Sport et Olympisme -

Sport et olympism -Entraînement et hygiène de l'athlète

Publié à 15:37 par acoeuretacris Tags : sport
Sport et olympism -Entraînement et hygiène de l'athlète

Entraîneur

 

Conseils aux athlètes

 

Tous les auteurs tombent d'accord sur un point : devenir athlète olympique demande de l'endurance, de la ténacité et de solides qualités morales.
L'entraînement était en effet extrèmement dur et celui qui avait travaillé pour obtenir une place aux jeux n'était jamais sûr d'être choisi.

 

Épictète, Manuel XXIX
L'entraînement pour les jeux.

 

1. Pour tout ce que tu entreprends, examine les tenants et aboutissants avant de passer à l’action. Sans cela, tu seras d’abord plein de zèle, parce que tu ne penseras à rien de ce qui va s’ensuivre, et puis, dès que surgiront les difficultés, tu abandonneras lâchement la partie.

2. Tu aimerais être vainqueur aux Jeux olympiques ? Moi aussi, par les dieux ! Gagner aux Jeux, c’est bien agréable ! Mais, avant de te lancer, examine un peu les tenants et aboutissants : l’abstinence sexuelle, le régime, le renoncement aux friandises, les exercices sous la contrainte et aux heures réglementaires, qu’on cuise ou qu’il gèle. Il ne faut pas boire frais ; dans certains cas même pas de vin, s’en remettre entièrement à son entraîneur comme à un médecin ; ensuite, en luttant, piétiner dans la poussière au coude à coude avec son adversaire, parfois se démettre un poignet, se tordre la cheville, et peut-être recevoir le fouet pour finalement être vaincu.

3. Pense à tout cela et après, si tu en as encore envie, entre dans la carrière. Sinon, tu ne seras qu’un gamin qui joue tantôt aux lutteurs, tantôt aux gladiateurs, tantôt aux sonneurs de trompette, tantôt aux acteurs de tragédie. Un jour tu seras athlète, un autre gladiateur, un autre rhéteur, un autre philosophe, mais jamais tu ne seras rien à fond. Comme un singe, tu imiteras tout ce que tu vois, et tu choisiras tantôt une chose, tantôt l’autre. Car tu ne te seras pas mis à la tâche après réflexion, en ayant fait le tour de la question, mais au petit bonheur, poussé par une éphémère envie.

4. C’est ainsi que d’aucuns, en voyant un philosophe, en l’entendant parler comme Euphrates (et pourtant, qui pourrait se vanter de parler comme lui ?), veulent aussitôt se lancer dans la philosophie.

5. Mais, mon brave, il faut d’abord examiner ce dont il s’agit ! Bien observer ton caractère pour voir si tu pourras tenir. Tu as envie d’être champion au pentathlon ou à la lutte ? Regarde tes biceps, tes cuisses, tes reins. Nous ne sommes pas tous doués pour les mêmes choses.

6. Crois-tu, en te mettant à la philosophie, que tu pourras boire et manger comme à présent, céder à tes désirs et te laisser emporter par la colère comme à présent ? Il te faudra veiller, souffrir, quitter tes proches, endurer le mépris d’un petit esclave, être tourné en dérision par les passants et, toujours, avoir le dessous, qu’il s’agisse d’honneurs officiels, du pouvoir, de procès, ou d’autres affaires de même farine.

7. Voilà ce qu’il te faut examiner. Seras-tu prêt, alors, à payer de ce prix l’insensibilité aux émotions, la liberté, la sérénité ? Si c’est non, Il ne va pas plus loin. Ne sois pas, comme les enfants, philosophe un jour, percepteur impôts le lendemain, et puis rhéteur, et puis encore procurateur de César : tout cela ne fait pas bon ménage ! Il faut que tu sois un ; bon ou mauvais, il te faut cultiver ou bien la part qui dirige ton âme, ou alors tes biens matériels ; consacrer tes efforts au dedans ou au dehors ; c’est-à-dire régler ta vie en philosophe ou en homme ordinaire.

 

Menu de l'athlète

 

Jusqu'au 5ème siècle, pendant la période de 30 jours où ils s'entraînent à Élis sous la surveillance des hellanodices, tous les athlètes reçoivent la même nourriture faite de pain d'orge, de bouillie de froment, de noix, de figues sèches et de fromage frais.

C'est au milieu du 5ème siècle que l'entrîneur Dromeus de Stymphale, lui-même ancien vainqueur olympique, invente un régime carné pour que les athlètes aient de meilleures performances.

 

L'entraînement intensif et la soif de vaincre poussaient les athlètes à adopter un régime spécifique.

Aux origines, les athlètes se nourrissaient exclusivement de pain peu fermenté et peu cuit. Bientôt s'ajoutèrent à ce régime très strict du fromage et des figues sèches.

Au Ve siècle avant J.-C., un champion, Dromeus de Stymphale, eut l'idée de suivre un régime à base de viande, et celle-ci devint dès lors le principal aliment des athlètes. Les viandes n'étaient jamais bouillies mais consommées en grillades saupoudrées de fines herbes comme l'aneth. Les gâteaux étaient proscrits de même que les boissons froides. Galien prétend que les athlètes ne buvaient pas de vin «immédiatement après leur exercice», ce qui n'exclut pas qu'ils aient pu en consommer, fortement mêlé d'eau, lors des repas.

 

Les repas duraient longtemps car les athlètes mangeaient beaucoup et lentement. D'où une image très négative de la gloutonnerie des athlètes, accentuée par la légende : on racontait que le célèbre Milon de Crotone avalait en un repas 20 mines de viande, soit 8,6 kg de viande ! En réalité ce gavage ne concernait que les athlètes de combat. Les coureurs et les pentathlètes étaient sveltes et beaux.

 

Hygiène

 

L'exercice a lieu alors que l'athlète est à jeun. L'athlète prend un bain avant la séance d'entraînement, puis s'enduit le corps d'huile. Après l'entraînement, l'athlète prend un nouveau bain ou à des ablutions.

On connaissant également la pratique du massage - plusieurs vases présentent des athlètes en train de se faire masser le dos -, car on veillait particulièrement à la souplesse des athlètes.

 

Les vases nous montrent aussi que les jeunes gens possédaient tout un nécessaire pour leurs ablutions :
- de petits aryballes pour l'huile
- des strigiles pour gratter la poussière
- parfois même des éponges.

Entraînement général

 

Si tous les hommes en âge de s'entraîner ne manquent pas de fréquenter la palestre, l'entraînement des athlètes de haut niveau demeure en partie différent et bien plus rigoureux.
L'athlète qui va participer aux jeux olympiques doit d'abord se préparer pendant dix mois dans sa ville natale. Puis, un mois avant les jeux, il rejoindra Elis pour un entraînement particulier de 30 jours.

Pour cet entraînement, les jeunes gens disposaient d'un matériel qu'on voit sur de très nombreux vases : disque (dans son sac), haltères, pioche pour arranger la piste, baguettes pour mesurer...

 

Entraînement particulier

 

Pendant cette dernière période, les athlètes reçoivent tous la même nourriture, du moins jusqu'au 5ème siècle ; ils dorment à même le sol sur des peaux de bêtes.
Les entraîneurs n'ont plus le droit d'intervenir et ce cont alors les hellanodices qui veillent à tout et punissent, rudement parfois, les athlètes pour tout manquement. Ce sont encore eux qui effectuent le choix final des athlètes qui auront l'honneur de concourir.

 

Les entraîneurs

 

De nombreux médecins, notamment Hippocrate et Galien, eurent à s'opposer à ces entraîneurs qui se souciaient plus des performances que de la bonne santé des athlètes. Galien écrit que "ceux qui ont échoué sur les pistes du stade deviennent entraîneurs" ; certains mêmes se lancent dans la rédaction d'opuscules sur les massages ou la santé.

 

Sport et olympisme - Les diverses épreuves

Publié à 15:09 par acoeuretacris Tags : sport
Sport et olympisme - Les diverses épreuves
LES ÉPREUVES GYMNIQUES
  • Les courses : le stade, le diaulos, le dolichos, la course en armes ; la course de jeunes filles
  • Le pentathle : course, disque, javelot, saut, lutte
  • La lutte, la boxe et le pancrace

LES COURSES DE CHEVAUX

  • chevaux attelés
  • chevaux montés
  • courses diverses

 

  • LES CONCOURS ARTISTIQUES
    • cithare et lyre
    • flûte
    • oeuvres littéraires

       

 

Sport et Olympisme- Organisation des Jeux Olympiques

Publié à 14:55 par acoeuretacris Tags : sport
Sport et Olympisme- Organisation des Jeux Olympiques

Athlète couronné

 

"Peut participer aux Jeux
tout Grec
libre de condition
non coupable de crime
et non chargé de malédiction divine.

Que le monde soit délivré du crime
et de l'assassinat
et exempt du bruit des armes"

 

La Trève sacrée

Elle intervient lors de la tournée que font les spondophores qui vont à travers la Grèce et les colonies grecques annoncer la Trêve sacrée:
Peut participer aux Jeux Olympiques tout Grec libre de condition, non coupable de crime et non chargé de malédiction divine. Que le monde soit délivré du crime et de l’assassinat et exempt du bruit des armes".

Ainsi les hostilités étaient-elles suspendues pour deux mois, le temps que ceux qui désiraient assister aux Jeux se rendent à Olympie. Ceux qui étaient coupables d’avoir enfreint la Trêve étaient exclus des Jeux ; ainsi les Lacédémoniens en 420 , et les Athéniens en 332. Ils devaient payer une amende qui servait à embellir le temple de Zeus.

 

L'entraînement des athlètes

Une des conditions de participation aux Jeux réside dans l’entraînement de 10 mois dans leur ville natale prescrit aux athlètes . A la suite de cette période, les athlètes devaient s’entraîner à Elis un mois, juste avant le début des Jeux. Cet entraînement se doublait souvent d’un régime. Sur la plupart des vases on remarque que l’athlète à l’entraînement porte deux petites masses aux mains : elles servent soit pour la musculation, soit pour l’entraînement lors des sauts. La séance d’entraînement suivait tout un rituel : on prenait un bain, on s’enduisait le corps d’huile ; après la séance, on se nettoyait avec les strigiles, puis on prenait un bain.

 

Sur les représentations figurées, on remarque bien souvent la présence de l’entraîneur qui avait une grande importance : il réglait la progression de l’athlète, mais aussi l’aidait à perfectionner son style , car les Grecs étaient épris de beauté. Mais à Olympie ce sont les hellanodices qui surveillent rigoureusement cet entraînement ; normalement tous les athlètes doivent manger la même nourriture - sans viande ,jusqu’au 5ème siècle -, ils doivent dormir sur des peaux de bêtes a même le sol. Les infractions sont punies par des peines allant de la réprimande au fouet. Les entraîneurs particuliers doivent se soumettre à l’avis des hellanodices. De nombreux athlètes ne passent pas l’épreuve de cette “sélection”.

 

La préparation de la fête

Puis c’est la procession de 57 km qui conduit en deux jours les athlètes jusqu’à Olympie. Petit à petit une foule immense s’ est rassemblée dans les environs de la ville d’ Olympie de nombreux marchands accourent pour profiter de cet afflux de population. C’est enfin l’occasion pour les plus riches de faire étalage de leur richesse ...

 

Le déroulement de la fête et des épreuves

La fête s’ouvre par une grande procession qui pénètre dans l’Altis - trompettes , hellanodices vêtus de pourpre , prêtres et victimes pour les dieux , délégations officielles -.
On sacrifie aux dieux , puis on prête le serment Olympique.

Puis c'est le temps des compétitions, qui, dans les origines, sont ainsi organisées.

 

- Le premier jour , le dromos , la course à pied sur les 192,27 mètres du stade. On court dans la direction du temple de Zeus. Le vainqueur peut allumer la flamme de l’autel de Zeus (terme premier de la course) , et donne son nom à l’olympiade: il est donc comblé d’honneurs particuliers.

 

- En 724, on crée le diaulos ou double stade : l’arrivée se fait aussi vers le temple de Zeus.

 

- En 720, on introduisit le "dolichos", la course de fond d’abord de huit, puis de dix de douze et de 24 stades (24 x 192,27m = 4614,48m). Cette course était très dure si l’on considère les conditions climatiques de la Grèce au mois de Juillet.

 

Les coureurs sont entièrement nus ; des cales leur permettent de prendre un départ sans glisser. On peut encore les voir encore dans les stades d' Olympie et de Delphes. Les concurrents sont engagés par séries de quatre et par élimination progressive. Les hellanodices désignent le vainqueur.

 

- Le second jour est ordinairement consacré à la lutte, à la boxe et au pancrace

 

- Le troisième jour est réservé aux courses de chevaux. La première course instituée fut celle de char à quatre chevaux. On créa ensuite la course de biges ; puis de biges attelés de mulets interrompue pour diverses raisons ; puis de juments dont on devait descendre dans le dernier tour et que l’on devait conduire par le mors en courant jusqu’à l’arrivée; puis de poulains; puis de triges ... Il existait encore des courses de chevaux montés.

 

- Le quatrième jour est celui du pentathlon : concours de course, saut, lancement du disque, du javelot et de la lutte. Il semble bien que les quatre premières épreuves s ‘ accomplissaient parallèlement, suivies de la lutte qui était l’épreuve décisive finale.

 

- Le dernier jour des compétitions était réservé aux “enfants”. Les épreuves étaient partiellement différentes de manière à les rendre possibles. Les courses de jeunes filles avaient lieu dans le cadre du culte à Héra.

 

Le public , les couronnes , les fêtes

 

Le public venait de toutes les régions de la Grèce. Les esclaves ne pouvaient assister aux Jeux. Les femmes mariées étaient exclues du territoire sacré ; mais les jeunes filles pouvaient circuler dans l’ Altis, sans pour autant assister aux Jeux. Pausanias rapporte comment la mère d’un athlète s’introduisit, déguisée, pour voir gagner son fils. Elle ne dut son salut qu'à son appartenance à une grande famille d’ olympioniques : son père, ses frères et son fils avaient été vainqueurs aux jeux. C’est à partir de cette date qu’il fut décidé que les maîtres d’exercice ne pourraient paraître aux Jeux que nus.

 

C’est une couronne d’olivier sauvage qui récompensait les vainqueurs. On la leur remettait le dernier jour des cérémonies olympiques. On proclamait le nom, le patronyme et la ville natale du vainqueur. Les noms des vainqueurs étaient soigneusement consignés dans des registres ouverts à cet effet. Puis on sacrifiait aux dieux avant le banquet offert dans le Prytanée.

 

Au retour dans la patrie, les honneurs redoublent. On peut faire composer un hymne par un grand poète (Pindare, Bacchylide). Cet Hymne sera chanté solennellement lors de fêtes nationales. On peut faire dresser la statue du héros national. Les plus grands vainqueurs reçoivent l’autorisation de faire dresser leur statue dans l’ Altis. A Athènes, les honneurs se doublent de cadeaux en nature et en argent ; à Sparte, les vainqueurs avaient le droit de combattre auprès du Roi.

 

Les fêtes olympiques étaient l’occasion d’un immense rassemblement (50 000 personnes parfois). Aussi d’autres manifestations se greffaient-elles sur ces Jeux. Les poètes et les écrivains venaient y lire leurs oeuvres, Alexandre le Grand y fit proclamer des décrets. Enfin les sculpteurs étaient attirés par les commandes qui pouvaient leur être faites. Phidias, Myron , Polyclète, Scopas eurent leur atelier à Olympie. Le sport et l’art trouvent alors un lien que les nombreux vases et quelques statues nous font entrevoir.

 

Les spectateurs étaient invités à des festins où leur était servie la viande des animaux sacrifiés. Certains banquets étaient offerts par les riches vainqueurs : Alcibiade, en 416, restaura des milliers de spectateurs. Les festins pouvaient durer toute la nuit.

 

L’esprit des Jeux

 

Pour l’homme grec, il n’y a pas de rupture entre la culture de l’esprit et celle du corps. L’idéal d’équilibre que l’on entrevoit dans la Grèce trouve dans les Jeux Olympiques une expression parfaite, - avant que des intérêts mesquins ne viennent troubler cet équilibre.

 

- Les Jeux sont liés au culte des dieux. C’est la divinité qui est honorée par la compétition; l’homme doit donc s’effacer derrière les dieux qui seuls donnent la victoire.

 

- .Les Jeux ne sont pas la seule expression de la force, ils sont aussi celle de l’intelligence et de la loyauté. L’idéal aristocratique de la fermeté d’âme, du courage, de l’endurance préside aux Jeux jusqu’au 5ème siècle avant J.-C. Mais il n’y a pas, semble-t-il, d’idée de “performance’ ; on ne savait pas mesurer le temps avec assez de précision pour que cela eût un sens. La seule “performance” est celle de la multiplication des victoires aux différents concours. Les inscriptions en donnent la liste selon un ordre immuable. Pausanias évoque d’une manière semblable la carrière des “grands” athlètes, comme Milon de Crotone.

 

- .Mais cet esprit disparaît avec le professionnalisme. Euripide et Isocrate nous rapportent cette mutation - encouragée pour une part sans doute par le caractère de plus en plus aristocratique des courses de chevaux. Le mépris exprimé par le fils d’Alcibiade est révélateur. On voit aussi dans les textes de Pausanias que la force était parfois utilisée pour accomplir des sortes de tours de foire. Cet aspect devait exister.

 

- L’on se doit aussi de rappeler qu’il y avait dans l’Antiquité des tricheurs qui essayèrent de payer leurs adversaires pour emporter la victoire et l’honneur. Les Zanes ou statues de Zeus, sont là pour manifester la honte de ces tricheurs et rappeler le sens du concours olympique. Pausanias rapporte quelques anecdotes pleines d’intérêt quand il nous décrit ces statues. Elles permettent surtout de se faire une idée assez précise de l’ensemble des règles qui concernent les Jeux.

 

Quelques règles

 

- Ne peuvent participer aux Jeux que les citoyens Grecs libres ; sont donc exclus les Barbares et les esclaves.

 

- Sont exclus les repris de justice, les sacrilèges et tous ceux qui refusent de payer les amendes infligées par les hellanodices.

 

- Tout retardataire est exclu ; les mauvaises raisons de ces retards sont stigmatisées .

 

- Les concurrents doivent se faire inscrire dans des délais prévus et passer un examen préparatoire.

 

- Pendant les Jeux, il est interdit de tuer son adversaire, volontairement ou involontairement, sous peine de perdre le prix et d’être astreint à une amende.

 

- Il est interdit d’avoir recours à la corruption. Si l’on essaie de corrompre les juges, on est passible du fouet.

 

- Il est interdit de protester contre la décision des Juges en public, mais l’on peut faire appel devant le Sénat Olympique.

Pour faire respecter ce code, les hellanodices sont assistés de fonctionnaires de police: les rhabdouchoi , les porteurs de baguettes, qui fouettent les auteurs d’infractions ; et les alytai, surveillants de police.

Sport et Olympisme- Origine et développement

Publié à 14:32 par acoeuretacris Tags : sport
Sport et Olympisme- Origine et développement

Discours olympique de Lysias (380 av J.C.)

 

Comme toutes les grandes institutions grecques,
les Jeux Olympiques
ont une origine légendaire.

 

Dans son Discours Olympique, l'orateur Lysias attribue la création des Jeux à Héraclès

(Lysias, fils d'un riche métèque marchand d'armes, Céphalos, est né vers 440 av. J.-C.. Il passa une partie de sa jeunesse à Thurioi, près du golfe de Tarente, mais revint à Athènes en 413.
Lysias et ses frères étaient très riches. Lors de la prise de pouvoir par les Trente, en 404, son frère Polémarque fut mis à mort. Lysias lui-même n'échappa que par la fuite. Les biens de leur famille furent pillés.
De retour dans sa patrie, il ne put obtenir réparation, et, à partir de 400, Lysias se consacra au métier de logographe et composa plus de 200 discours. Nous en possédons 35 dont 25 sont assurément de lui, notamment, vers 401 Contre Diogiton ou, vers 395 Sur l'olivier.
Il mourut vers 360, âgé de plus de 80 ans.)

 

Traduction du discours de Lysias

Héraclès, fondateur des jeux.

 

Parmi tant d'autres oeuvres, citoyens, il est juste de célébrer Héraclès en particulier, parce que,  le premier, par bienveillance pour la Grèce , il a rassemblé (les Grecs) pour ce concours.

Dans l'époque précédente, les cités étaient divisées entre elles : lui, après avoir mis fin aux tyrans et réprimés ceux qui faisaient preuve de violences,  il institua ce concours de force physique, d'émulation de richesse et déploiement de l'intelligence dans le plus beau des lieux de la Grèce, afin que nous nous réunissions dans un meme lieu pour toutes ces merveilles ; pour voir les unes, entendre les autres ; il pensait en effet que le rassemblement en ce lieu serait le début de l'amitié des Grecs les uns pour les autres .

 

776 avant J.-C.
 

D'autres rapportent des traditions diverses.  Ainsi Pausanias et Strabon.

 

Pausaniasvécut au 2ème siècle après Jésus-Christ et il écrivit une sorte de guide,
Le Tour de la Grèce, en 10 livres.

L'auteur part de l'Attique, puis il parcourt en détail le Péloponnèse. Dans chaque cité où il s'arrête, il visite les monuments, raconte leur origine, rapporte les légendes et les récits qui s'y rattachent : ces détails constituent une source importante de connaissance des lieux antiques

 

L'oeuvre de Pausanias n'est pas dénuée de valeur scientifique, car, bien souvent, il transcrit les inscriptions qu'il voit sur les sites, et explique le sens de tel ou tel culte.
Son étude de Delphes et d'Olympie sont donc d'une grande importance pour nous : grâce à lui nous pouvons reconstituer ce que furent véritablement les grands monuments antiques, comme la statue de Zeus qu'il décrit longuement.

 

Les Études géographiques de Strabon, qui appartient à l'époque d'Auguste (vers 64 av. J.-C. - vers 23 ap. J.-C.), constituent une géographie universelle du monde antique en 17 livres.
Quoique Strabon ait peu voyagé, sa conception est vraiment géographique : l'auteur décrit le plus souvent le climat, le relief, l'hydrographie des régions qu'il présente. Il montre également comment ces conditions expliquent le rôle historique des peuples.

 

Quoi qu'il en soit, la date "officielle" de la création de la fête olympique est bien 776. Selon la tradition rapportée par Apollodore, elle commémore la victoire de Pélops sur Oenomaos, le roi de Pise, dont il voulait épouser la fille Hippodamie.

Pendant deux siècles, les Jeux Olympiques sont une institution régionale du Péloponnèse. Ces premiers temps sont marqués par la rivalité de l' Élide - avec les deux cités de Pise et d'Élis - et de la Laconie. Très vite c'est Sparte qui dominera les jeux.

Le développement des Jeux apparaît dans les diverses épreuves créées:

 

776 - 1ère olympiade : course de vitesse
724 - 12ème : course double
720 - 13ème : course de fond
708 - 18ème : lutte et pentathle
688 - 23ème : pugilat
680 - 25ème : course de chevaux
648 - 33ème : pancrace - course de chevaux montés
632 - 37ème : course pour enfants
628 - 38ème : pentathle pour enfants
616 - 41ème : pugilat pour enfants
520 - 65ème : hoplitodrome (course en armes)

 

Entre temps, en 576, Sparte renonce à imposer sa tutelle à Olympie, et l'influence d' Athènes grandit ; les colonies de Sicile notamment prennent une part active aux jeux : c'est une manière pour ces cités d'affirmer leur appartenance à la communauté grecque.

 

Mais on doit noter également que l'ancien esprit aristocratique disparaît. Alors que le vainqueur ne recevait, jusqu'au 5ème siècle, qu'une couronne de laurier sauvage, il bénéficie désormais de bien d'autres avantages.

 

En 420 cependant Sparte est exclue des jeux
En 365, la cité est d'Olympie est prise par les Arcadiens
En 324, Alexandre le Grand fait proclamer la paix à Olympie

 

En 313, la ville est pillée pour la première fois par Télesphore.

 

La ville connaît alors une première période de décadence. Non seulement les pillages se succèdent, mais c'est l'esprit des jeux qui se corrompt : les athlètes deviennent de plus en plus des professionnels à la recherche du gain, et le public réclame des épreuves de plus en plus spectaculaires.

 

D'autres jeux sont créés, à l'image de ceux d'Olympie : Dans l' Égypte lagide, quand Ptolémée II proclame dieu son père défunt en 283, il crée en son honneur les Ptolemaia, "concours pentétériques, isolympiques" (célébrés pour la première fois sans doute en 279/278). A cette occasion les Athéniens envoient une délégation conduite par Callias, dans le cadre des cérémonies funèbres en l'honneur de Ptolémée 1er - avant la reconnaissance officielle des fêtes pentétériques -.( Pierre Cabanes, Le monde hellénistique, Seuil).

 

En 146 av. J.-C., la Grèce passe sous la domination des Romains qui n'apprécient que modérément ce type de jeux. Sylla, plus tard, pense à supprimer les jeux d' Olympie pour les transporter à Rome.

 

L' Empire redonne de la vigueur aux Jeux.
On instaure le culte de César, Tibère fait courir un quadrige, Néron paraît en personne aux célébrations olympiques.

 

Mais désormais, dans tout le bassin méditerranéen, les cités ont créé des Jeux, et les athlètes professionnels vont de cité en cité accumuler les victoires et les richesses.
A partir de 281 après J.-C., nous ne possédons plus le noms des vainqueurs olympiques.

 

En 393 ap. J.-C. l'empereur Théodose 1er interdit tous les jeux païens
En 426 ap. J.-C. Théodose II ordonne la destruction du temple d'Olympie.
La ville est incendiée

 

Un premier tremblement de terre en 522 ajoute à la ruine du site.
Elle est totale après le tremblement de terre de 561 ap. J.C.

 

Sport et Olympisme - Présentation

Publié à 13:58 par acoeuretacris Tags : sport
Sport et Olympisme - Présentation

Entrée du stade d'Olympie

 

Les Jeux Olympiques ont été créés en Grèce en 776 avant Jésus-Christ. Il s'agit d'un événement considérable à bien des titres. En effet, s'il existait déjà de nombreuses fêtes qui permettaient d'exalter les qualités physiques et morales des athlètes, la création de ces jeux revêt un sens tout particulier :elle est l'affirmation d'une identité, celle de la Grèce, conçue comme une culture avec une religion commune, des valeurs reconnues par tous, un idéal..

 

Les textes permettent parfaitement de comprendre à la fois les traits communs de cette culture et l'évolution de l'institution qui l'exprime : ce sont ces textes que nous voulons principalement offrir ainsi afin que chacun puisse, au delà des légendes et des anecdotes, comprendre l'idéal qui s'est développé dans cette petite région du Péloponnèse, pendant plus de 10 siècles.

 

Il faut tout d'abord saisir l'importance du phénomène religieux. Les jeux sont toujours rattachés à un culte et la célébration de la fête olympique est d'abord une cérémonie religieuse :on part du temple et l'on revient vers le temple pour consacrer sa couronne ; on accomplit des sacrifices qui aboutissent à des banquets qui ont eux aussi, toujours, un caractère religieux. La statue de Zeus d'Olympie est au centre de l'Altis, et participer aux jeux sera donc une affirmation de ce partage d'une même religion.

 

La participation aux jeux est ensuite liée à une organisation politique, celle de la Grèce des cités. L'athlète représente sa cité tout autant qu'il honore sa propre famille. On comprendra alors que la disparition de la liberté en Grèce altère profondément le sens des jeux, les privant d'une dimension fondamentale.

 

Il faut comprendre encore tout le système de valeurs qui se construit à partir de ces épreuves : les Grecs vont y affirmer pendant longtemps un idéal "aristocratique" de la pratique sportive : la victoire tant espérée dans le concours n'est pas le seul but de l'épreuve ; et cette victoire n'a pas de sens si elle n'est pas obtenue selon des règles très précises, règles d'hygiène d'abord, mais aussi règles morales.

 

Enfin il convient de souligner que ces jeux expriment le goût des Grecs pour le Beau. Les jeux exaltent la beauté des corps, liée nécessairement pour les anciens à la beauté morale,- les vases qui représentent ces épreuves en sont une preuve éclatante -, la beauté des gestes, et, au delà, un goût pour tout ce qu'il y a de beau, puisque les jeux gymniques seront toujours accompagnés d'autres concours, musicaux et littéraires.

 

Étudier les jeux olympiques - ainsi que les autres panégyries qui comportent un concours sportif - permet donc d'entrer très profondément dans l'étude de la civilisation de la Grèce ancienne et d'en saisir des aspects tout à fait essentiels.