Pour eux, il y a eu une seule vague d’émigration hors d’Afrique, celle des premiers homo. Nous serions donc le fruit d’une évolution régionale de leurs descendants, les Homo erectus. 
 
 
 
 
Crâne d'Homo erectus. (Natural History Museum, Michigan). By Thomas Roche 
 
 
En fait, nos origines sont très mal connues et ne se basent que sur des hypothèses. 
 
 
On sait seulement qu’entre 100 000 et 30 000 ans, plusieurs espèces d’hommes ont vécu côte à côte en Europe et en Asie.
Mais aujourd'hui, il n’en reste qu’une, la nôtre.
 
 
 
Les grandes migrations d'Homo sapiens 
 
 
Il y a environ 1,8 millions d’années, les Hommes trouvent un passage qui les conduit de l’Afrique à l’Eurasie par le Moyen-Orient.
 
 
Certains Homo sapiens vivaient déjà voilà 100 000 ans à Qafzeh en Palestine. On pense qu’Homo sapiens commença à se répandre en Eurasie il y a environ 90 000 ans, voire un peu plus tôt. 
On retrouve des traces d’occupation, datées d’environ un million d’années, sur tout le pourtour méditerranéen. 
 

L’homme de Neandertal s’installe en Europe. 
 
 
 
 
Crâne d'homme de Neandertal. - dinosoria.com 
 
 
Il y a 68 000 ans, des représentants de notre espèce étaient parvenus en Chine. 
 
 
C’est probablement à pied qu’Homo sapiens découvre l’Amérique il y a 30 000 à 15 000 ans. Sa migration le pousse de la Sibérie orientale jusqu’au détroit de Béring. 
 
 
Cartes des grandes migrations 
 
 
 
 
 
Il y 1,8 millions d'années: les premiers pas
hors d'Afrique
 
 
 
 
 
 
Occupation sur tout le pourtour méditerranéen 
 
 
 
 
 
Arrivée en Amérique par le détroit de Béring il
y a 30 000 à 15 000 ans
 
 
 
 
 
 
Arrivée en Australie il y a environ 60 000 ans 
 
 
Les glaciations ont fait de l’Australie, de la Nouvelle-Guinée et de la Tasmanie, une île unique. Arrivés au Timor, les Hommes ont du franchir un bras de mer de 80 Km pour arriver en Australie.
Ainsi, entre 60 000 et 50 000 ans, Homo sapiens, après une traversée en haute mer sur de simples radeaux atteint l’Australie.
 
 
 
Il y a 36 000 ans, ils étaient en Europe occidentale où nous les connaissons sous le nom d’hommes de Cro-Magnon. 
 
 
 
 
Crâne Homo sapiens. - dinosoria.com 
 
 
Toutes ces dates ne font que situer l’apparition d’Homo sapiens dans différentes régions mais ne résolvent pas le mystère de nos origines. 
 
 
La cohabitation entre Homo 
 
 
De nombreuses espèces humaines ont coexisté. C’est du moins ce que pense la majorité des scientifiques.
En Afrique, tout d’abord, il y a 1,8 millions d’années, au Kenya, Homo habilis vit non loin d’Homo rudolfensis.
Mais, un autre cousin parcourt lui aussi la savane africaine : Australopithecus boisei, l’un des derniers représentants des australopithèques apparus il y a plus de 4 millions d’années.
 
 
 
 
 
Baptisé Madame Ples, ce crâne a été découvert sur le site de Sterkfontein en Afrique du Sud. On pense que les australopithèques découverts sur ce site ont été victimes d'un tigre à dents de sabre. - dinosoria.com 
 
 
Au même moment, toujours dans la savane africaine, on peut rencontrer Homo ergaster. Il est plus proche d’Homo sapiens. 
 
 
Les descendants d’Homo ergaster, les Homo erectus, poursuivent leur chemin jusqu’en Asie du Sud-Est et y prospèrent jusqu’à il y a moins de 20 000 ans : c’est la découverte récente d’Homo floresiensis. 
 
 
 
 
 
Crâne d'Homo floresiensis (Revue Nature) 
 
 
Pendant ce temps, l’Europe voit se succéder d’autres espèces humaines à partir d’environ un million d’années.
C’est d’abord Homo antecessor. Plus tard, Homo heidelbergensis donne naissance à l’homme de Neandertal. Ce dernier disparaîtra à son tour dans des circonstances non élucidées.
 
 
 
 
 
Crâne dénommé "Jebel Irhoud I" est daté entre 120 000 et 130 000 ans. Ce fossile est un exemple de la transition entre Homo heidelbergensis et les descendants d'Homo sapiens. - dinosoria.com 
 
 
Quant à nous, les sapiens, nous avons cohabité avec de nombreuses autres espèces dont bien sur l’homme de Neandertal. 
 
 
Quelles que soient les cohabitations entre l’Homme moderne et d’autres espèces, il est certain qu’Homo sapiens était porteur de nouvelles compétences intellectuelles et technologiques. L’évolution des outils est la plus significative ; elle est due sans conteste à l’apparition des Hommes modernes dans les différentes régions. 
 
 
Importance de la fin de la période glaciaire 
 
 
Il y a 12 000 ans environ, l’Homme va vivre la fin de la dernière glaciation. Les 2/3 de la glace retenue aux pôles fondent. Le niveau des océans remonte de 120 mètres. 
A la fin du Pléistocène, ce réchauffement a eu d’importantes conséquences écologiques. 
 
 
La montée des eaux isole l’Amérique du Nord de l’est de l’Asie. Il y a également un isolement du Japon et de certaines parties de l’Indonésie par rapport au continent asiatique. 
 
 
Les grands mammifères adaptés au froid, comme les mammouths, s’éteignent ; probablement aidés par la chasse. 
 
 
 
 
Squelette de mammouth. - dinosoria.com 
 
 
Par contre, dans d’autres parties du monde, l’augmentation de la température a généré un accroissement de la biomasse. Cela a permis aux hommes de se développer. 
 
 
Les continents prennent peu à peu la forme qu’on leur connaît aujourd’hui. 
 
 
Homo sapiens découvre de nouvelles terres riches en flore et en faune. De nomade, il devient sédentaire. 
 
 
La sédentarisation d’Homo sapiens 
 
 
L’habitat d’Homo sapiens devient peu à peu permanent. Sa vie sociale s’organise autour du village. 
 

Pour fabriquer les abris, il utilise différents matériaux, en fonction des régions. Par exemple, en Europe centrale, vers – 15 000 ans, il construit des campements en ossements de mammouths. 
 
 
 
 
 
Illustration d'une hutte en os de mammouths 
 
 
A partir de – 12 000 ans, il commence à construire des villages en pierre. 
 
 
La densité de la population augmente. Les villages s’agrandissent et Homo sapiens doit mettre en place de nouvelles stratégies et règles pour gérer ce nombre croissant. La cellule familiale commence à naître. 
 
 
Vers environ – 10 000 ans, Homo sapiens développe une technique de taille des pierres de plus en plus précise (les microlithes).
 
 
Des inventions comme celle du harpon (utilisé déjà vers – 15 000 ans) et celle de l’arc (environ – 8 000 ans) lui permettent de chasser à distance avec plus de précision. 
 
 
La sédentarisation s’effectue en parallèle avec les débuts de la domestication animale et l’agriculture. 
 
 
La domestication animale 
 
 
La domestication la plus ancienne est celle du loup. Cette première domestication s’est effectuée il y a entre 12 000 et 14 000 ans avant notre ère, soit à la fin du Paléolithique. 
 
 
 
 
Le loup gris est l'ancêtre du chien. - dinosoria.com 
 
 
Plusieurs millénaires après, la domestication des ongulés (moutons, cochons, bœufs) a débuté.
 
 
Cette domestication des ongulés a été faite par des groupes sédentaires qui pratiquaient l’agriculture au Proche-Orient. 
 
 
Pourtant, pendant plusieurs siècles, c’est toujours la chasse qui est la principale source de nourriture et non l’élevage. On ne sait donc pas exactement pourquoi cette domestication initiale a été faite. 
 
 
La domestication plus tardive du cheval a été réalisée vers le IIIe ou IVe millénaire avant notre ère par des peuples nomades en Asie et en Europe de l’est. 
 
 
 
 
Une sorte de licol est gravée sur cette tête de cheval en os, découverte en France. Certains scientifiques en déduisent que le cheval a été domestiqué dès le Paléolithique supérieur mais ce n'est qu'une hypothèse 
 
 
Le phénomène de la domestication est généralisé sur l’ensemble de la planète. C’est donc un basculement fondamental. En effet, l’Homme moderne s’approprie le droit de domestiquer son environnement. La nature est domptée. 
 
 
L’agriculture 
 
 
Au départ, Homo sapiens commence à semer certaines graines mais il ne recueille que des graines identiques c’est-à-dire sauvages. 
 

Ce n’est que progressivement, avec un processus de sélection probablement inconscient, qu’il va sélectionner certains mutants. 
 

Il va donner ainsi naissance à des plantes morphologiquement modifiées. 
 
 
Pour le Proche-Orient, les espèces domestiques sont le blé, l’orge, les pois ou les lentilles. En Chine du Nord, on trouve le millet. En Chine du sud, c’est le riz. Au Mexique, c’est le maïs, les courges ou les haricots. 
 
 
Maintenant que l' Homme a domestiqué les animaux et les plantes, il va pouvoir nourrir une plus grande population. 
 

Cette démographie galopante ne s’est jamais arrêtée. 
 
 
Homo sapiens calque alors sa vie au rythme des saisons. Grâce à l’élevage et à l’agriculture, il découvre une alimentation stable et abondante. 
 
 
Les villages se multiplient et les échanges entre communautés s’intensifient. Bientôt, de grandes civilisations verront le jour. 
 
 
La préhistoire prend fin et l’histoire commence avec la naissance de l'écriture. 

Préhistoire - hominidés - homo - sapiens -

Publié à 14:09 par acoeuretacris Tags : préhistoire hominidé homo sapiens
Préhistoire - hominidés - homo - sapiens -
 
Homme moderne ou Homo sapiens 
 
 
Homme de Cro-Magnon 
 
 
Les ancêtres directs de l'Homme moderne ou Homo sapiens sont venus d’Afrique par le littoral méditerranéen ou par le nord des Alpes, via l’Europe centrale en plusieurs vagues.
Les premiers Homo sapiens seraient apparus il y a 200 000 ans, probablement en Afrique.
 
 
 
Ces Hommes modernes se sont implantés sur toute la planète. Ils ont atteint l’Australie en bateau il y a 50 000 ans environ et l’Océanie il y a quelques milliers d’années. Ils sont passés à pied en Amérique il y a 30 000 à 15 000 ans, par le détroit de Behring alors à sec. 
 
 
 
Caractéristiques des premiers Homo sapiens 
 
 
A quelques différences près, ils nous ressemblent comme des jumeaux. 
  • Crâne long et étroit alors que le nôtre est plus rond 
  • Front haut vertical et bombé 
  • Face verticale, large et basse 
  • Arcades sourcilières peu marquées 
  • Dents analogues aux nôtres 
  • Capacité crânienne de 1 650 cm3 pour les premiers sapiens à 1350 cm3 pour l'homme actuel. 
  • Taille d’environ 1,70 à 1,80 pour les hommes et d’1,60 pour les femmes 
 
 
 
Mâchoire d'un Cro-Magnon. Cet homme avait environ 40 ans et avait perdu toutes ses dents car ses gencives étaient malades. - dinosoria.com 
 
 
Les sites découverts en Israël ont révélé qu’une forme primitive d’hommes anatomiquement modernes occupait déjà la région, il y a 92 000 ans.
En parallèle, les néandertaliens occupaient cette région avant et après les Hommes modernes. 11 crânes découverts à Skhûl, en Israël. ont initialement été classés comme néandertaliens, les paléontologues pensent aujourd’hui qu’ils appartiennent au genre Homo sapiens.
 
 
 
Les premiers Homo sapiens parlent bien sûr mais quelle langue, ça on ne le sait pas. 
 
 
 
 
Crâne d'Homo sapiens. - dinosoria.com 
 
 
Jusqu’en 1997, les fossiles d’Homo sapiens les plus anciens découverts en Afrique (notamment Afrique du Sud) dataient de 130 000 à 100 000 ans. Les plus anciens hommes modernes avaient été découverts en Israël et affichaient 115 000 ans. Mais la découverte d’un nouvel homo sapiens, baptisé Homo sapiens idaltu, va remettre tout en cause. 
 
 
Découverte des plus anciens crânes d'Homo sapiens 
 
 
L’Homme moderne serait apparu en Afrique il y a 195.000 ans. En 2005, Des chercheurs ont daté précisément deux crânes, Omo I et Omo II, découverts en 1967 le long du rift éthiopien. Dans un article publié dans la revue Nature, Ian McDougall et ses coéquipiers ont livré la datation précise des couches géologiques dans lesquelles ont été trouvés les deux fossiles et affirment que ces crânes sont actuellement les plus vieux représentants de l'Homme moderne. 
 
 
«Jusqu’à présent les paléontologues dataient l’apparition d’Homo sapiens en Afrique vers 150.000 ans et l’apparition des premiers caractères de cette espèce chez des Homo erectus évolués vers 250.000 ans » a précisé Marie-Hélène Moncel, du département de Préhistoire du Muséum d’Histoire Naturelle. 
 
 
 
 
Crâne d'homme de Cro-Magnon découvert en France. - dinosoria.com 
 
 
  
Avec ces nouvelles datations, notre ancêtre, le premier Homo sapiens, vieillit. C’est une découverte primordiale quand on sait que les objets les plus anciens retrouvés en Afrique datent de 70.000 ans , les premières sépultures de 90.000 ans (Moyen-Orient) et l’art pariétal de 35.000 ans (en Europe). 
 
 
 
 
L'homme de Cro-Magnon était un véritable artiste. (Reproduction de la peinture originale) 
 
 
Les deux crânes, bien que datés maintenant de la même période, présentent une anatomie différente. Omo I serait plus évolué que Omo II dont certains caractères restent primitifs. 
 
 
Homo sapiens idaltu 
 
 
L’équipe de Tim White a mis au jour en 1997 deux crânes d’adultes et celui d’un enfant âgé de six ou sept ans, près du village de Herto, dans la dépression de l’Afar (Est de l'Éthiopie).
Ils sont considérés comme les plus anciens fossiles du prédécesseur immédiat de l’Homme moderne et confortent l’hypothèse selon laquelle l’espèce humaine serait apparue en Afrique.
 
 
 
 
 
 
 
 
Un front proéminent, un visage aplati, un nez long et étroit, une arcade sourcilière réduite sont des caractéristiques de l’Homme moderne.
Comme on note des caractères plus primitifs comme les yeux espacés, l’équipe américano-éthiopienne a créé une sous-espèce pour désigner ses trouvailles : l’Homo sapiens idaltu (idaltu voulant dire " ancien " en langue afar, de la région des fouilles).
 
 
 
 
 
 
Un crâne adulte quasiment complet, un crâne d’enfant (probablement âgé de 6 ou 7 ans) - qui a dû être reconstitué à partir de 200 morceaux répartis sur 400 m2 - ainsi qu’un crâne partiellement reconstruit d’un autre adulte ont été datés grâce à la méthode argon-argon qui leur a attribué un âge compris entre 160 000 et 154 000 ans.
On a retrouvé avec les fossiles humains des outils lithiques, des ossements de buffle et le crâne d'un hippopotame.
 
 
 
 
 
 
Les trois crânes humains portaient des traces d’entailles mais on ne sait pas s’il s’agit de pratiques mortuaires ou de cannibalisme.
Cette découverte a bien confirmé que l’Homme moderne provient d’Afrique.
 
 
 
Homme de Cro-Magron et l'art 
 
 
Il y a 36 000 ans, les Homo sapiens étaient en Europe occidentale où nous les connaissons sous le nom d’hommes de Cro-Magnon. 
Les plus belles découvertes ont été effectuées en Dordogne (France). La grotte de Lascaux, découverte dans cette région, fait bien sûr partie des merveilles de l'art pariétal. 
 
 
 
 
Grotte de Lascaux. (Reproduction de la peinture originale). 
 
 
Il est évident que l'Homme de Cro-Magnon possédait une perception du beau et de l'harmonie des couleurs et des formes très proche de la nôtre. 
 
Toujours en Dordogne, une découverte très passionnante nous en apprend plus sur le mode de vie de nos ancêtres. 
 
Dans cette région, de nombreuses parures réalisées avec des coquillages ont été découvertes. Certains coquillages proviennent des rivages de l'Atlantique et d'autres de la Méditerranée, soit de régions très éloignées. 
 
De même, de l’ivoire a servi à confectionner des bijoux. Mais, la région n’a révélé aucun site d’ossements de mammouths ou de cimetières. 
 
 
 
 
Sépulture de Saint-Germain-La-Rivière (Gironde). Une femme a été inhumée dans un coffre sommaire. Près d'elle, on avait déposé des parures et de nombreux objets. - dinosoria.com 
 
 
Les paléontologues en ont donc déduit que coquillages et ivoire étaient transportés sur certains sites qui étaient de véritables ateliers de fabrication. 
 
 
Il s’agissait indéniablement d’industrie locale. Le ravitaillement s’effectuait très probablement grâce à des nomades qui connaissaient ces sites et leurs besoins. 
 
 
Ces échanges impliquent une organisation sociale et des relations entre communautés. Ce que nous ignorons c’est la « monnaie » utilisée pour ces échanges. Il est peu probable que ces nomades effectuaient de si longs trajets sans aucun retour. 
 

Le troc devait donc exister mais contre quoi ces hommes apportaient-ils les matériaux de base ? 

Préhistoire - hominidés - homo - neanderthalensis -(2)

Publié à 17:33 par acoeuretacris Tags : préhistoire hominidé homo neanderthalensis
Préhistoire - hominidés - homo - neanderthalensis -(2)
 
La disparition de l’homme de Neandertal 
 
 
Pendant  environ 200 000 ans, l'homme de Neandertal (Homo neanderthalensis) a occupé paisiblement toute l'Eurasie. Mais, il y a environ  28 000 ans, il a subitement et mystérieusement disparu. 
 

Plusieurs théories ont été élaborées pour expliquer cette disparition. L’hypothèse qui était la mieux étayée mettait en cause les trop fortes variations climatiques auxquelles n’aurait pas su s’adapter l’homme de Neandertal. 
 

Mais, il semble aujourd’hui certain, au vu des dernières découvertes, que la thèse climatique ne s’applique pas pour toutes les zones occupées par les néandertaliens. 
 
 
Plusieurs articles ont été publiés par des chercheurs ces dernières années et on peut constater que les scientifiques n’ont toujours pas trouvé un consensus sur cette disparition. 
 

Cependant, si on analyse en détail chaque thèse, on peut en conclure que la disparition de l’homme de Neandertal n’est pas due à une cause unique mais à un ensemble de facteurs. 
 
 
Les différentes théories sur la disparition d'Homo neanderthalensis 
 
 
On perd toute trace des Néandertaliens à partir de -  28 000 ans. Les dernières traces ont été découvertes dans la grotte de Gorham située sur le rocher de Gibraltar. 
 

Il est fort probable cependant que des petites poches de populations ont survécu après cette date mais nous n’en avons pas la preuve pour le moment. 
 
 
 
 
Crâne d'un Homo neanderthalensis provenant de Dordogne. - dinosoria.com 
 
 
Il est  à souligner que la date exacte de la disparition des néandertaliens reste un sujet controversé. Plusieurs dates ont été proposées. Les chronologies s’appuient en grande partie sur les datations au carbone 14. 
 
 
Il faut se rendre à l'évidence : l'espèce s'éteint à peine en quelques milliers d'années, peu de temps après qu'une autre espèce, Homo sapiens, le premier homme moderne et notre ancêtre immédiat, a commencé à peupler l'Europe à son tour.  
 
  
Les deux espèces ont bien coexisté pendant plusieurs dizaines de milliers d'années, notamment sur le territoire de l'actuel Israël, et pendant au moins cinq mille ans en France. D'où l'interrogation des scientifiques. 
 
 
 
 
Reconstitution d'un homme de Neandertal d'après les fossiles. Cleveland Museum of Natural History). By Hairymuseummatt . 
 
 
L'homme moderne aurait-il contribué à éliminer un rival gênant ?
La thèse du génocide est  contredite par la durée de la cohabitation, d'autant qu'aucune trace de massacre n'a encore été décelée.
 
 

Cette thèse a été définitivement abandonnée par les scientifiques. Il semblerait que les deux espèces se sont plutôt ignorées. 
 
 
L’épidémie a également été évoquée. On sait très bien qu’une espèce est toujours fragilisée par une faible démographie. 
 

Mais, nous ne détenons aucune preuve qui pourrait appuyer cette théorie. 
 
 
 
 
Squelette d'un homme de Neandertal. By Ideonexus 
 
 
Par contre, la population totale des néandertaliens n’a jamais été très importante. Les scientifiques estiment qu’elle n’a jamais dépassé les 15 000 individus. C’est un point important qui n’est sûrement pas étranger à leur disparition. 
 
 
Un métissage avec Homo sapiens ? 
 
 
Aujourd'hui, les anthropologues ont acquis une connaissance plus fine du temps nécessaire pour qu'une mutation génétique s'accomplisse. 
 

Du point de vue de l'évolution, 10 000 ans ne sont rien. Si, il y a 100 000 ans, est intervenu quelque chose qui a abouti à l'apparition d'un hominidé mieux adapté à la survie que l'homme de Neandertal, cela ne peut être qu'un changement physiologique mineur. 
 
 
 
 
Représentation classique des néandertaliens. By Purevizhun 
 
 
Mais, dans le même temps, ce changement aurait eu de tels effets sur la résistance de l'espèce que celle -ci a pu supplanter l'homme de Neandertal. 
 
 
Depuis cinquante ans, les spécialistes ont aussi découvert à quel point les barrières peuvent être infranchissables entre les espèces. Nous savons désormais que les êtres vivants ne peuvent pas s'accoupler avec des êtres d'une autre espèce, même très proche, pour donner une descendance qui puisse elle-même se reproduire. 
 
 
Cependant, cela ne semble pas non plus s’appliquer à l’homme de Neandertal. En effet, les derniers tests ADN montrent que les néandertaliens étaient très proches d’Homo sapiens. 
Sur le plan génétique, les néandertaliens sont identiques aux Hommes modernes à 99,5%. 
 
 
 
 
Sépulture trouvée dans la grotte de Shanidar, au Kurdistan. 
 
 
Rien ne contredit donc l’hypothèse d’un métissage entre les deux espèces. L’homme de Neandertal n’aurait donc pas disparu mais aurait été absorbé. Cela reste à prouver bien évidemment.
Cette théorie ne fait pas du tout l’unanimité et la plupart des scientifiques pensent que même si quelques accouplements ont eu lieu, ils restent très minoritaires et sans grande incidence.
 
 
 
Ensemble de facteurs qui ont pu causer la disparition de l’homme de Neandertal 
 
 
On ne peut pas vraiment dire que la disparition des néandertaliens a été résolue. Cependant, les dernières recherches permettent de mieux comprendre ce qui a pu causer cette extinction. 
 
 
Liste des causes entrant en jeu : 
  • L’homme de Neandertal vivait au sein d’une structure familiale élargie et non au sein d’un groupe important 
  • Manque d’interactions sociales entre les clans 
  • Maturité sexuelle précoce mais apprentissage moins long 
  • Faible transmission des connaissances entre les différentes générations 
  • La population totale n’a jamais été très importante et disséminée sur un vaste territoire 
  • Le taux de mortalité était très important car il n’y avait pas de répartition des taches. Hommes, femmes et enfants chassaient 
  • L’homme de Neandertal était dépendant quasi-exclusivement de la chasse des mammifères car leur alimentation n’était pas très variée 
L’arrivée de l’Homme moderne n’a pas bousculé la vie des néandertaliens. Si on compare les deux espèces, on se rend compte que quelques détails peuvent expliquer la survie de l’Homme moderne et l’extinction progressive de l’homme de Neandertal. 
 
 
Liste des facteurs qui ont favorisé l’Homme moderne : 
  • L’Homme moderne vivait au sein de groupes assez importants 
  • L’interaction sociale était favorisée 
  • Maturité sexuelle plus tardive mais apprentissage plus long 
  • Meilleure transmission des connaissances entre les générations 
  • Population totale qui n’a cessé de croître 
  • Alimentation plus variée 
  • Répartition des taches au sein de la structure sociale : les hommes chassaient le gros gibier tandis que les femmes et les enfants s’occupaient du petit gibier et de la récolte des végétaux 
  • La répartition des taches permet de diminuer les risques et donc permet un taux de mortalité moins important 
 
Bien que la disparition de l’homme de Neandertal reste un sujet ouvert aux débats et aux controverses,  nous savons maintenant que le climat n’est pas en cause et que ce n’est donc pas un problème d’adaptation à l’environnement. 
 
 
L’homme de Neandertal était-il tout simplement arrivé au terme de son évolution biologique, comme le suggère Marylène Patou-Mathis, auteur de Neandertal, une autre humanité ? 
 
 
C’est possible mais il semblerait plutôt que la structure sociale ait joué un rôle important dans l’extinction de l’homme de Neandertal.