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Date de création : 27.11.2008
Dernière mise à jour : 08.02.2013
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Religion-sectes-societes secretes-

Religion-sectes-sociétés secrètes - Religion des Druides

Publié à 11:46 par acoeuretacris Tags : religion druides
Religion-sectes-sociétés secrètes - Religion des Druides

 

Druide

 

La religion des druides . Civilisation Celte

 

Les Romains ont conquis la Gaule au Ier siècle avant notre ère. Ils s’attachent alors à anéantir l’influence des druides qui sont des chefs charismatiques auprès des populations.
On peut y voir un parti pris politique. Cependant, il peut également s’agir d’une mesure de précaution face à un culte gaulois et des chefs religieux qui étaient beaucoup moins inoffensifs qu’on le croit.
En effet, tout le monde a en tête l’image du druide, d’un âge vénérable, cueilleur de gui, popularisé par les bandes dessinées.
Mais, la réalité est beaucoup moins folklorique. Sacrifices humains et intolérance faisaient partie de la tradition druidique.

 

La civilisation Celtique

 

Vers 480 avant notre ère, les Celtes entrent dans l’ère de la Tène. Déjà implantés en Europe centrale et occidentale, ils commencent dès 400, à descendre vers le sud et s’installent en Gaule cisalpine.

Longue de 4 siècles environ, cette ère s’achèvera avec la conquête de la Gaule par César.

 

Grecs et Romains mentionnent l’existence de peuplades barbares, qu’ils nomment Celtes (Keltoi, en grec) ou Gaulois (Galli, en latin).
Ils signalent également la présence, dans les forêts gauloises, de toutes sortes d’animaux légendaires. Ils dépeignent ces barbares sous les traits peu flatteurs d’ivrognes sales et brutaux.
Mais, surtout, les Romains ont peur des Gaulois qui font de fréquentes incursions, allant même jusqu’à Rome, dont ils s’emparent vers 390. Les Gaulois effrayaient les Romains, car ils combattaient presque nus. En revanche, ils étaient équipés d’un armement de qualité.
C’est donc en réalité une vision partiale et non un compte-rendu objectif.

 

Dieu guerrier Gaulois

 

Beaucoup de notions répandues sur « nos ancêtres les Gaulois » ont reposé sur cette vision déformée.
Les Celtes ou les Gaulois possédaient une cavalerie redoutable que César dut affronter. Ils possédaient également des chars de guerre.
La culture celte se fonde sur deux ressources très précieuses : les métaux et le sel.
La vocation guerrière des Celtes est indéniable.

Le sel servait à conserver la viande et le poisson, donc d’en faire le commerce. C’était par ailleurs une « monnaie » d’échange très recherchée.

L’art celte est le plus riche des arts barbares. Les Celtes fabriquent ou achètent de superbes vases et chaudrons, les situles (sceaux) ornent leurs casques et leurs épées.

 

Casque d'Amfreville en bronze et acier ciselé (IVe siècle avant notre ère, Musée de Saint-Germain-en-Laye)

 

Surtout, ils se parent de somptueux bijoux.

 

Torque en or - Les torques servaient de talisman aux guerriers

 

Les langues celtiques ne se sont maintenues de nos jours qu’en Bretagne et dans les îles Britanniques (Irlande,Pays de Galles, Ecosse, Île de Man).
Le Breton n’est pas le descendant du Gaulois mais une langue celtique apportée au Moyen-Âge par des réfugiés des îles Britanniques.
Le Gaulois lui-même est assez mal connu car il n’était pas écrit. Il n’a survécu que sur quelques rares inscriptions funéraires en alphabet grec (le gallo-grec) ou latin.
Les guerriers celtes sont présentés comme des hommes grands, à la carnation claire. Ils avaient les cheveux blonds dont ils accentuaient la couleur par des lavages dans de l’eau de chaux.

Les Celtes étaient avant tout un peuple de migrants et de guerriers mais ils n’avaient rien des barbares assoiffés de sang décrits par les Romains. Du moins, leurs traditions religieuses n’étaient pas plus barbares que celles d’autres peuples.

 

Le culte de la violence

 

La société gauloise est dominée par les druides et les guerriers. Mais ne croyez pas que les guerriers semaient la mort pendant que les druides coupaient le gui avec des faucilles d’or.
Le druide a pour mission d’apprendre le meurtre et l’usage de la force aux guerriers.

Cet enseignement est fondé sur l’initiation à la mort que l’on doit pouvoir donner sans faillir mais aussi recevoir sans faiblesse.

 

Guerrier gaulois, musée lapidaire, Avignon

 

La religion des druides enseigne que chaque homme possède une âme immortelle, qui passe, lors du décès, dans le corps d’un autre homme.
Il ne faut donc pas craindre l’étape qui marque la fin d’une vie, ni hésiter à la devancer dans des combats afin de susciter l’admiration de l’adversaire et de satisfaire les dieux par son propre sacrifice.

Pour arriver à la perfection dans cette culture de la violence, les jeunes guerriers sont regroupés par classe d’âge et coupés du monde des adultes.
Ils apprennent les techniques de la chasse ainsi que du combat à mains nues.

 

Casque en fer. surmonté d'un vautour en bronze provenant de Giumesti. L'oiseau qui coiffait le soldat avait pour fonction, à la fois militaire et tragique, d'épouvanter l'ennemi.

 

On ne sait que peu de choses sur l’enseignement des druides car ces derniers interdisaient toute écriture. Les jeunes qui se préparaient à devenir druide suivaient un long enseignement qui nécessitait une grande mémoire.
Ils devaient apprendre par cœur tous les textes sacrés.

 

Les sacrifices humains

 

César, dans « la Guerre des Gaules », souligne la barbarie de la société, et en donne pour exemple l’existence de nombreux sacrifices humains.

Les sacrifices humains sont pratiqués pour chaque occasion. Ceux qui sont destinés à honorer les dieux suivent un rituel spécifique.
Ainsi, lorsque l’on immole une victime en l’honneur de Teutatès, le dieu de la Guerre et des Peuples, on la noie dans un tonneau rempli d’eau.

Le dieu Esus, autre dieu de la guerre très sanguinaire, est honoré par des pendaisons.

Les victimes que l’on voue à Taranis, dieu du Ciel et du Tonnerre, sont enfermées dans un immense colosse en osier ou en foin qui, placé sur un bûcher, est enflammé par un druide.

Sont immolés des volontaires, des criminels ou des prisonniers de guerre, mais aussi parfois, s’il n’y a pas d’autre choix, n’importe qui.

 

Le départ pour la guerre est une autre occasion de célébrer de tels rites. C’est le moment où intervient un personnage clé de la société gauloise, la devineresse ou prêtresse, chargée de sacrifier une victime avant le combat afin d’en connaître l’issue.
L’officiante fait monter la victime par une échelle au sommet d’un immense chaudron, et la poignarde en faisant jaillir son sang sur les parois.
Le sang, coagulant, laisse des marques sur les bords du récipient : la devineresse est chargée de les interpréter.
La couleur, la consistance, la direction des traces sanglantes sont autant de signes prophétiques.
Quand ces signes sont difficiles à lire, la prêtresse renouvelle l’opération avec une autre victime et continue ainsi tant qu’elle n’est pas en mesure de donner une réponse.

Au fond du chaudron, le sang des différentes victimes reste liquide et s’accumule. Lorsqu’il y en a assez, la femme s’empare d’une louche et asperge la foule des guerriers, fanatisés par la cérémonie et prêts à mourir au combat.

 

Le dieu Cerrunus aux bois de cerf

 

Le panthéon des dieux celtes nous est encore très obscure et fragmenté. Le dieu Lug était probablement le dieu de la fertilité. La triade divine composée par Taranis, Esus et Teutatès trouve son équivalent chez les Romains avec Jupiter, Mars et Mercure.

 

Le point de vue de César

 

Extrait de la Guerre des Gaules, livre VI, 13 et 16

« Les druides s’occupent des choses de la religion, ils président aux sacrifices publics… » ; « Tous ces druides obéissent à un chef unique… » ; « Chaque année à date fixe, ils se réunissent en un lieu consacré, dans le pays des Carnutes, qui passe pour occuper le centre de la Gaule… »
« Les gaulois pensent qu’on ne saurait apaiser les dieux immortels qu’en rachetant la vie d’un homme par la vie d’un autre homme et il y a des sacrifices de ce genre qui sont d’institution publique »

« Certaines peuplades ont des mannequins de proportions colossales faits d’osier tressé, qu’on remplit d’hommes vivants : on y met le feu. »

 

Les découvertes archéologiques

 

Grâce aux découvertes réalisées dans les années 60 à Gournay-sur-Aronde (Oise), on peut décrire le calendrier de sacrifices dans une peuplade belge, les Bellovaques, chez qui ces sacrifices sont liés aux saisons et aux grandes fêtes.
On y a retrouvé un sanctuaire impressionnant, entouré d’un fossé et d’une palissade sur laquelle étaient fichées en trophée les armes prises à l’ennemi.

A l’intérieur se trouvaient un petit temple en bois ainsi que des fosses destinées au sacrifice des animaux et des hommes.

A Ribemont-sur-Ancre (Somme), les crânes et les ossements de nombreux guerriers ont été découverts, parfaitement rangés en pile.
Les archéologues ont calculé que 1 000 personnes au moins avaient été sacrifiées dans ce sanctuaire.

A Saintes, en 150 de notre ère, un sacrifice est accompli : 17 personnes y trouvent la mort. Parmi elles, il y a trois enfants. Les adultes ont été tués par décapitation.

Dans les temples du Midi, à Roquepertuse ou à Entremont, des portiques en pierre étaient ornés de crânes de guerriers cloués.

 

César n’a pas menti. Les druides avaient bien pour fonction d’organiser les sacrifices humains.
Les empereurs ont proclamé dès l’annexion de la Gaule la suppression des druides et ont interdit les sacrifices.
Cependant, cette pratique ne disparaît totalement qu’au IVe siècle de notre ère.

Les sacrifices humains ont révolté César mais ils existent dans bien d’autres civilisations. A Carthage, cité ennemie de Rome, on immole des nouveau-nés au dieu Ba’al Hamon « le dieu du brasier ».
Dans la tradition hindoue, les femmes dont le marin vient de mourir doivent s’immoler dans le brasier.
Chez les Aztèques, un guerrier était honoré de mourir sur la pierre de sacrifice. Lors des cérémonies, on pratiquait également l’anthropophagie.

 

 

 

 

 

 

 

 

Religion-sectes-sociétés secrètes - Vierges noires -

Publié à 09:05 par acoeuretacris Tags : religion vierges noires
Religion-sectes-sociétés secrètes - Vierges noires -

 

Le culte de la Vierge Marie n’aurait probablement pas connu un tel succès, s’il ne s’était appuyé sur différents cultes féminins venus du plus profond de notre histoire. La Vierge noire est le témoin de cette spiritualité oubliée. Pourquoi la couleur noire ? D'où vient cette représentation peu conforme au dogme chrétien de la Vierge ?       

 

 

Une Vierge peu conforme au dogme chrétien    

 

En général les Vierges noires portent un enfant, souvent sur le genou gauche. Elles sont l’objet de pèlerinages et on leur accorde un grand pouvoir de guérison et de fertilité.
La plupart de ces vierges ont causé beaucoup de souci à l’Eglise catholique. Dès qu’elle le peut, l’Eglise les escamote sans trop choquer les populations locales.
 
Depuis le XIXe siècle, beaucoup de ces Vierges noires ont été remplacées par des représentations plus conformes au modèle marial.

 

Souvent, elles ont tout simplement été repeintes en blanc.     

 

 

            

 

Vierge noire de Montserrat, en Catalogne . By Greg Gladman       

 

 

Ces Madones ont parfois un air oriental et un peu byzantin. Elles sont auréolées de nombreuses légendes. 

   
La Vierge noire de Tindari aurait été retrouvée dans un coffret mystérieux échoué sur la plage. Celle de Loreto se serait brutalement matérialisée en mai 1291 dans une construction. 

 

 

La Vierge, surtout quand elle était noire, a tenu une place considérable dans la spiritualité chrétienne du Moyen Âge. Elle deviendra la protectrice des Chevaliers du Temple, et plus tard, celle de l’ordre des chevaliers Teutoniques.

 

Elle figurait sur les bannières des hommes de guerre, qui organisaient des tournois en son honneur.        Les grandes cathédrales gothiques étaient les temples de cette nouvelle déesse. Entre 1170 et 1270, pas moins de 80 cathédrales dédiées à Notre-Dame et 500 églises seront édifiées à sa gloire.

        


La plus grande partie de ces monuments seront bâtis sur des sites déjà consacrés par la présence d’une statue de Madone, le plus souvent noire et généralement préchrétienne.

 

 

      

 

Vierge noire de la cathédrale de Tarragone, en Espagne. Elle a été copiée sur celle de Montserrat.       

 

 

A Rome, on refusait alors la distinction entre les Vierges « noires » et les Vierges « blanches ». 

 

  
La couleur noire était expliquée rationnellement : par la fumée des cierges, par l’âge et l’oxydation ou par la noirceur des pêchés des fidèles !  En réalité, on omettait de préciser que ces statues avaient intentionnellement été taillées dans des matières noires et que cette couleur avait été délibérément choisie.          

 

 

    

 

Une Vierge noire anonyme photographiée en Espagne    

 

 

    Faites le plus souvent de pierre ou d’ébène, ces Vierges sont toujours somptueusement parées. Curieusement, elles portent presque toujours une couronne. Elles sont associées à des cultes de la Lune ou des étoiles. Il s’agit donc d’une pratique qui nous ramène à l’ère préchrétienne. Ces rites perpétuent des cultes païens en l’honneur de divinités féminines.       

 

Les Vierges noires dans le monde 

 

 Jusqu’au XVIIIe siècle, les pèlerins qui se rendaient à Chartres observaient un rite mystérieux qui n’avait rien de chrétien.

 

     
Là, ils adoraient en silence une statue d’ébène, Notre-Dame-de-Sous-Terre. Celle-ci était une femme assise qui tenait un enfant dans ses bras.


Après avoir prié dans l’abbaye et entendu la messe, ils descendaient, par un passage situé au nord de l’église, dans une crypte souterraine.

 

     


La tête de la statue était couronnée et, à ses pieds, on pouvait lire l’inscription latine : Virgini pariturae (La Vierge devant enfanter).

 

        

 

 La "Vierge au pilier" de la cathédrale de Chartres. 

 

 

      Détruite sous la Révolution, cette statue de la Vierge noire sera refaite au XIXe siècle et, depuis, elle est vénérée sous le nom de « Vierge au pilier ».

   A Montserrat, en Espagne, on adore une statue semblable à celle de Chartres.        A Crotone, en Italie, sur le promontoire qui surmonte le golfe de Tarente, il existait autrefois un temple dédié à Hera Lacinia, la déesse romaine de la Lune et la protectrice des femmes. L’église de Crotone comme la cathédrale de Chartres ou celle de Montserrat abritent encore une statue de « femme noire ».    


On sait également que, depuis toujours, une Vierge a été vénérée sur le site de Chartres et que le fameux puit a probablement été creusé par les anciens Celtes, ou bien par ceux qui les ont précédés.

 

         

Les Templiers ont joué un rôle décisif dans la construction des cathédrales au XIIIe siècle     

 

 

 Ces trois Vierges noires sont loin d’être les seules à être vénérées en Europe. On estime leur nombre à une quarantaine sur notre seul continent.

     


Les sites les plus importants sont Einsiedeln en Suisse, Rocamadour, Dijon, le Puy et Avioth en France, Orval au Luxembourg, Loreto, Venise ou Rome en Italie.

 

 

 Des Vierges non chrétiennes 

 

Il faut se rendre à l’évidence que ces Vierges noires nous mettent en présence de cultes qui dépassent les dogmes chrétiens sur la virginité de la « Mère de Dieu ».  Presque tous les aspects de ce culte laissent transpirer un paganisme originel, resté incroyablement vivace après des siècles de christianisation et de chasse aux superstitions.  La plupart de ces Vierges noires sont liées à des rites de fertilité, de fécondité et de sexualité. Ce ne sont pas là les attributs ordinaires de la Vierge chrétienne.   

 

 

     

 

La Vierge noire d'Einsiedein, en Suisse.     

 

 

Ces statues sont chargées d’un symbolisme bien éloigné de celui de la mère du Christ. Leur sens dépasse la symbolique chrétienne.

     


Mais, de quel passé lointain, nous arrivent-elles ? Pourquoi avoir choisi le « noir » ? Représentent-elles un hommage à des visiteurs à la « peau noire « ?
Quel message nous apportent-elles ? Et comment sont-elles arrivées jusqu’en Europe et par qui ?

 

Religion-sectes-sociétés secrètes - L'Ordalie -

Publié à 16:24 par acoeuretacris Tags : religion ordalie
Religion-sectes-sociétés secrètes - L'Ordalie -
 
Ordalie par le pain
 
L’ordalie ou le jugement de Dieu 
 
L’ordalie, qui tire son origine étymologique d’un terme germanique « urthel » ou « urtheil », signifie jugement de Dieu. 
 
 
L’ordalie désignait, principalement au Moyen Age, une procédure judiciaire plutôt étrange. L’autorité judiciaire ne faisait pas appel à des preuves établies mais à des forces supérieures pour conclure à la culpabilité ou l’innocence d’un suspect. 
 
 
L’ordalie faisait donc appel à Dieu pour décider si un homme était coupable ou non. Le verdict du Jugement de Dieu servait de procès et était sans appel. 
 
 
L’origine de l’Ordalie 
 
 
Ce jugement très spécial était déjà présent dans l’Antiquité babylonienne, égyptienne, grecque et romaine.
 
 
Cependant, l’ordalie a surtout été pratiquée du Ve au XIIIe siècle en Occident. 
 
 
Cette procédure s’est répandue en Occident après les invasions du Ve siècle. On considère qu’il s’agit d’une pratique germanique christianisée sur le tard.
Avant cette période, les origines se perdent et l’on ne sait pas d’où provenait exactement cet arbitrage surnaturel.
 
 
 
On sait par contre que l’ordalie a été légitimée par les autorités séculières dès le VIIe siècle. Elle est alors utilisée à l’encontre des laïques et des clercs devant les tribunaux ecclésiastiques et à partir du XIe siècle devant les tribunaux séculiers. 
 
 
 
 
Ordalie sous forme d'épreuve du feu (peinture de Ghirlandaio, Florence, église Santa Trinità) 
 
 
La première mention d’ordalie apparaît dans la loi salique, ou loi des Francs, qui remonte à 510 environ.
Il s’agit de l’épreuve du chaudron, qui consiste à plonge rune main dans l’eau bouillante.
 
 
 
Cependant, dès le IXe siècle, quelques évêques se sont élevés contre un principe qu’ils jugeaient superstitieux.
Malgré tout, la papauté a toléré l’ordalie pendant plusieurs siècles.
 
 
 
Qu’est ce que l’ordalie ? 
 
 
Cette procédure représente à la fois la preuve, le jugement, l’exécution et l’épreuve. Elle s’oppose à la preuve objective et se substitue à toute rationalité quand aucune preuve ne peut être établie. 
On peut définir l’ordalie comme un arbitrage divin. Elle se fonde sur une idée très simple, voire simpliste : la divinité s’exprime à travers les éléments et elle ne peut favoriser un coupable.
Dieu étant supérieur aux hommes, il ne peut se tromper.
 
 
 
A l’époque, on considérait qu’un coupable préférait avouer sa faute plutôt que de subir l’épreuve. 
 La mort n’était pas toujours la sentence ultime. L’ordalie pouvait être cruelle ou inoffensive. Elle pouvait également être appliquée à un seul individu ou de manière collective, être passive ou active. 
 
 
Les différentes formes de l’ordalie 
 
 
Les ordalies les plus inoffensives concernaient  en général plusieurs personnes. L’ordalie de la croix opposait au minimum deux personnes. Chacun devait rester le plus longtemps possible les bras en croix. Le premier qui les baissait démontrait sa culpabilité. 
 
 
Sous le règne de l’empereur Charlemagne (800-814) et de son fils Louis le Pieux, plusieurs formes d’ordalie se développent dont la plus importante est celle du feu. 
Le prévenu saisit avec sa main un fer rouge. Si après le contact avec l’eau ou le métal brûlant, la main présente dans les trois jours qui suivent une belle cicatrisation, c’est que la personne est innocente.
Des plaies indiquent que la personne est coupable.
 
 
 
 
 
Duel judiciaire (miniature du XVe siècle, Paris, Bibliothèque nationale de France) 
 
 
Quelques variantes de cette épreuve existent : marcher sur des socs de charrues chauffés à blanc ou retirer d’un chaudron rempli d’eau bouillante un anneau ou une pierre. 
 
 
Le jugement par l’eau froide était particulièrement utilisé au Moyen Âge. L’accusé était conduit en barque au milieu d’un plan d’eau ou une rivière puis jeté dans l’eau en étant lesté d’une grosse pierre.
Après un certain temps, on repêchait l’accusé. S’il avait survécu (ce qui n’arrivait jamais), c’est qu’il était innocent.
Le fait de remonter à la surface était considéré comme une preuve de culpabilité. Le fait de surnager prouvait  l’intervention du Diable.
D’une manière ou d’une autre, le suspect était condamné.
 
 
 
On comprend mieux pourquoi certaines personnes, coupables ou innocentes, préféraient avouer  plutôt que de subir ce jugement. 
 
 
Le duel judiciaire est une autre forme de l’ordalie. Il a été pratiqué par les peules germaniques dès le VIe siècle et n’a décliné qu’à partir du XIVe siècle. 
 
 
 
 
Duel judiciare opposant un homme à un animal (miniature du XIIIe siècle, Paris, bibliothèque de l'Arsenal) 
 
 
Le duel entre le plaignant et le défenseur est une épreuve bilatérale qui se fonde uniquement sur l’intervention divine.
La mort est toujours la sentence du duel. Parfois, le duel judiciaire oppose un homme à un animal.
Celui qui meurt est tout simplement coupable. Celui qui gagne n’a plus qu’à remercier Dieu de lui avoir donné la victoire.
Parmi les duels très célèbres, citons le duel de Macaire et du chien de Montargis. Ce combat a opposé un assassin et le chien de sa victime et c’est l’animal qui remporta la victoire.
 
 
 
La fin du jugement de Dieu 
 
 
C’est seulement en 1215 que le IVe concile de Latran interdit d’assortir les ordalies par l’eau et le fer de cérémonies religieuses.
L’Eglise refuse donc officiellement la preuve religieuse. L’ordalie disparut alors de la majorité des Etats d’Europe occidentale.
 
 
Mais, elle a ressurgit du XVe au XVIIe siècle pour les cas de sorcellerie. 
 
 
Le duel judiciaire a perduré beaucoup plus longtemps car c’était un moyen pour la noblesse de démontrer son habilité aux armes.
Le dernier duel de cette sorte s’est officiellement déroulé en 1547.
 

Religion-sectes-sociétés secrètes-symbolisme du diable

Publié à 15:47 par acoeuretacris Tags : religion symbolisme du diable
Religion-sectes-sociétés secrètes-symbolisme du diable
 
Le diable peut revêtir de nombreuses apparences sous différents noms. Le mythe du diable est présent dans de nombreuses cultures.
Qu’on le nomme Belzébuth, Satan, Tengu, Démon ou Lucifer, le diable symbolise les forces qui affaiblissent la conscience.
C’est l’éternel combat entre le monde des ténèbres et le monde de la Lumière.
L’homme doit en permanence lutter contre ses instincts. Satan est là pour le pousser au péché, comme le Serpent de la Genèse.
 
 
 
Le diable dans les mythes du Proche-Orient ancien 
 
 
Dans la mythologie sumérienne, notre diable occidental est représenté par Ereshkidal, la reine des Enfers.
 
 
Le diable symbolisant l’obscurité, il brûle dans un monde souterrain. Dans la plupart des mythes, il devient le maître des Enfers. 
 
 
Les Babyloniens ont retranscrit un grand nombre de mythes sumériens et on retrouve Ereshkidal dans leur mythologie. 
 
 
Les mythes du Proche-Orient ancien sont les initiateurs du paradis et de l’enfer. Dans le royaume des morts, les Justes se voient décerner des récompenses, tandis que les pêcheurs sont punis. 
 
 
 
 
Illustration du diable tentateur. By Bascom Hogue 
 
 
Les thèmes de la mythologie biblique empruntent à différentes cultures du Proche-Orient ancien. L’épisode du Déluge, par exemple, est clairement inspiré de la version babylonienne. 
 
 
Les religions monothéistes sont pauvres en écrits mythologiques et tous les textes bibliques ont subi des altérations afin qu’il existe une cohérence théologique, d’où l’importance d’en minimiser les éléments mythologiques. 
 
 
Le diable et la Bête 
 
 
De nombreux animaux ont figuré les forces maléfiques. Réduire le diable à la forme d’une bête symbolise la chute de l’esprit.
Le mythe du diable est d’ailleurs très proche des mythes du Dragon, du Serpent et des monstres gardiens des ténèbres.
 
 
 
 
 
Illustration du diable. By David Johnson 
 
 
  
Les mouches sont des êtres qui se multiplient sur la pourriture et la décomposition. Elles transmettent de nombreuses maladies et semblent invincibles.
Sans cesse bourdonnantes, elles ne cessent de poursuivre tous les êtres vivants.
 
 
 
C’est en ce sens qu’une ancienne divinité syrienne, Belzébuth, dont le nom signifie « le Seigneur des mouches » est devenue le prince des démons. 
 
 
L’âne est aujourd’hui le symbole de l’ignorance mais dans sa conception originale, presque universelle, il est l’emblème de l’obscurité et des tendances sataniques.
En Egypte, l’âne rouge est l’une des entités les plus dangereuses que rencontre l’âme dans son voyage vers l’au-delà.
 
 
 
Dans l’art roman et l’art gothique, les animaux représentent selon le cas, le paradis ou l’enfer, Dieu ou le diable. 
 

L’araignée est un animal diabolique et le diable se réincarne souvent en elle. 
 
 
 
 
Gargouille de Notre-Dame. By Laertes 
 
 
Le bouc est bien sûr l’une des représentations favorites du diable, chevauché par les sorcières se rendant au sabbat. 
 
 
Le bestiaire des cathédrales est très riche. Les gargouilles sont les gardiennes du lieu sacré car même le Mal est effrayé par leur laideur. 
 
 
L’éternel combat entre le bien et le mal 
 
 
Dans la mythologie égyptienne, Anubis « celui qui a la tête d’un chien sauvage » est le dieu des funérailles et le Seigneur des défunts.
Il sera plus tard supplanté par Osiris.
 
 
 
 
 
Anubis. - dinosoria.com 
 
 
Osiris, assisté de 42 juges divins, procède au jugement des âmes tandis qu’Anubis en assure la pesée. 
 

Les défunts doivent passer cette épreuve avec succès s’ils veulent renaître dans l’au-delà. 
 
 
Dans le royaume des morts où règne l’obscurité, on trouve des êtres malfaisants comme le serpent Apophis. 
 
 
 
 
 
Osiris. - dinosoria.com 
 
 
Les mythologies grecques et indo-européennes présentent de nombreux points communs et se sont probablement inspirées des mêmes sources. 
 
 
Les principales divinités habitaient le mont Olympe. Zeus, dieu suprême, régnait sur le ciel. Hadès gouvernait les enfers (Pluton chez les Romains). 
 
 
Selon la mythologie grecque, au tout début, seul existe le Chaos d’où surgissent Gaïa (la Terre), Eros (Dieu de l’Amour), le Tartare (les enfers), l’Erèbe (ténèbres des enfers) et la Nuit (ténèbres de la terre). 
Concernant le voyage des défunts vers l’au-delà, il y a des similitudes avec la mythologie égyptienne. 
 
 
Après leur décès, les morts sont conduits à la frontière du monde souterrain par Hermès. Charon leur fait passer dans sa barque les eaux noires du Styx, un grand fleuve séparant le monde souterrain du monde des vivants. 
 
La mythologie grecque a exercé une profonde influence sur la culture occidentale. Les mythes de la création offrent d’étonnantes similitudes avec certains récits mythiques du Proche-Orient ancien. 
 
 
 
 
Illustration de Charon. By Hartwig HKD 
 
 
A leur arrivée, les morts sont jugés. 
Cependant, l’Hadès n’est pas un lieu de torture comme peut l’être notre enfer. Par contre, on s’y ennuie ferme. 
Les Justes se voient parfois autoriser à vivre dans une sorte de paradis, l’Elysée ou Champs Elysées. 
Le Tartare est une sorte d’enfer qui se situe dans la partie la plus obscure de l’Hadès. On y enferme ceux qui ont commis des crimes particulièrement odieux. 
Nul ne peut s’échapper de l’Hadès qui est gardé par Cerbère, le chien à trois têtes. 
 
 
 
 
Charon et la pesée des âmes. By Hartwig HKD 
 
 
Dans les différents mythes, le genre humain devient l’enjeu de la lutte cosmique. Cette lutte est bien retranscrite dans le panthéon hindou. 
Les devas, êtres divins, habitent le niveau supérieur. Le niveau intermédiaire est la Terre, habitée par les humains.
Le niveau inférieur appartient aux asouras, des démons qui détiennent des pouvoirs occultes.
Devas et asouras se livrent des luttes permanentes.
 
Vishnu est là pour restaurer l’équilibre au cas où l’un des niveaux prendrait le dessus sur l’autre. 
 
 
 
 
Vishnu. By Vaticanus 
 
 
L’humanité est prise au milieu de cette guerre cosmique. C’est la lutte entre le bien et le mal. Chacun est libre de choisir son comportement et doit donc affronter ses propres démons. 
 
 
Le diable et la libre disposition de soi-même 
 
Le diable est capable de revêtir toutes les apparences, y compris celle du gentil. Il est le Tentateur dont le seul objectif est de nous soumettre à sa domination. 
Dans la religion catholique, la croix du Christ libère les hommes. Le Christ a la lourde tâche d’arracher le genre humain à la puissance du diable et de lui permettre la libre disposition de lui-même.
En effet, le diable est symbole de tyrannie.
 
Il est tentant de vouloir négocier avec lui pour bénéficier de toute sa puissance. 
 
 
 
 
By Martin Gommel 
 
 
Mais, le Christ nous rappelle tous les dangers à vouloir utiliser des forces mal maîtrisées pour son compte. 
Si  nous ne sommes pas capables de dominer ces forces occultes, et donc nos désirs et nos instincts, nous sommes condamnés à être l’esclave du diable c’est-à-dire l’esclave de nos désirs. 
Cependant, sur le plan psychologique, le diable peut être bénéfique. Pour pouvoir s’épanouir, l’homme a besoin de briser ses chaînes.
La réussite est au bout du chemin pour celui qui est capable d’assumer cette force occulte d’une façon dynamique.
 

Religion-sectes-sociétés secretes- La fin du monde -

Publié à 11:15 par acoeuretacris Tags : religion fin du monde

 Comparatif entre les mythologies concernant la fin du monde

Les mythes du monde entier se ressemblent souvent sur des thèmes tel que la création du monde, les origines de l’humanité ou la fin du monde.
De nombreux chercheurs se sont intéressés aux mythes principalement parce qu’ils possèdent des points communs alors qu’il s’agit de cultures différentes et surtout distantes géographiquement.
Le mythe du déluge est l’une de ces histoires que l’on retrouve dans de nombreuses mythologies.
Le schéma conducteur est identique et cette coïncidence est assez troublante. On y parle d’un dieu ou de dieux mécontents des hommes qui détruisent le monde par une bonne inondation. Cependant, à chaque fois, il y a deux survivants qui permettent à l’humanité de repartir à zéro.
Pour illustrer ce comparatif, j’ai choisi sept mythologies : la mythologie égyptienne, grecque, nordique, babylonienne, chinoise et amérindienne.
Il est également intéressant de comparer ces mythologies propres aux religions polythéistes avec la mythologie biblique qui, bien que fondée sur un dieu unique, reprend largement le mythe du déluge.

La destruction du monde selon la mythologie égyptienne
Après la création du monde physique et de l’être humain, les dieux se multiplient et entretiennent des liens étroits, comparables à ceux des douze dieux de l’olympe dans la mythologie grecque.

Cette fois encore, l’homme est devenu orgueilleux et pense qu’il est l’égal des dieux. Trop infatué de lui-même, il ignore les mises en garde et devient avare d’offrandes.

Rê, chef de tous les dieux, réunit ces derniers afin de décider d’une punition. Ils décident d’envoyer sur terre la déesse à tête de lionne, Sekhmet, qui symbolise la vigueur du soleil.


Re

Ne craignant pas de tuer des hommes, Sekhmet se livre à un effroyable carnage et boit le sang de ses victimes.

Les dieux s’inquiètent de la fin proche de l’humanité mais n’arrivent pas à endiguer la fougue de cette déesse vengeresse.

Pour sauver ce qui peut encore l’être, ils inondent un champ d’un liquide rouge sang. Attiré par ce liquide, Sekhmet le boit jusqu’à la dernière goutte et s’effondre « saoulée » par cette boisson concoctée à base de bière.


Sekhmet. By Zesmerelda

Mais lorsqu’elle se réveille de son coma éthylique, l’humanité est sauvée et les hommes ont compris une leçon : ne jamais négliger les dieux.

Dans la mythologie égyptienne, le mythe du déluge est, si je peux dire, légèrement « aviné ». Cependant, les motifs de l’inondation sont les mêmes que pour les autres mythes : l’homme ne répond plus aux attentes de ceux qui les ont créés. C’est son orgueil qui le mène à une quasi-destruction.

La fin du monde selon la mythologie nordique

Pour les peuples nordiques, nul ne peut échapper à son destin. Le concept de Ragnarök (mort des dieux) est lié à cette idée.
La destruction du monde est donc inéluctable.


Odin, Frøya et les dieux nordiques. By Mixmaster

Ragnarök doit être annoncé par trois années de guerre suivies d’un terrible hiver de trois ans, sans été.
Un immense tremblement de terre brisera alors tous les liens. Fenrir le loup se retrouvera délivré de ses chaînes ainsi que son père Loki.
Jormungand, le serpent cosmique, provoquera un immense raz de marée qui inondera la terre entière.
Les eaux tourbillonnantes emporteront le bateau Naglfar rempli de géants.


Ce relief montre Fenrir engloutissant Odin le jour de Ragnarök

Fenrir et Jormungand marcheront vers la plaine de Vigrid, lieu de l’ultime bataille, tous comme les dieux, conduits par Odin.

Odin sera tué par le loup Fenrir et Thor succombera à ses blessures après avoir tué le serpent cosmique, Jormungand.

A l’issue de ce combat final, des flammes, de la fumée et de la vapeur s’élèveront et le ciel s’obscurcira.
Les étoiles disparaîtront et la terre sombrera dans la mer.


Broche représentant Jormungand

Cependant, Ragnarök ne constituera pas la fin du monde. En effet, le monde ressurgira, vert et fertile et ce sera l’avènement d’un nouvel âge.

Le monde des humains sera repeuplé par deux personnes, Lif et Lifthrasir. L’homme bénéficiera donc d’un nouveau départ et le cycle pourra recommencer.

La mythologie nordique fait référence au déluge mais également à l’arche de Noé et au repeuplement de la terre grâce à un couple épargné par les dieux.

Le déluge selon la mythologie chinoise

Il existe quatre versions principales du mythe du déluge. Dans la première, le dieu-ouvrier Gong-Gong remue les eaux du monde entier à tel point qu’elles se précipitent contre la barrière du ciel.

Le mythe de la double catastrophe du feu et du déluge met en vedette la déesse Nugua, qui met un terme au désastre.


Peinture symbolisant Nugua qui intervient, quand le déluge menace, pour réparer le cosmos

La version majeure narre comment le héros Yu maîtrise les eaux. Des créatures surnaturelles, le dragon aquatique et la tortue, l’aident dans sa mission.
Après avoir canalisé les flots, il partage le monde en neuf régions et devient ainsi le fondateur de la dynastie mythique des Hia, la première de l’âge d’or.


Dragon aquatique. By Steve E

Si le mythe du déluge est omniprésent dans la fin du monde et sa renaissance, par contre, la mythologie chinoise ne fait pas référence à une punition divine, ni à un nouveau départ grâce à quelques survivants qui bénéficient de la faveur des dieux.


Statue du dieu-ciel

On retrouve bien par contre, cette notion du retour à l’ordre naturelle après les catastrophes universelles ainsi que le concept de l’âge d’or.

Les mythes du déluge dans la mythologie amérindienne

Selon la mythologie du peuple cañari de l’Equateur, deux frères échappent à un déluge en se réfugiant en haut d’une montagne, l’Huacaynan.
Lorsque le niveau des eaux baisse, les deux frères doivent survivre. Un jour qu’ils rentrent sans avoir pu trouver la moindre nourriture, ils voient un repas dans leur hutte accompagné de chicha (bière de maïs).
Ce miracle se reproduit 10 jours d’affilée. Le frère aîné décide alors de se cacher pour savoir qui leur laisse cette nourriture.
Il voit alors deux aras préparer le repas. Les deux oiseaux ont des visages de femme. Ils essayent de les attraper mais les oiseaux s’envolent et ne reviennent plus pendant trois jours.

Le frère cadet se cache, à son tour, pour observer les curieux oiseaux. Alors que les oiseaux reviennent, il arrive à attrape le plus petit.

Cet étrange couple vit de nombreuses années ensemble et a six enfants.

Le mythe nous raconte que les Cañari descendent de ces enfants. La montagne, symbole de fertilité, est sacrée.

Ce mythe mélange les métaphores de l’humanité et du monde animal qui exprime un thème andin universel.
La mythologie andine et le panthéon incas particulièrement étaient gouvernés par de puissants dieux qui demeuraient au sommet de pics montagneux.
Ils envoyaient pluie, grêle, foudre ou sécheresse pour tourmenter les hommes. Le seul moyen d’apaiser leur colère était de leur faire des offrandes ou des sacrifices.

Le déluge dans la mythologie grecque

Il existe plusieurs versions du mythe de déluge chez les Grecs.

La version la plus aboutie du mythe du déluge nous vient du poète Ovide, un Romain qui a vécu au Ier siècle avant notre ère.

Selon ce mythe, Zeus descendit sur Terre pour vérifier si les hommes étaient encore contrôlables.
Il rendit visite au tyran Lycaon et se fit invité à dîner. Le peuple s’inclina devant ce dieu mais Lycaon ne lui voua aucune vénération.


Zeus . By Pro-Zak.

Il tua un prisonnier de guerre, un homme du peuple des Molosses et le fit cuire. Il le servit comme repas à Zeus. Il se dit que si cet invité était un faux dieu, il ne remarquerait pas qu’il mangeait de la chaire humaine.
Manque de chance pour lui, Zeus en vrai dieu désintégra aussitôt Lycaon et son palais puis retourna sur l’Olympe.

Très en colère, Zeus demanda à Poséidon, dieu de la Mer, de créer un gigantesque ras de marée pour submerger la Terre.
Poséidon créa donc un colossal orage et la pluie ne cessa de tomber pendant neuf jours et neuf nuits.
Ce déluge noya l’humanité toute entière.


Sculpture de Poséidon. By Arte Molto Brotta 2

Cependant, seul le sommet du mont Parnasse dépassait encore des eaux. Alors, Prométhée qui avait protégé sa famille dit à son fils Deucalion de construire une arche en bois, de la remplir de nourriture, puis d’y faire monter son épouse Pyrrha, la fille d’Epiméthée et de Pandore.

Le couple accosta au sommet du Parnasse. Enfin, les eaux se retirèrent et ils purent descendre pour se rendre jusqu’à un temple.
Là, ils entendirent une voix leur ordonner de se voiler la face et de jeter les os de leur mère derrière eux.

Cet acte aurait été un sacrilège. Le couple réfléchit, se disant qu’aucun dieu, ne pouvait exiger d’eux une telle chose.
Ils comprirent alors que leur mère était Gaïa, la Terre. Donc, ses « os » étaient des pierres. Ils jetèrent donc quelques pierres et celles-ci se transformèrent en hommes et en femmes qui purent repeupler la terre.

Il y a bien sûr, une ressemblance frappante entre le mythe grec et le mythe biblique.

Mythologie babylonienne : Le déluge de Ninive (11e tablette de l’épopée de Gilgamesh)

La Mésopotamie (Irak actuelle) est la source de nombreux mythes qui comptent parmi les plus anciens que l’on connaisse.

Le récit est conté à Gilgamesh par le héros Utanapishtim. Les similitudes avec le déluge biblique sont frappantes.
L’épopée de Gilgamesh date de plus de 4 000 ans avant notre ère.


Gilgamesh (British Museum) By Litmuse

Utanapishtim, citoyen de la cité babylonienne de Shuruppak, reçoit un message secret du dieu Ea l'avertissant que les dieux sont sur le point de noyer la terre sous un déluge.


Empreinte d'un sceau-cylindre sumérien représentant un jugement d'Ea

Ea ordonne à Utanapishtim de construire un bateau.

Sur le vaisseau terminé, Utanapishtim embarque de l'or et de l'argent, les membres de sa famille et un représentant de chaque espèce animale. À l'heure dite, les digues se rompent et la pluie tombe. La tempête est si terrible que même les dieux en sont effrayés.


Utanapishtim sur son bateau

Au septième jour, les eaux se retirent et Utanapishtim constate que son bateau s'est échoué. Il libère la colombe et l'hirondelle mais celles-ci reviennent au bateau. Seul le corbeau consent à s'installer sur la terre ferme. Utanapishtim fait débarquer sa famille et célèbre son salut par un sacrifice au cours duquel il verse des libations et brûle de l'encens.


11e tablette de l’épopée de Gilgamesh. By Atonal

Attirés par l'agréable senteur, les dieux se rassemblent autour d'Utanapishtim et de sa victime. Lorsque vient la déesse-mère, elle pleure la destruction de ses créatures et jure de ne jamais oublier. Elle accuse Enlil de la destruction presque totale de l'humanité. Enlil est furieux qu'une famille humaine ait réussi à échapper au déluge, mais Ea lui avoue qu'il a organisé lui-même le périple d'Utanapishtim.

Apaisé, Enlil bénit le héros et son épouse et leur accorde la vie éternelle.

La mythologie biblique et le déluge

Dieu voit que l’homme ne pense qu'au mal et se repent de l'avoir créé. II décide d'effacer de la surface de la terre tous les hommes et les animaux. Seul Noé, homme juste et parfait, trouve grâce à ses yeux.

Dieu dit à Noé qu'il a résolu de faire périr tous les hommes en les soumettant à un déluge qui détruira tout sur la terre. II commande à Noé de construire une arche en bois de pin, d'y aménager des cellules et d'en enduire la coque de poix, puis il lui ordonne de monter à bord de l'arche en compagnie de sa femme, de ses fils, d'un couple d'animaux de chaque espèce, et d'assez de vivres pour les nourrir tous.


Le Déluge, fresque de Paolo Uccello.

Noé fait ce que Dieu lui a commandé. Sept jours plus tard, les eaux du déluge s'abattent sur la terre pendant quarante jours et quarante nuits. Les eaux soulèvent l'arche et submergent tout, tuant les créatures restées sur terre. Après quelque temps, Dieu se souvient de Noé et de l'arche. II ferme les sources de l'abîme et les écluses des cieux, et la pluie cesse de tomber. Lentement, les eaux se retirent de la terre.

Après quarante jours, Noé libère la colombe mais, ne trouvant aucun endroit pour se poser, elle revient sur l'arche. Après sept jours, il envoie à nouveau l'oiseau, qui revient le bec chargé d'un rameau d'olivier. Sept jours plus tard, Noé libère à nouveau la colombe, qui cette fois ne revient pas.


Mosaïque de la basilique Saint-Marc, à Venise, qui illustre le Déluge

Noé comprend que la surface de la terre a séché et Dieu lui commande de sortir de l'arche avec sa femme, ses fils et tous les animaux.
Noé construit un autel et sacrifie à Dieu plusieurs des bêtes pures et des oiseaux purs. Sentant une odeur agréable, Dieu décide de ne plus maudire la terre pour le salut de l'homme car c'est dans le coeur de l'homme que réside le mal.

II bénit Noé et ses fils et décrète que les animaux doivent vivre dans la crainte de l'homme, puis il fait apparaître un arc-en-ciel dans le ciel.

Que doit-on en conclure ?

Il semble y avoir un mythe original qui s’est propagé à travers le monde. Les mythes expliquent souvent des phénomènes naturels qui ont réellement existé.
Ils symbolisent également l’anxiété et les peurs propres à l’homme.

Des mythologies aussi éloignées géographiquement que celles de la Grèce et du Japon comportent des similitudes. Pourquoi ?

Dans toutes les cultures, quatre grandes questions, sont posées et les mythes tentent de répondre aux interrogations des hommes :

La création du monde
La cosmogonie : description du monde, des étoiles, du ciel et des Enfers
Les origines de l’humanité
La fin du monde et surtout celle de l’humanité
Ces questions sont aujourd’hui traitées de manière scientifique mais le progrès est loin d’avoir résolu toutes ces énigmes.

On ne peut que penser que la coïncidence est étrange. Comment des cultures ont-elles pu posséder des mythes aussi ressemblants.

Il serait tentant de penser qu’un savoir universel réside dans la mémoire humaine ; savoir qui nous viendrait d’un lointain héritage.
Cette théorie nous ramène à une première humanité qui aurait disparu pour laisser un maigre héritage aux rares survivants.

Les esprits plus rationnels penchent tout simplement pour une communication orale d’un mythe du fait que l’homme, de tous temps, a toujours voyagé.
Avant l’invention de l’écriture, l’homme communiquait. Il y a-t-il eu emprunt de ces mythes qui sont venus se greffer sur les croyances locales ?

Quelle que soit nos convictions dans ce domaine, une question reste posée : d’où le mythe original provient-il ?

Religion-sectes-sociétés secrètes-Les statues qui pleurent

Publié à 10:50 par acoeuretacris Tags : religion statues qui pleurent

 Les statues qui saignent et qui pleurent

Une statue en plâtre représentant Jésus-Christ se met à saigner. Un tableau de la Vierge laisse couler de vraies larmes. De tels phénomènes sont bien réels. On pense immédiatement à des trucages. De nos jours, personne ne veut croire que de telles choses puissent se produire. On considère les « miracles » comme des superstitions révolues issues du Moyen Âge.
Pourtant, après étude, la vérité sur les statues qui pleurent semble assez surprenante. De véritables preuves existent mais la réalité n’est peut-être pas celle que l’on attendait.

Du sang et des larmes

En juillet 1966, à Londres, un crucifix répandit des larmes pendant trente jours.

En avril 1975, Mrs Anne Poore était en train de prier dans l’église de Boothwynen, en Pennsylvanie, quand elle vit un spectacle incroyable :

« Soudain, je levai les yeux vers la statue du Christ, et mon cœur cessa de battre. Deux gouttes de sang, rouges comme des rubis, venaient d’apparaître sur les blessures des mains de la statue en plâtre. »


Le Christ de l'église de Pennsylvanie

En janvier 1981, une statue de la Vierge Marie, à Caltanisetta, en Sicile, commença à saigner de la joue droite, après avoir pleuré en 1974.


La Madone de Caltanisetta

Les exemples sont trop nombreux pour être tous cités.

Etude des phénomènes

Dans les années 50, le physicien italien Piero Casoli se lança dans une longue étude sur les madones qui pleurent.
Il en arriva à la conclusion que ces phénomènes se produisaient en moyenne deux fois par an dans la seule Italie.
Le Fortean Times britannique a pu faire état de multiples cas du genre dans de nombreux pays et à toutes les époques.


Le Christ de l'église Saint-Ignace, à Rome, qui a saigné en 1959

Le 16 mars 1960, un portrait de la Vierge Marie commença à pleurer derrière son cadre de verre. Cette madone appartenait à Mrs Pagora Catsounis de New York. Le père Papadeas, de l’église orthodoxe grecque, fut également témoin des faits quand il arriva au domicile de cette dame.
Par la suite, une autre madone qui se mit à pleurer, fit son apparition dans la même famille. Des échantillons du liquide furent analysés et il s’avéra qu’il ne s’agissait pas de larmes humaines.
On échangea le tableau mais, lui aussi, se mit à pleurer.


L'archevêque Takovos, chef de l'église orthodoxe grecque des Etats-Unis, examine la madone des Catsounis

Raymond Bayles commença alors son enquête. Une étude minutieuse du tableau révéla la présence de taches au-dessous des yeux, constituées de particules cristallisées de quelque chose ressemblant à du sérum.
Ces cristaux, accumulés et secs, ne bougeaient pas.

Lorsque Bayles examina le tableau une seconde fois, les larmes étaient toujours au même endroit. Il ne trouva aucun trou d’aiguilles, ni aucune autre ouverture par lequel du liquide aurait pu être introduit.

Au cours d’une visite, une femme s’écria devant Bayles et un ami, qu’une larme coulait sur le tableau. Quelques personnes présentes se déclarèrent aussitôt convaincues que c’était le cas. Mais les deux hommes ne virent rien.


Une autre image de la Vierge qui a répandu une sorte d'huile, toujours chez les Catsounis

Bayles déclara qu’il était convaincu qu’il s’agissait d’une « hallucination collective ».

Le cas de la statue de Mrs Poore est très différent. Cette statue en plâtre du Christ saigne tous les vendredis et jours saints depuis 1975.
Elle a été placée dans une église de Pennsylvanie et placée à 3 m au-dessus de l’autel.

Le pasteur de l’église rapporta : »Elle a parfois saigné pendant quatre heures. J’ai vu les paumes des mains parfaitement sèches, puis quelques minutes après, j’ai observé quelques gouttelettes de sang s’écoulant des stigmates.
Le sang ne coule jamais au-delà de la statue dont le vêtement est maintenant incrusté de sang séché. »


Un Christ en croix vieux de 300 ans s'est mis à saigner en 1968 au Brésil

Le Docteur Joseph Rovito, un médecin respecté de Philadelphie, mena sa propre enquête. Passée aux rayons X, la statue ne révéla aucune trace d’un réservoir quelconque, ni aucun autre mécanisme frauduleux, mais les tests sanguins n’aboutirent pas à grand-chose.
Bien que le sang ainsi identifié fût incontestablement du sang humain, le faible nombre de globules rouges qu’il contenait indiquait que le sang était très ancien.
Pourtant, le sang coulait sur une longue distance avant de se coaguler ce qui indique qu’il s’agissait de sang frais.
Le problème c’est que le sang frais contient des millions de globules rouges. Sa conclusion fut la suivante :

« Ce sang est tellement ancien que nous ne pouvons en déterminer le groupe sanguin. »

Miracle ou phénomène psychique ?

Une fois la fraude écartée, on est bien obligée de se demander comment du sang ou des larmes peuvent apparaître sur une statue ou un tableau.

D’après les études, il semble que ces phénomènes ne se produisent pas au hasard. Il y a une certaine logique qui suggère que le phénomène est le fait d’une intelligence.

Par exemple, en septembre 1911, le portrait du Christ, placé dans l’église de Mirebeau, en France, s’est couvert de traces sanglantes.
Ce phénomène s’est arrêté à la mort du prêtre de l’église. On peut donc en déduire que le phénomène était lié à sa personnalité.

Photos du phénomène ci-dessous





De même, l'absence de hasard est évident dans le phénomène qui a touché une statue de sainte Anne en 1954. Les doigts de cette statue se sont mis à saigner après que le propriétaire de l'objet les eut brisé par accident.


statue de Sainte Anne


Main ensanglantée de la statue de Sainte Anne

Certains parapsychologues ont avancé l’hypothèse plausible de la télékinésie. Selon le parapsychologue D. Scott Rogo, ce type de pouvoir ne serait pas exceptionnel. Nous disposerions tous de telles capacités à causer des modifications dans notre environnement en y projetant des émotions violement ressenties ou réprimées.

Ce type de projection paranormale prend en générale deux formes :

Les phénomènes religieux

Les troubles liés à l’activité d’esprits frappeurs ou autres

D’après les spécialistes, les faits suggèrent un phénomène de déplacement à distance des liquides. Mais d’où proviennent-ils ?

Nul n’est en mesure de répondre à cette question pour le moment. La seule chose qui en ressort c’est que contrairement aux manifestations d’esprits frappeurs, l’extase religieuse a une action bienfaisante et non destructrice.

Religion-sectes-sociétés secrètes - L’incorruptibilité..

Publié à 09:17 par acoeuretacris Tags : religion incorruptibilité physique

 L’incorruptibilité physique

« Tu redeviendras poussière ! ». C’est le sort communément accepté des hommes après leur mort. Pourtant, certains corps restent intacts pendant des siècles. L’incorruptibilité physique est-elle le privilège des saints et des saintes ? Ce phénomène de non putréfaction est particulièrement troublant du fait qu’il est réel mais n’a jamais été vraiment étudié.

Des manifestations miraculeuses

Un peu partout dans le monde, on relève la même croyance populaire : les corps des saints, après leur mort, échappent à la loi commune de la dissolution de la chair.
Saint Cyrille, évêque de Jérusalem, écrivait au Ive siècle : »Même lorsque l’âme s’est enfuie, sa vertu et sa sainteté imprègnent encore le corps qui l’a hébergée. »

En réalité, si l’on étudie la vie des saints de la chrétienté, on constate que cette incorruptibilité physique a souvent été refusée aux élus.
De même, ce phénomène a été observé sur des gens non béatifié ou canonisé.

Le seul recensement dont nous disposons est dû à une Américaine, Joan Cruz, qui a souhaité compléter les travaux du père Thurston à l’aide de toutes les sources ecclésiastiques connues.
Dans un ouvrage, publié en 1977, intitulé The Incorruptibles, elle énumère 102 cas authentifiés par la Congrégation des rites de l’Eglise catholique romaine.


Le corps mystérieusement conservé de François Xavier, le saint missionnaire, dans la cathédrale de Goa, aux Indes portugaises

Mais, il est probable, ajoute t-elle, qu’il en existe bien d’autres qui n’ont jamais été rendus publics par le Vatican.

Un exemple de ces « miracles » est celui de Maria Anna Ladroni qui mourut à Madrid en 1624.
107 ans plus tard, sa dépouille mortelle fut exhumée sur l’ordre des autorités religieuses lors de son procès de béatification.

Voila quelles furent les conclusions de l’époque :

« Il n’y eut pas moins de 11 docteurs et chirurgiens pour procéder à l’examen de la dépouille. Ils ont pratiqué, à l’aide de leurs instruments, diverses incisions sur le cadavre. Toutes les recherches aboutirent à une dissection quasi complète du corps : les viscères, les organes et les tissus apparurent dans un parfait état de conservation, encore humides, fermes et élastiques au toucher.
Le cadavre était imprégné d’une sorte de fluide odorant, qui répandait des effluves persistants. »

Saint Charbel, sainte Catherine de Bologne ou saint Pacifique de Cerano ont été inhumés directement dans la terre et l’on n’a constaté aucune dégradation de leurs cadavres.

D’autres sont restés intactes dans un sol humide alors que leurs vêtements se désagrégeaient sur leur chair intacte. C’est le cas de sainte Thérèse d’Avila et sainte Catherine de Gênes.

Quand le corps de sainte Catherine Labouré fut exhumé en 1933, 57 ans après sa mort, on trouva son corps intact bien que le triple cercueil ait été rongé par la moisissure.


Bernadette de Lourdes, dans le visage est resté intact depuis sa mort en 1879

Certains de ces saints présentaient des stigmates de leur vivant, et ces saintes blessures ont été souvent préservées au-delà de la mort.


Photo ci-dessus: Catherine de Sienne (peinture de Sodoma). Toute sa vie, elle déclara souffrir des mêmes blessures que le Christ. Les marques de ces stigmates ne sont devenues visibles qu'à sa mort, en 1380. L'incorruptibilité physique a permis aux fidèles de vénérer ces stigmates pendant 200 ans

Dans ces différents cas évoqués, ce qui est troublant ce n’est pas l’incorruptibilité par elle-meme car on connaît des facteurs particuliers qui empêchent la décomposition des cadavres. Le problème c’est que ces corps ont été inhumés dans des conditions qui auraient dû normalement entraîner la putréfaction.

Le cas de saint Charbel Makhlouf

Cet ermite mourut en 1898 au monastère maronite d’Annaya, au Liban. Selon la coutume de cet ordre, son corps fut directement déposé dans la terre, sans cercueil.
Pendant plusieurs semaines, d’étranges lumières apparurent près de sa tombe. Les autorités ecclésiastiques finirent par ordonner l’exhumation 45 jours plus tard.

Le corps était intact en dépit des inondations. Le cadavre fut alors lavé et revêtu de vêtements neufs avant d’être placé dans un cercueil de bois dans la chapelle du monastère.


Charbel Makhlouf

Au bout d’un certain temps, un liquide huileux ayant l’odeur du sang frais commença à sourdre des pores du saint.
Cet épanchement devint si abondant que les vêtements durent être changés deux fois par semaine.

Les restes de saint Charbel demeurèrent dans cet état jusqu’en 1927, date à laquelle un examen médicale fut ordonné.

Le corps fut placé dans un cercueil de bois doublé de zinc, et un document contenant les observations faites par les médecins fut scellé dans un tube de zinc et déposé aux pieds du saint. Puis, le cercueil fut emmuré au milieu d’une paroi du monastère.

En 1950, des pèlerins venus visiter le sanctuaire remarquèrent qu’un curieux liquide suintait hors du mur renfermant le cercueil.

On ouvrit à nouveau le cercueil en présence d’autorités religieuses et médicales. Saint Charbel était toujours aussi bien conservé : son corps souple gardait les apparences de la vie alors que ses vêtements tombaient en lambeaux.


Thérèse Marguerite, morte en 1770. Desséché, son corps ne présente aucune putréfaction. C'est d'autant plus étonnant qu'elle est morte d'une gangrène généralisée

Le tube de zinc, par contre, était fortement corrodé.

Depuis cette date, la tombe a été ouverte chaque année et le corps soigneusement examiné. Chaque fois, il est apparu dans un parfait état de fraîcheur. Le fluide huileux, qui forme dans le cercueil un dépôt de 8 cm, est précieusement recueilli.

Mais, l’incorruptibilité n’est pas toujours religieuse. Des cas d’incorruptibilité ont été constatés sur des personnes tout à fait « ordinaires ».

Des cimetières particuliers

Certains cimetières ou lieux de sépulture ont été choisi précisément en raison de conditions naturelles propres à stopper ou ralentir le processus de décomposition.

Les catacombes de Palerme ou de Malte sont réputées pour leurs momies naturelles. Mais, ces cas sont explicables par la science. Les catacombes capucines de Palerme, en Sicile, abritent des corps ayant fait l'objet d'une momification

Les corps subissaient un processus de déshydratation, avant d'être lavés au vinaigre. Certains étaient embaumés, tandis que d'autres étaient enfermés sous scellé dans des cabines de verre.


Les catacombes capucines de Palerme

La crypte de l’église Saint Michel de Dublin semble posséder les mêmes propriétés. Un rapport de 1901 mentionne la découverte « d’un cadavre de bébé, dont les poignets dodus portaient encore les rubans blancs fanés, dont on l’avait paré pour ses funérailles ». Le cercueil portait la date de 1679. Le petit corps était parfaitement conservé.

Des théories mais aucune certitude

A la fin du XIXe siècle, le père Herbert Thurston fit la première étude sérieuse des cas d’incorruptibilité.
Il nota que les corps six phénomènes caractéristiques mais pas forcement simultanés:

La présence d’un parfum suave émanant du corps

L’absence de rigidité cadavérique

La persistance d’une certaine tiédeur du cadavre

L’absence de putréfaction

Parfois, des saignements anormaux

Parfois, la constatation post mortem d’étranges mouvements du cadavre qui ne sont pas attribués à des contractions musculaires mécaniques

Si l’on écarte l’idée d’un miracle divin, quelles sont les autres hypothèses susceptibles d’expliquer cet étrange phénomène ?

La première hypothèse est bien sûr l’embaument préalable du corps. Mais, un embaument est simple à déceler lors des examens post mortem.

Dans les cas qui nous préoccupent, aune trace d’une substance quelconque ayant pu stopper la décomposition n’a été découverte.


Momie indonesienne vieille de 250 ans

L’incorruptibilité ne peut être vraiment prouvée que lors de la première exhumation. En effet, les organes de certains saints ont été prélevés après coup pour être utilisés comme reliques sacrées.

Joan Cruz distingue trois types d’incorruptibilité physique :

Les corps volontairement conservés par embaument ou toute autre technique (momies)

Les corps préservés accidentellement ou grâce à des techniques naturelles (momies naturelles)

Les cas d’incorruptibilité authentiques et non expliquées par la science

On a émis quelques hypothèses :

Extrême sécheresse de l’air et absence de poussière. C’est le cas de la nécropole de Kiev

Rôle possible des radiations mais qui reste valable que dans quelques cas

Il existe également un phénomène appelé « saponification » qui est la transformation des tissus humains en une masse ammoniacale savonneuse tandis que l’épiderme se durcit.
Cette substance saponifiée est dite « gras de cadavre » ou « adipocire ».

On observe ce phénomène chez des cadavres inhumés dans des terrains marécageux putrides. On ignore pourquoi il intervient dans certains cas et pas dans d’autres.

La saponification, qui est une forme particulière de décomposition des lipides, n’est pas courante mais pas non plus exceptionnelle.
Ce phénomène n’est pas considéré comme miraculeux par les autorités ecclésiastiques.

La véritable incorruptibilité est très différente. Pour des raisons inconnues, un corps reste intact tandis que d’autres, à ses côtés, se décomposent.

Il faut préciser que ce « miracle » n’est pas suffisant à lui seul pour obtenir la béatification, sauf pour l’Eglise orthodoxe russe.

Il est important de souligner que ce phénomène se rencontre dans la plupart des religions et que c’est également un thème important de l’inconscient collectif.

Il existe des similitudes entre les divers cas d’incorruptibilité authentique qui sont très rares, rappelons le.

La science ne peut l’expliquer actuellement. Il est vrai que ce phénomène a laissé la communauté scientifique étrangement indifférente.

Quelles que soient nos convictions et nos croyances religieuses, peut-être devons nous nous pencher sur la nature de notre existence physique et spirituelle. Que nous soyons un jour destiné à la gloire, comme les saints, ou non, la réalité n’est peut-être pas celle que nous percevons.

Entre la vie et la mort, il nous reste à comprendre l’essence de la réalité elle-même.