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Date de création : 27.11.2008
Dernière mise à jour : 08.02.2013
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La Chine - Les Mandchous

Publié à 15:33 par acoeuretacris Tags : chine mandchous
La Chine - Les  Mandchous

3 avril 1644

 

Fin du dernier empereur Ming
 
 
 
Le 3 avril 1644, le dernier empereur de la dynastie Ming, Tchouang-lie-ti (ou Chongzhen), se pend dans la Cité interdite de Pékin tandis qu'un chef de brigands entre dans la capitale chinoise. Les farouches Mandchous du nord arrivent à leur tour sous le prétexte de secourir les armées impériales. Ils en profitent pour éliminer les Ming et fonder leur propre dynastie. Elle durera jusqu'à la fondation de la République chinoise.
 
 
 

17 février 1661
 
 
 
L'empereur Kangxi, le «Roi-Soleil» chinois
 
 
 

Kangxi (ou K'ang-hi) devient empereur de Chine le 17 février 1661, à 6 ans. Le nouveau souverain est issu du peuple mandchou. Ces nomades venus du nord ont conquis Pékin en 1644 et le père de Kangxi a fondé une nouvelle dynastie, les Qing.

 

Lorsque Kangxi monte sur le trône, le gouvernement est exercé en son nom par quatre régents qui tentent de rétablir le confucianisme. Mais dès l'âge de 13 ans, le 25 août 1667, l'adolescent les chasse et s'approprie le pouvoir.

 

Un conquérant

 

Aimant le combat et les prouesses militaires, il rétablit avec énergie l'unité de la Chine en soumettant trois puissants vassaux chinois installés dans le sud de la Chine.

 

L'un d'eux était Wou San-kouei. Ce général avait prêté son concours à l'avènement de la dynastie mandchou. Il en avait été récompensé par une grande principauté mais, s'étant révolté contre l'empereur Kangxi, celui-ci le contraignit à la fuite. Par la même occasion, Kangxi ramène l'île de Taïwan dans le giron de l'empire.

 

L'empereur place par ailleurs le Tibet sous sa protection. Il soumet aussi la Mongolie intérieure et impose aux nomades de la Mongolie extérieure, ou haute Mongolie, un serment de fidélité à sa dynastie.

 

 

Kangxi

 

Les chefs mongols vont ainsi payer aux empereurs mandchous un tribut jusqu'à la chute de la dynastie, en 1912. Ensuite, s'estimant déliés de leur allégeance aux Qing, ils se proclameront indépendants, formant la république actuelle de Mongolie.

 

Au nord de la Mandchourie, les Chinois se confrontent aux Russes dont les avant-gardes ont atteint l'océan Pacifique. Le 22 juin 1685, grâce à une artillerie mise au point par ses conseillers jésuites, Kangxi occupe et détruit le fort Albazin, construit par les Russes sur les bords du fleuve Amour. Il repousse les Russes bien au-delà du fleuve Amour et signe avec eux le traité de Nertchinsk, le 6 septembre 1689.

 

C'est ainsi qu'avec Kangxi, la Chine impériale atteint sa plus grande extension.

 

Bon administrateur et lettré

 

L'empereur rétablit la bonne marche des affaires dans l'empire et relance les aménagements hydrauliques et les travaux d'irrigation.

 

Bon gestionnaire, Kangxi sinise son administration et remet en vigueur les concours de sélection des lettrés ou mandarins voués à la haute fonction publique.

 

 

Kangxi calligraphe

 

Par décret, les régents avaient prescrit en 1662 que seraient surtout prises en compte les aptitudes à la composition littéraire dans les concours de la fonction publique. Ces prescriptions, en vigueur jusqu'en 1905, allaient contribuer à former un corps de fonctionnaires dévoués mais réfractaires au changement.

 

L'empereur lui-même s'affirme comme un excellent connaisseur de la culture chinoise. Il a à coeur de se faire représenter en lettré pour gommer ses origines mandchoues, autrement dit étrangères et barbares. Il est aussi ouvert à la culture occidentale et apprécie le savoir des missionnaires jésuites présents dans la Cité interdite, son palais de Pékin.

 

Kangxiet la «querelle des Rites»

 

Kangxi est reconnaissant aux Jésuites de son entourage, notamment au père belge Verbiest et au père français Gerbillon, d'avoir réformé le calendrier chinois, fondu des canons, organisé son artillerie,... Il les récompense par les édits de tolérance du 17 et du 19 mars 1692 qui les autorise à enseigner le christianisme.

 

Mais en Europe, les rivaux des Jésuites se déchaînent contre la prétention de ces derniers de concilier l'Évangile avec le culte des ancêtres et les rites du confucianisme chinois. Au terme d'une célèbre «querelle des Rites», ils obtiennent du pape qu'il interdise aux nouveaux convertis chinois d'honorer leurs ancêtres selon les rites de Confucius. C'est chose faite en 1715.

 

Outré par cette décision, Kangxi interdit la prédication du christianisme dans toute l'étendue de l'empire par l'édit du 17 mai 1717.

 

Les jésuites vont toutefois demeurer à la cour de Pékin. Parmi eux Giuseppe Castiglione (Lang Shining sous son nom chinois, 1688-1766), qui s'illustre comme peintre. Ci-dessous un rouleau de 1757: vassaux khasaks présentant des chevaux à l'empereur Qianlong.

 

 

Épilogue

 

Kangxi a porté à son apogée sa dynastie et son pays... comme son contemporain, le roi de France Louis XIV (1638-1715), dont il se rapproche de maintes façons : longueur et grandeur du règne, goût des arts, de la guerre et de l'administration, difficultés successorales etc.

 

Les dernières années de son règne sont toutefois ternies par la mort prématurée du fils qu'il avait désigné pour lui succéder.

 

Quand l'empereur meurt le 20 décembre 1722, à 68 ans, c'est un autre fils, médiocre, qui lui succède sans avoir été préparé à la tâche qui l'attend. La dynastie Qing retrouvera tout son prestige avec l'avènement de son petit-fils Qianlong, en 1736.