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Date de création : 27.11.2008
Dernière mise à jour : 08.02.2013
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Histoire - Antiquité -

Histoire - Antiquité - grecs,romains - Les Hilotes -

Publié à 10:57 par acoeuretacris Tags : histoire antiquité grecs romains hilote
Histoire - Antiquité - grecs,romains - Les Hilotes -
Jeune esclave présentant une boîte à bijoux à sa maîtresse assise, stèle funéraire, vers 430-410 av. J.-C., British Museum


La civilisation grecque n’a pas échappé à l’esclavage. C’était une règle fondamentale des sociétés antiques.
Cependant, à Sparte, les esclaves baptisés hilotes, vivaient dans des conditions particulièrement effroyables.


Sparte : la guerrière

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Sparte (Grèce)

Fondée par les Doriens dans le Péloponnèse, Sparte, appelée aussi Lacédémone, a mis en place des institutions très singulières.
Cernée par des peuples ennemis qui convoitent son territoire, la ville s’est très tôt organisée en une société militaire.
Tous les enfants étaient enrôlés très jeune dans l’armée. Les tâches subalternes comme l’agriculture ou le commerce, étaient confiées à une catégorie sociale qui n’avait aucun droit de cité.
En effet, à Sparte, il existait deux catégories d’individus méprisés par les spartiates :
  • Les périèques : hommes libres soumis aux spartiates qui étaient artisans ou commerçants
  • Les hilotes : esclaves auxquels il incombait les travaux ingrats

Naissance des hilotes

Les historiens ne savent pas précisément comment la catégorie des hilotes est née. A cette époque, les esclaves étaient souvent des ennemis battus.

On pense que les hilotes étaient les descendants de ces populations primitives battues lors de l’invasion dorienne.

D’autres historiens pensent au contraire que cette catégorie était issue du même groupe ethnique que les Lacédémoniens.

En principe, les esclaves antiques appartenaient à des familles. A Sparte, les hilotes sont la propriété de l’Etat. C’est lui qui les répartit en fonction des besoins et notamment aux travaux des champs.
Les hilotes ne peuvent être vendus et leur condition est héréditaire.


Des conditions de vie effroyables

Les hilotes servaient de contre modèle aux jeunes Spartiates. Par exemple, lors des repas communautaires (syssities), des hilotes étaient enivrés afin de montrer aux jeunes les méfaits de l’ébriété.



Un Spartiate montre un hilote ivre à son fils (peinture de Sabbate, Paris, Ecole des Beaux-Arts)


Une pratique bien plus inhumaine, appelée crypteia, faisait partie de l’éducation des jeunes. Il s’agissait d’une vraie partie de chasse où le gibier n’était autre qu’un hilote

hilote-2160bac.jpg.
L’esclave était lâché dans la campagne et les futurs guerriers avaient pour missions de le débusquer avec le droit de l’égorger.

Les jeunes pouvaient par la même occasion prouver leur force et leur intelligence en égorgeant tous les hilotes, surtout les plus robustes, qu’ils trouvaient sur leur chemin.


La révolte des hilotes

En 464 avant notre ère, les hilotes profitent d’un tremblement de terre particulièrement violent pour se révolter.
Profitant de la panique générale, ils s’insurgent. Mais, cette révolte est rapidement matée dans le sang.

Les survivants se réfugient dans des cités voisines pour les rallier à leur cause. Malheureusement pour eux, les phalanges spartiates très expérimentées finissent par remporter la victoire.

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Soldats poursuivant des hilotes (détail d'un sarcophage, musée du Vatican)

Les derniers hilotes s’installent sur le mont Ithôme, en Messénie. Cette montagne est imprenable. Après plusieurs essais infructueux, les Spartiates font appels aux forces athéniennes.
Le siège dure plusieurs semaines et finit par venir à bout de la résistance hilote. Les hilotes meurent au combat ou sont exécutés.

Cependant, cet héroïsme a permit aux générations futures de comprendre que la Grèce n’était pas le modèle de civilisation si souvent montrée en exemple.

Histoire - Antiquité-grecs,romains-Civilisation Mycénienne

Publié à 10:10 par acoeuretacris Tags : civilisation mycénienne grec romain antiquité histoire
Histoire - Antiquité-grecs,romains-Civilisation Mycénienne

 

Les héros et les dieux de la Grèce antique nous fascinent. Mais, 1000 ans avant Périclès et la Parthénon, qui furent les premiers Grecs ?
L’âge du bronze en Grèce ( 3000-1050 avant notre ère environ) se divise en trois périodes :
  • Le bronze ancien (3000-1900 avant notre ère environ)
  • Le bronze moyen (1900-1600 avant notre ère environ)
  • Le bronze récent (1600-1050 avant notre ère) : C’est durant cette dernière période que s’épanouit la première civilisation grecque, connue sous le nom de civilisation mycénienne.
A partir de 1450 avant notre ère, la civilisation mycénienne domine la Grèce. Les Mycéniens édifient des forteresses, comme Mycènes ou Tirynthe, dans les plaines côtières.
Mycènes est la forteresse la plus célèbre qui est sortie de l’oubli en 1876 grâce à Heinrich Schliemann, fasciné par les poèmes épiques d’Homère, qui pensait avoir découvert la ville de Troie.


La civilisation mycénienne

Jusque vers 1400 avant notre ère, la Grèce et la Crète sont dominées par les Minoens. La civilisation minoenne a construit, en Crète, les célèbres palais de Cnossos ou de Phaistos qui sont attribués au légendaire roi Minos.



La célèbre fresque des dauphins dans le palais de Cnossos. Image Nenyaki


Plusieurs tremblements de terre ont déjà détruit les palais crétois qui ont été aussitôt reconstruits.
Mais, l’éruption de Santorin (l’antique Thêra) détruit définitivement les palais ainsi que la civilisation minoenne vers 1400 avant notre ère.
Les premiers Grecs, les Achéens,  submergent le monde égéen, où ils prennent la place de la Crète, après la destruction de ses palais.

Ils imposent leur langue, le grec, qu’ils transcrivent en adaptant les caractères crétois, inventant ainsi une nouvelle écriture, le linéaire B.


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Tablette en linéaire B. L'écriture comporte des pictogrammes qui sont complétés par par une syllabe ou un symbole numérique. Image Mitko-Denev (Musée archéologique d'Athènes)


L’avance de cette civilisation est marquée par la diffusion d’une céramique au décor géométrique et par celle de la fibule métallique, servant à fixer leurs vêtements.

Sous l’influence mycénienne, l’habitat se transforme, s’organisant autour d’une pièce dont le centre est occupé par un foyer, un orifice percé dans le toit y faisant office de cheminée.

Contrairement au palais crétois ouvert sur une cour centrale, le palais mycénien est refermé sur lui-même, et centré sur la salle du trône, le mégaron.

Plusieurs forteresses, aujourd'hui en ruines, montrent la puissance de cette civilisation: Mycènes, Tirynthe et Pylos notamment.


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Baignoire découverte à Pylos. Image Alun Salt


Les Mycéniens prennent grand soin de leurs morts. Les tombes qui sont implantées au cœur des palais et des villages, traduisent l’importance du clan et de la famille.

Les tablettes en linéaire B, alphabet syllabique de 87 signes déchiffrés dans les années 1950, parlent de divinités très différentes de celles de la Crète.


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Mycènes se situe en haut d'une colline et domine toute la plaine. Image Nick Stenning


Les Achéens vénèrent déjà Zeus, Héra, Poséidon, Hermès, Athéna, Artémis et Dionysos, qui seront les principaux dieux de la Grèce classique.

Les dieux mâles sont désormais essentiels, alors qu’en Crète, ils étaient simplement associés aux divinités féminines de la fécondité. Ce changement démontre que la force guerrière prédomine.


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Tirynthe. Image Peuplier


La civilisation mycénienne prospéra tellement, qu’entre 1400 et 1200 environ, elle devint la superpuissance de la Grèce continentale.

L’émergence d’une lignée de rois guerriers pourrait être à l’origine de ce formidable essor. Les tablettes ont largement confirmé la primauté du monde de la guerre.
Les inventaires d’armes y sont nombreux : arcs, flèches, frondes, lances, javelots, épées, rapières, dagues et poignards permettaient d’attaquer.

Pour se protéger, les hommes portaient des casques de cuir décorés de défenses de sanglier, des plastrons en lin renforcés de plaquettes de métal, des couvres-joues, des couvres-bras, des jambières et des boucliers.


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Arme en bronze mycénienne. Image Unforth


La plupart de ces pièces étaient en bronze.

Les Mycéniens possédaient des navires de guerre et surtout des chars ce qui leur donnait un grand avantage lors des combats.

Les Mycéniens étaient des guerriers mais également des commerçants. Le délicat travail des artisans a sans doute permit d’élargir les contacts commerciaux en Méditerranée.
En effet, ils participaient activement aux échanges commerciaux reliant l’Egypte, le Levant et l’Anatolie aux civilisations égéennes.

Les découvertes faites dans les différentes forteresses ont fourni de précieux renseignements sur cette société.
Au sommet de la hiérarchie se trouvait le roi, le wanax, secondé par un lawagétas, sorte de grand vizir ou commandant en chef des troupes royales.
C’était donc l’homme fort de ce régime bicéphale.


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Masque funéraire en or dit"d'Agamemnon". En réalité, ce masque est celui d'un des premiers princes de Mycènes. Image Alun Salt


En dessous des deux dirigeants, se trouvaient les hauts dignitaires, les aristocrates et els fonctionnaires du palais.
Le télestai était un inspecteur des impôts.

De nombreuses informations étaient consignées sur les tablettes d’argile : nombre d’enfants à Mycènes, quantité de cochons livrés au palais, liste des offrandes faites aux divinités.


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Masque funéraire. Ces masques avaient pour fonction de conserver les traits du défunt. Image Siyad Ma


Ainsi à Mycènes régnait une bureaucratie tatillonne et bien organisée. Le rôle de l’écriture y était déterminant mais cette dernière restait l’apanage de la caste des scribes.
Il est fort probable que la grande majorité de la population, y compris les hauts membres, était illettrée.


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Tirynthe. Image Peuplier


Les plus déshérités étaient bien sûr les esclaves. Parmi eux se trouvaient de nombreuses femmes avec leurs enfants. Elles étaient capturées lors de raids.

L’immense majorité du peuple mycénien se composait de paysans. Ils vivaient à l’extérieur de la cité.
Eleveurs et agriculteurs vivaient dans des maisons rudimentaires.


Mycènes

La forteresse de Mycènes est un véritable nid d’aigle. Elle domine la plaine de l’Argos. D’imposantes murailles protègent le palais auquel on accède par des escaliers taillés dans le roc.


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Porte des Lionnes à Mycènes. Image Kurmbox


Apparemment, Mycènes et les autres forteresses, sont destinées à soutenir un siège.

Dans l’Iliade, Homère transmet le souvenir d’une Mycènes « riche en or ». Cette richesse est confirmée par les découvertes de trésors provenant de razzias.


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Tombe royale de Mycènes. Image Laura Scuder


A l’époque classique, les Grecs attribuent à des géants, les Cyclopes, la construction des forteresses mycéniennes.

Par exemple, les maîtres de Tirynthe ont édifié une enceinte d’énormes blocs calcaires dont certains atteignent 7,50 m de large et pèsent presque 10 tonnes.
A Mycènes, les murailles sont percées de la monumentale porte des Lionnes dont le linteau seul pèse plus de 20 tonnes.


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Muraille de Mycènes et porte des Lionnes. Image Nick Stenning


Selon la mythologie, ces murs sont dus à des Cyclopes, venus se mettre au service de Persée, roi de Tirynthe et fondateur de Mycènes.
La construction du palais commença au XVe siècle avant notre ère environ. Actuellement, on distingue encore les principaux édifices :
  • La porte des Lionnes
  • Les deux  cercles des tombes
  • Les maisons de l’aristocratie
  • Le palais royal

La fin de la civilisation mycénienne

Peu après 1250 avant notre ère, le feu ravagea plusieurs forteresses. Mycènes, elle-même, dut faire face à une série d’assauts, dont elle ne se releva jamais.


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Plaine d'Argos vue de Mycènes. Image Kurmbox


Thucydide, historien grec qui vécut bien plus tard, explique ainsi la destruction de Mycènes : un peuple indo-européen, les Doriens, envahit la Péloponnèse.
Un grand mur de défense barrant l’isthme de Corinthe, édifié vers 1200 avant notre ère, fut le dernier rempart pour refouler l’envahisseur.

Les archéologues n’ont cependant pas trouvé de traces d’invasion violente.

Des conflits et des révoltes internes sont peut-être la cause de la chute de Mycènes.


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Noble dame représentée sur une fresque abimée d'un palais mycénien. (Musée National d'Athènes) Image Mitko-Denev


Par contre, on sait que des troupes stationnaient le long des côtes en prévision d’une attaque maritime.

Peut-être, l’envahisseur est-il le fameux Peuple de la Mer, dont parlent les Egyptiens à partir de 1200 avant notre ère. Il s’agit d’un peuple indo-européen, refoulé par les Egyptiens, mais qui a pu ébranler le monde mycénien.
Si puissante et guerrière que soit la civilisation mycénienne, elle disparaît cependant brusquement.

Les cités sont détruites et l’écriture disparaît.


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Tombes royales à fosse de Mycènes. Ces tombes recelaient de nombreux trésors. Intérieures à l'enceinte du palais, la disposition en cercle leur confère un caractère sacré. Image Frankfl


Après la chute de Mycènes, la civilisation grecque connut une période de sommeil. Elle en sortit trois siècles plus tard.
Mais ce sont les Achéens qui ont transmis à la Grèce l’héritage crétois. Leur souvenir demeurera dans les poèmes homériques composés quatre siècles plus tard. Pour la Grèce classique, les Achéens, héros de l’Iliade et de l’Odyssée, édifient grâce aux dieux d’imprenables forteresses et vivent une histoire légendaire.

Histoire - Antiquité - Orient - Our -

Publié à 14:06 par acoeuretacris Tags : our orient antiquité histoire
Histoire - Antiquité - Orient - Our -

 

Les tombes royales

 

Our


La cité. Les tombes royales. Rites funéraires


En 1927-1928, dans les ruines de l’ancienne capitale d’Our, des archéologues anglais retrouvent seize tombes royales des dignitaires de la Ier dynastie d’Our (entre 2600 et 2400 avant notre ère).


Au IIIe millénaire, la Mésopotamie est morcelée en une trentaine de cités-Etats. Our est l’une d’entre elles.
La fondation de la cité est évoquée dans la Bible. Our serait la patrie d’origine d’Abraham.


Le site d’Our (Tell el-Mukayyar actuel) s’élevait sur une pleine sablonneuse près de l’Euphrate.


Sur ce site, la plus extraordinaire découverte est celle des tombes royales qui sont remplies d’un véritable trésor. Ces sépultures nous donnent également de nombreuses précisions sur les rites funéraires de la Mésopotamie ancienne.


La cité d’Our


La fondation de la cité remonte à la période d’El-Obeid (4500-4000 avant notre ère). Elle se présente à l’époque comme un village bien organisé, presque exclusivement dédié à l’agriculture et à l’élevage.


Au début du IIIe millénaire (époque protodynastique), la Mésopotamie méridionale, où prédomine la culture sumérienne, est constellée de cités-Etats.


Chaque cité est gouvernée par un souverain et protégée par une divinité. Les dynasties royales se disputent l’hégémonie de la région.


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Ziggourat d'Our. Image M. Lubinski


Vers 2300 avant notre ère, le roi sémitique Sargon fonde le royaume d’Akkad, ville plus au nord, et conquiert le territoire du golfe Persique.


150 ans plus tard, cet empire s’effondre et c’est Our, sous l’égide des grands rois de la troisième dynastie qui domine à son tour « le Pays entre les deux fleuves » c’est-à-dire la Mésopotamie.

Our va demeurer pendant deux siècles un lieu de culte important du dieu lunaire Nanna. La ziggurat (ou ziggourat) d’Our faisait partie du temple du dieu de la Lune. Elle comprenait probablement trois étages. Aujourd’hui, seul subsiste le premier niveau.


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Ruines de la ville. Image Danielle Kellogg


Our parvient à son apogée grâce au commerce florissant. Des navires partent de la cité vers les côtes arabes, l’Iran et dans la vallée de l’Indus.


Les marchands qui arrivaient à Our devaient franchir les immenses murailles de briques crues. L’Euphrate baignait les murs de la ville, sans doute amené jusque là par des canaux. On a retrouvé les traces de deux ports avec des docks, des entrepôts et des quais.


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Image Danielle Kellogg


Sous le règne d’Our-Nammou, la ville couvrait une superficie de plus de 60 ha et protégeait une population d’environ 24 000 personnes.


Vie quotidienne à Our


Les habitants les plus pauvres occupaient des maisons modestes  alors que les plus riches possédaient des maisons avec de nombreuses pièces et même une chapelle privée.


L’ameublement semblait plutôt sommaire : tabouret, table, coffre en bois. La plupart des gens dormaient sur des nattes bien qu’on ait retrouvé des lits.
L’éclairage se faisait uniquement par les portes.


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Table de jeu retrouvée dans une tombe royale d'Our (Vers 2450 avant notre ère. Musée de Birmingham).Image Kevin Saff


Les tablettes d’argile gravées nous permettent de bien connaître la vie quotidienne à Our. L’organisation sociale est très hiérarchisée et non égalitaire, ni entre les sexes, ni entre les couches sociales.


Le père jouit d’une position très privilégiée au sein de la famille, selon le code détaillé instauré par Our-Nammou et ses successeurs.


Le système social étant patriarcal, tous les avantages sont accordés à l’homme :


  • Une femme adultérine est mise à mort
  • Un mari peut prendre une seconde femme et lui faire des enfants
  • Si un homme marié ne veut plus de sa femme, il lui suffit de verser de l’argent
  • Si une femme mariée veut changer de mari, elle est mise à mort

 

Seuls les enfants des familles aisées vont à l’école appelée « maison des tablettes ». Il leur fallait apprendre les 600 signes qui composent l’écriture cunéiforme sumérienne.
Ils apprenaient également les mathématiques et la grammaire. Un « chargé du fouet » faisait régner la discipline.
Apparemment, le fouet était largement employé si on en juge par un récit sur tablette écrit par un écolier sumérien.
De ces écoles austères sortaient les futurs scribes, sur lesquels reposait tout le système administratif et religieux.


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Ecriture cunéiforme. (Musée de Bagdad). Image Woodiefish


Les enfants des familles plus pauvres travaillent aux champs ou des dans les ateliers dès leur plus jeune âge. Parfois, les pères les vendaient comme esclaves.
Les filles ne bénéficiaient d’aucune scolarité.


Les femmes travaillaient essentiellement dans la filature. La laine était l’une des plus importantes industries.


Les artisans étaient regroupés par corporation et par quartier. Ils étaient, pour la plupart, payés mensuellement en ration de nourriture, l’orge par exemple.


Au plus bas de l’échelle sociale se trouvaient les esclaves, prisonniers de guerre, enfants vendus ou hommes endettés.
Mais, assez paradoxalement, l’esclave dispose d’un statut : il a le droit de monter une affaire, de posséder des biens, de racheter sa liberté ou de se marier avec une femme libre.


La ziggourat d’Our


Cette ziggourat, commencée par le roi Ur-Nammu (ou Our-Nammou) et achevée par son fils Sulgi, constituait le lien entre la Terre et le ciel, entre l’Homme et son dieu.
La grande cour du dieu Nanna  (ou Nanna-Sin) était destinée à accueillir les offrandes.


L’enceinte sacrée abritait des ateliers, des réserves de nourriture, du bétail. Ces offrandes étaient destinées à Nanna.


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Ziggourat d'Our. Image M. Lubinski


Il y a avait également des quartiers royaux utilisés pour les cérémonies.


La ziggourat repose sur un socle de 60 m sur 45. De larges escaliers conduisent du rez-de-chaussée jusqu’au temple du dieu Lune Nanna.


Les tombes royales et les rites funéraires


Les seize tombes royales comprennent un ensemble de six fosses sans caveau et dix tombes contenant un caveau à une ou plusieurs chambres.
Le contenu de ces chambres funéraires est incroyable.


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Casque-perruque en alliage naturel d'or et d'argent. Ce casque était porté par les rois lors des batailles. (Vers 2450 avant notre ère. Musée de Bagdad). Image Woodiefish


Celle de la reine Puabi, qui vécut aux environs de 2500 avant notre ère, abritait un char de bois décoré d’une mosaïque de pierres de couleur et de nacre blanche.


On y a également retrouvé une harpe ouvragée avec une tête de taureau. La tête est faite de feuilles d’or  et la toison est ciselée dans du lapis-lazuli.
Le taureau symbolisait la force et la fécondité.


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Harpe ouvragée. (British Museum). Image Kevin Saff


On a exhumé des coiffes en lapis-lazuli, ornées de feuilles en or, des poignards en or, des tables de jeu faites de carré de coquillages, des couronnes de feuilles d’or qui étaient le symbole de la puissance.


La plus grande des sépultures était vide car elle avait été pillée mais il y restait ce que l’on a appelé « l’étendard d’Our ».


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"Etendard 'Our" (vers 2600 avant notre ère. British Museum). Image Seriykotik 1970


Il s’agit d’une mosaïque composée de coquille marine, de lapis-lazuli et de cornaline, incrustée sur une boite de 45 cm de long.
Ce diptyque composé de deux panneaux représente sur une face la guerre et sur l’autre la paix.


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"Etendard 'Our" (vers 2600 avant notre ère. British Museum). Image Seriykotik 1970


Les chercheurs découvrirent également les traces de rites funéraires assez macabres. Les monarques étaient enterrés avec leur entourage.


Les rois sont entourés de chars avec les ânes, les bœufs et les cochers. La « grande fosse de la mort » renferme 74 victimes : 6 soldats en armes, et 68 femmes dont 4 musiciennes.


A côté de chaque victime, on a retrouvé une petite coupe ce qui laisse supposer une mort par empoisonnement, peut-être volontaire.


Our, patrie d’Abraham ?


«  Térakh engendra Abram, Bahkor et Aran, Aran engendra Loth. Et Aran mourut en présence de Térakh, son père, dans le pays de sa naissance, à Our des Chaldéens […] Térakh prit Abram, son fils, et Loth, le fils d’Aran, son petit-fils, et Sarah, sa belle-fille, la femme de son fils Abram, et ils quittèrent ensemble Our des Chaldéens, pour se rendre dans la terre de Canaan, et ils arrivèrent à Harran, où ils s’établirent » (Genèse, XI, 28, 31).


Ainsi commença, à partir d’Our, la migration de la tribu de Térakh, dont descend le peuple d’Israël.
Une partie de cette tribu, sous la conduite d’Abram, descendit vers Canaan, où le patriarche, après son alliance avec Yahvé, prit le nom d’Abraham, le « père des nations. »


Vers le milieu du IXIe siècle, des chercheurs découvrirent que certains passages des Ecritures se rapportaient à des évènements et des lieux ayant existé.


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Ornementation félin retrouvée dans une tombe royale. Image Brendan Adkins


Si la famille d’Abraham a vécu à Our, elle n’y est pas restée longtemps. En effet, Abraham est décrit comme un Sémite nomade vivant sous une tente.


En 1500 avant notre, période présumée du passage d’Abraham à Our, les habitants n’étaient plus des nomades depuis longtemps.


La tribu d’Abraham était peut-être l’une de celles qui migraient des déserts d’Arabie vers des terres plus fertiles.


Our, victime du Déluge ?


Dans la mythologie sumérienne, le Déluge est décrit exactement comme dans la Bible. Seul le nom de l’élu change et Noé devient Outa-napishtim.


Lors de l’excavation du cimetière royal, l’archéologue Wooley mis au jour une couche d’argile épaisse de 3 m. Elle contenait des débris d’embarcation datant de 4000 ans avant notre ère.
Il y a bien effectivement la preuve d’inondations. Mais s’agit-il du Déluge ?  Difficile de se prononcer mais ce qui est certain c’est que la légende sumérienne a suffisamment marqué l’inconscient collectif pour inspirer le récit biblique.

Histoire - Antiquité - Orient - Mésopotamie ancienne -

Publié à 14:43 par acoeuretacris Tags : mélopotamie ancienne orient antiquité histoire
Histoire - Antiquité - Orient - Mésopotamie ancienne -

 

Vers la fin du IVe millénaire des évènements capitaux se produisent en Mésopotamie : le développement d’une agriculture irriguée, l’organisation de cités et, surtout, la naissance de l’écriture.


La Mésopotamie n’est qu’une large vallée, drainée par le Tigre et l’Euphrate, que le géographe grec Polybe a justement baptisé « le pays d’entre les fleuves. »


Les premières civilisations sont nées en Mésopotamie et en parallèle, au bord du Nil, en Egypte.


C’est dans les grandes vallées alluviales de ce croissant fertile que vont se structurer des empires et va s’élaborer un système de signes destiné aux échanges commerciaux.


Apparue d’abord en Mésopotamie et en Egypte, l’écriture permet pour la première fois de nommer les hommes et dater les évènements.


Les premiers Mésopotamiens


Située au cœur du Moyen-Orient, dans une plaine en bordure du désert arabique, la Mésopotamie n’était pas l’endroit idéal pour fonder l’une des premières civilisations.
Pourtant, c’est sur cette terre brûlée par le vent du désert que vont se développer l’agriculture puis le commerce, la médecine ou l’astronomie


Grâce à l’ingéniosité humaine, les eaux du Tigre et de l’Euphrate vont transformer cette vallée morte en une vallée extraordinairement fertile.


La crue des fleuves est très irrégulière. Les Mésopotamiens canalisèrent les eaux des fleuves afin d’irriguer les cultures de céréales.


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Euphrate aujourd'hui. (Houic)


Ils construisent un système complexe de canaux pour amener l’eau des fleuves tout au long de l’année et évacuer vers des réservoirs le trop plein des crues du printemps.
Grâce à ce laborieux travail, ils peuvent espérer deux récoltes par an.


C’est vers 3 500 ans avant notre ère que l’arrivée des Sémites et des Sumériens amorce les grands changements.


Les Sémites arrivent du nord-ouest et s’installent depuis le nord de la vallée jusqu’à environ l’actuelle Bagdad.
On les appelle les Akkadiens.


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Tigre. (Charles Fred)


On ne sait pas exactement d’où viennent les Sumériens ; peut-être d’Asie Centrale ou peut-être ont-ils traversé  la mer d’Egypte.


Le mythe des Sept Sages décrit l’arrivée de sept monstres, venant des flots du golfe Persique et qui auraient appris aux habitants « la culture, l’écriture, les sciences, les techniques, la fondation des villes, l’agriculture … »


Les fouilles ont révélé un peuple de gens de petite taille, trapus avec des cheveux noirs, un nez droit, le front légèrement fuyant et les yeux un peu bridés.


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Statue du IIIe millénaire avant notre ère. (Mary Harrsch)


Ils sont vêtus de tissus de laine fine. Les hommes portent une jupe de laine et laissent le torse nu.
Beaucoup d’entre eux semblent avoir le crâne rasé.


Les premiers scribes mésopotamiens inscrivent sur des tablettes en argile des pictogrammes à l’aide de roseaux pointus.
Ce système graphique est l’ancêtre de l’écriture cunéiforme.


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Ecriture cunéiforme. (Assyrie. 865-860 avant notre ère). (Andrew Scott)


Ces premiers signes d’écriture répondent à des besoins pratiques : comptabiliser les têtes de bétail ou les sacs de grains.


Les cités-Etats (vers 3000-2350 avant J.-C.)


Cette période est dite « Dynastique archaïque. »


Ce sont les premières tablettes écrites, vers 3 200 avant notre ère, qui nous permettent de mieux connaître cette civilisation.
Grâce à ces écrits, on sait que la Mésopotamie était un pays morcelé en une trentaine de cités-Etats.


Les plus importantes cités-Etats sont : Kish, Our, Ourouk et Lagash.


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Ruines du temple d'Our. (Campin'Guy)


Ces cités sont dirigées par  un roi héréditaire qui est vicaire (ensi) du dieu de la cité. C’est également le chef des guerriers.
Le pouvoir sacerdotal est très puissant car ce sont les prêtres qui gèrent les possessions de la divinité.
Parfois, comme à Lagash, un prince est évincé du trône par un prêtre.


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Statue représentant un prince de la cité de Lagash. (Resio)


Déjà à cette époque, le peuple paye un impôt. A la même époque, le souverain cesse d’habiter le temple et on construit les premiers palais.


C’est une manière concrète de différencier les biens dépendants des dieux de ceux qui appartiennent au roi.

La seule ambition de ces souverains est d’imposer aux autres cités leur souveraineté. C’est pourquoi la guerre est un thème artistique si omniprésent.


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Stèle des Vautours. (vers 2450 avant notre ère. Musée du Louvre, Paris) (Eric Gaba)


Les techniques d’attaque sont décrites sur certaines stèles comme la célèbre stèle des Vautours.
Cette stèle illustre la défaite de 36 000 guerriers de la cité d’Oumma. On y voit le roi Eannatoum marché à la tête de la phalange de Lagash.
Les guerriers piétinent les soldats vaincus.


Une face plus  mythologique représente le dieu de la cité victorieuse, Ningirsu, s'emparant des ennemis de Lagash.


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Stèle des Vautours. (vers 2450 avant notre ère. Musée du Louvre, Paris) (Eric Gaba)


Précédant la lourde phalange armée de piques, le vicaire et les grands, montés sur des chars à quatre roues tirés par des ânes sauvages, se précipitent sur l’armée adverse.
Si l’ennemi recule, il est poursuivi et la ville est pillée.


La Liste royale, qui est une des plus anciennes inscriptions, consigne les noms des différents rois :


  • Sire Enme Baragisi, souverain de Kish
  • Meskalamdug, roi d’Our vers 2 550
  • Our-Nanshé, roi de Lagash vers 2 500
  • Gilgamesh, roi mythique d’Ourouk vers 2 650

 

Les rois doivent également assurer la prospérité de leur cité. Agriculture et artisanat apportent la richesse en Mésopotamie et les échanges commerciaux sont intenses.


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Statuettes datant de 4500-4000 avant notre ère provenant d'Our. (Mary Harrsch)


La Mésopotamie est une terre argileuse et marécageuse. Les pierres dures, le bois et les minerais en sont absentes.
Les cités stockent les surplus de grain, de dattes et d’huile pour les échanger contre les biens dont elles ont besoin.


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Ebih-il, intendant du temple de la déesse Innana-Ishtar à Mari (vers 2400 avant notre ère. Musée du Louvre, Paris). (Villamota)


Les marchands descendent les fleuves sur des radeaux ou conduisent des caravanes d’ânes à travers la Syrie jusqu’à la côte méditerranéenne.
D’autres, sur de petits voiliers, naviguent dans le golfe Persique et longent la mer Arabique.


Les négociants rapportent les matières premières indispensables aux constructions mais également des objets précieux dont certains ont été retrouvés dans les tombes royales d’Our.


Un clergé tout puissant


Les tablettes nous révèlent l’importance de la religion. Chaque cité reconnaît comme souverain une grande divinité que le sort lui a assignée le jour de la naissance du monde.


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Porteurs d'offrandes (début du IIIe millénaire. Musée de Bagdad). (Woodiefish)


Ces dieux sont très semblables aux hommes mais s’en distinguent par leur intelligence et l’immortalité.


Chaque dieu est chargé d’une fonction liée à la marche du monde. Le panthéon mésopotamien est très riche mais assez mal connu. Parmi les principaux dieux:


  • Anu/An, le Ciel
  • Enlil, le dieu de l'Air, souverain des dieux
  • Enki/Ea, dieu de l'Abîme
  • Nanna/Sîn, le dieu-lune
  • Utu/Shamash, le dieu-soleil
  • Ninhursag, déesse-mère
  • Inanna/Ishtar, la déesse de l'Amour et de la Guerre
  • Ishkur/Adad/Addu, le dieu de l'Orage
  • Ninurta, divinité guerrière
  • Ereshkigal et Nergal, le couple régnant sur les Enfers
  • Nabû, dieu de la sagesse et de l'écriture

 

C’est par l’intermédiaire des prêtres que les dieux communiquent leurs désirs : riches repas quotidiens, vêtements, bijoux, temples ou chants.


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Urne peinte polychrome (vers 2700 avant notre ère. Musée de Bagdad) .(Woodiefish)


Les dieux n’imposent aucune contrainte mais si les hommes n’exécutent pas les rites et ne font pas don d’offrandes, de terribles catastrophes se produisent comme des inondations, la sécheresse ou le pillage par d’autres cités.


Comme ces catastrophes naturelles sont fréquentes et que les cités-Etats sont en conflits permanents, le peuple veille à honorer leurs dieux.


Les prêtres profitent bien sûr largement de cette peur.

Au début, les temples sont de dimensions modestes puis au fil du temps, ils deviendront les fameuses ziggourats.

Histoire - Antiquité - Orient - Le Vin -

Publié à 14:12 par acoeuretacris Tags : histoire antiquité orient le vin
Histoire - Antiquité - Orient - Le Vin -

 

Universel, le vin a des origines très anciennes. C’est en Egypte que l’on a retrouvé les plus anciennes activités liées à la viticulture.


Les anciens Egyptiens appréciaient le vin mais également la bière.


Les historiens notent aussi que le mot «vin » a sans doute une origine sémitique, et que plusieurs textes sémitiques, égyptiens et grecs attribuent une même origine transcaucasienne à la viticulture.


Comment l’idée est-elle venue de transformer le raisin en boisson ? Nul ne le sait. Peut-être n’est-ce qu’un hasard comme beaucoup d’inventions.


Toujours est-il que toutes les civilisations du pourtour méditerranéen ont fait de la viticulture l’une de leur principale activité commerciale.


Les Grecs et les Romains, grands amateurs de vin, ont même rendu hommage à ce breuvage en lui dédiant un dieu.
Appelé Bacchus par les Romains, Dionysos est, dans l'Antiquité, le dieu de la Vigne et du Vin. II symbolise le délire mystique, par opposition au mythe d'Apollon tout imprégné d'harmonie raisonnée.


L’apparition des vignes


On pense que les vignes vraies du genre Vitis ont fait leur apparition au cours de l'ère tertiaire (entre 65 et 2 millions d'années avant notre ère). Les quatre glaciations de l'époque quaternaire limitent ensuite leur aire d'implantation au pourtour de la Méditerranée, aux rives de la mer Noire et au Moyen-Orient; puis on observe une remontée vers le nord de la vigne sauvage (Vitis sylvestra), à l'origine des cépages cultivés aujourd'hui.


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Vigne cultivée (Vitis vinifera sativa).


La mise en culture de la vigne débuterait, quant à elle, il y a six mille ans, dans le sud du Caucase. Il s'agit, précisons-le, d'une hypothèse déduite de la persistance vivace de vigne sauvage dans cette zone. Ainsi, dans l'Ancien Testament, le premier acte de Noé après le Déluge est de planter une vigne au pied du mont Ararat.


Quoi qu'il en soit, la vigne sauvage subit des mutations successives et une sélection, qui la transforme en Vitis vinifera sativa, c'est-à-dire en vigne cultivée.


En Égypte et en Mésopotamie


Divers types de cépages se sont répandus sur le pourtour de la mer Noire et de la Méditerranée.
La vigne est ainsi cultivée en Égypte, vers 3200 avant notre ère, comme en témoigne l'un des tout premiers signes hiéroglyphiques, représentant des piquets fourchus supportant un pied de vigne.


Des fresques retrouvées dans les chambres funéraires de Sagqarah et de Louxor attestent l’importance de la viticulture dans l'Égypte ancienne.
Les grandes régions productrices sont le delta du Nil et les oasis du désert libyque et du Fayoum.


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Des paysans transportent des amphores de vin. Détail d'une fresque.


En Mésopotamie, le vin commence à être fréquemment mentionné à partir de la fin du IIIe millénaire. Les plus anciennes lois relatives au vin sont édictées par le roi Hammourabi, à Babylone, au XVIIIe siècle avant notre ère. Plus récemment, au début du Ier millénaire, des scènes représentées sur les bas-reliefs montrent que les Assyriens maîtrisent toutes les techniques de fabrication du vin, dont il existe alors de nombreuses variétés.


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Vendanges en Egypte (détail d'une fresque, Thèbes, tombe de Nakht).


Le vin de palme était préparé à partir de la sève du palmier-dattier. Le vin de datte était lui obtenu par macération de dattes dans l’eau, suivie de fermentation.


Le nectar du Nil


La bière existait en Egypte bien avant les pyramides. En 1989, des archéologues en fouillant l’ancienne cité de Hierakonpolis, sur les rives du Nil, ont découvert une brasserie vieille de 5 400 ans.


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Four à pain. La bière était notamment composée de pain mal cuit


Cette bière était un mélange d’eau, de pain mal cuit, de malt et de jus de dattes. C’est la plus ancienne brasserie que l’on connaisse.


Grecs et Romains


À partir du VIIe siècle avant notre ère, l'activité colonisatrice des Grecs permet la diffusion de la viticulture tout le long des côtes méditerranéennes. Les Romains sont, à leur tour, d'excellents vignerons. Ils empruntent aux Grecs l'essentiel de leurs techniques viticoles, et ils les diffusent à travers leur empire, plus particulièrement en Gaule et en Germanie.


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Buste de Dionysos. (clairity).


Grecs et Romains sont aussi les fondateurs de l'œnologie, ou science de la vinification, puisqu'ils font subir au vin des traitements destinés à l'améliorer et à assurer sa conservation : soutirage, plâtrage, addition d'argile, de chaux et de poudre de marbre, salage, etc.


Les soins qu'ils apportent à la vigne sont, par ailleurs, incessants.


Le culte de Dionysos


Fils de Zeus, Dionysos découvre à l'âge adulte la vigne et son usage. Condamné à la folie par les dieux de l'Olympe, il erre ensuite sur les rives orientales de la Méditerranée. II n'est délivré de son mal qu'après avoir rencontré la déesse Cybèle, qui l'initie aux rites du vin. II mène alors une vie aventureuse au cours de laquelle il réussit l'exploit de libérer les Bacchantes, prisonnières d'un tyran.


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Dionysos. (unforth)


À Athènes, durant les mois d'hiver, avaient lieu plusieurs fêtes en l'honneur de Dionysos, dont les plus fameuses étaient les Dionysies. Les Anthestéria, célébrées en février, étaient une fête des fleurs au cours de laquelle on buvait le vin nouveau tandis que Dionysos entrait dans la ville sur un char marin (en latin, carrus navalis). C'est là l'origine lointaine du carnaval précédant le Carême de la tradition chrétienne.


Le vin et la religion


Bacchus, le dieu romain du vin, fut souvent représenté sur les sarcophages datant de l'Empire romain. Quand le christianisme rejeta les anciens dieux, ce dieu du vin fut parfois simplement remplacé par un autre vainqueur de la mort: Jésus-Christ.


Nombre des rituels «sataniques » qu'on a connus plus tard, avec leurs sorcières invoquant Satan et leurs adeptes accédant à l'extase par l'alcool et la drogue, sont similaires aux rites des Dionysies ou des Bacchanales, au cours desquels le dieu se manifestait à ses fidèles sous la forme d'un bouc.


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Statue de Bacchus à Florence. (Andy Ciordia)


L'importance du vin pour les civilisations proche-orientale et occidentale est fondamentalement liée à son rôle sacramentel et religieux. Plus qu'un simple produit de la terre, le vin est, à proprement parler, un don de Dieu.


Jéhovah donne la vigne à Noé pour adoucir son sort de seul rescapé du Déluge. Le dieu égyptien Amon-Rê protège l'humanité des fureurs de sa fille Hathor, en lui faisant boire une liqueur couleur de sang et en la plongeant ainsi dans le sommeil le plus profond.

Plus tard, les cultes dionysiaques et bacchiques, en Grèce et à Rome, perpétuent ce caractère rituel et sacré du vin. Ce caractère symbolique joue d'ailleurs à son tour un rôle déterminant dans l'extension prodigieuse de la viticulture à travers l'Europe.


L'Église chrétienne sacralise le vin, qui est identifié au sang du Christ, et lui attribue un rôle de premier plan dans le rituel liturgique.


Le sacrifice de la messe et, surtout, le rituel de la communion donnée longtemps sous la double espèce du pain et du vin exigent dès lors un approvisionnement quasi permanent des paroisses en vin.


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L'Église chrétienne a sacralisé le vin


Au Moyen-Âge, L'Église multiplie les plantations de vignes. Les monastères, en particulier, font de la vigne une de leurs activités agricoles dominantes.


Ainsi, des régions entières d'Europe se vouent progressivement à la viticulture. Une raison, parmi d'autres, de ce problème très actuel qu'est la surproduction viticole.
Aujourd’hui, la production mondiale avoisine 260 millions d’hectolitres. L’Italie occupe le premier rang avec 58 millions d’hectolitres, suivie par la France (57), l’Espagne (38), les États-Unis (24).

Histoire - Antiquité - Asie Mineure - Invention monnaie -

Publié à 13:25 par acoeuretacris Tags : histoire antiquité invention monnaie asie mineure
Histoire - Antiquité - Asie Mineure - Invention monnaie -

 

La monnaie est une étape clé dans l’histoire économique du monde. On peut d’ailleurs s’étonner que l’invention de la monnaie soit si tardive.


La tradition, relayée par les principaux historiens grecs (Hérodote ou Xénophane), nous dit que les Lydiens, peuple d’Asie Mineure occidentale, seraient les premiers à utiliser la monnaie.


Avant la monnaie, les peuples marchands utilisaient le troc pour effectuer leurs échanges commerciaux.
Tout au long de l’Antiquité, en Egypte, en Mésopotamie, en Phénicie ou dans l’Indus, le régime des échanges reste celui du troc.


Les premiers moyens d’échange


On peut supposer que dès la préhistoire, l’homme a opéré des échanges sous forme de troc. Mais, c’est avec l’invention de l’écriture que nous avons les premières traces de ces échanges.
En attestent divers contrats d’ordre privé  ou le témoignage écrit des grecs et des hébreux.


Les fresques peintes sur les tombeaux égyptiens sont de véritables livres ouverts.


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Transport du blé (Tombe de Mennah. Fin du XVe siècle avant notre ère). Thèbes. Par Diplon


On évaluait par exemple un champ selon un lot d’objets divers : lingots d’argent appréciés au poids, ânes, taureaux, étoffes etc.
On échangeait du blé contre des liqueurs ou des dattes contre des poutres de bois.


Les étalons les plus couramment utilisés sont tout d’abord le grain et le bétail.  L’origine de cette pratique comptable a perduré dans notre vocabulaire sous la forme de l’adjectif « pécuniaire », qui vient du latin pecus, signifiant « troupeau. » Dans d’autres contrées, on utilisait des coquillages, du thé, des perles ou des morues séchées, comme ce fut le cas à Terre-Neuve.


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Tétradrachme (pièce de quatre drachmes) à l'effigie d'Alexandre le Grand. Bibliothèque nationale de Paris


Dès l’époque du bronze (IIIe millénaire avant notre ère), le métal prend le relais sous des formes diverses : pépites, poudre, paillettes, anneaux ect.


Ce nouveau moyen d’échange a plusieurs avantages :


  • Il n’est pas périssable
  • Il est moins volumineux
  • Il est facilement divisible

 

Avec les progrès de l’extraction minière et de la métallurgie, l’or, l’argent, l’électrum, le cuivre, le plomb, le fer et l’étain vont être indifféremment utilisés comme moyens d’échange.
Rapidement, la balance  devient un instrument indispensable à la réalisation de toutes les transactions.


La monnaie pesée est la monnaie la plus archaïque.
La nécessité de garantir la teneur et le poids de ces métaux amènent les particuliers à estampiller les lingots.


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Monnaie siculopunique, frappée par les Carthaginois en Sicile. Cette pièce représente un palmier avec des régimes de dattes. IVe siècle avant notre ère). Bibliothèque nationale de Paris.


L’Etat ne garantit pas cette « monnaie. » C’est la bonne renommée du marchand qui garantit la qualité de son estampille.


A partir de là, la voie était ouverte  vers la monnaie à proprement dite c’est-à-dire avec une garantie publique qui se substitue à la garantie privée.


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"Double", monnaie d'or frappée à Babylone. L'archer est peut-être le roi Darios III (IVe siècle avant notre ère). Bibliothèque nationale de Paris.


Cette monnaie est appelée « la monnaie frappée », c’est-à-dire la monnaie garantie par une autorité politique ou religieuse qui lui attribue une valeur fixe.


La première monnaie connue


C’est à partir du moment ou une société se modernise et évolue vers une plus grande division du travail que la monnaie tend à se substituer au régime du troc.


L’origine du terme « monnaie » vient du nom de la déesse romaine Juno Moneta, car c’est dans les dépendances de son temple que les Romains avaient installé un atelier pour frapper les deniers de l’Empire.


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Le dieu Janus sur la plus ancienne monnaie romaine (Musée national Rome).  (Sebastia Giralt)


Des archéologues ont découvert des pièces de monnaie dans les fondations du temple d’Artémis à Ephèse, construit vers 645 avant notre ère. Ce sont des pièces d’électrum frappées de têtes de lion, l’emblème royal de la capitale de la Lydie, Sardes (Turquie actuelle.)


La première monnaie remonterait donc au VIIe siècle avant notre ère. Cette découverte confirme les propos d’Hérodote qui précise qu’il s’agit d’une monnaie d’or et d’argent.
En effet, l’électrum est un alliage d’or et d’argent.


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Monnaie Lydienne de l'époque de Crésus frappée avec une tête de lion et de taureau (VIe siècle avant notre ère). Bibliothèque nationale de Paris.


Cependant, on ne sait pas depuis quand cette monnaie était utilisée en Asie Mineure.


Crésus est le dernier roi lydien qui a régné de 560 à 546 avant notre ère. Sa richesse légendaire est fondée sur les mines et les pépites d’or du fleuve Pactole, et sur le contrôle des routes commerciales aboutissant à la mer Égée. Il fut le premier à frapper des monnaies d’or et d’argent.


On suppose qu’il a voulu ainsi remédier à l’inconvénient de l’électrum qui contient une quantité variable d’or.


La diffusion de la monnaie dans le monde


La diffusion de la monnaie s’est rapidement opérée en direction du monde grec : Egine et l’Ionie en adoptent le principe vers 625 avant notre ère.
Corinthe suit à partir de 610 puis Athènes vers 594.


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Monnaie frappée en l'honneur de la déesse Athéna. (Ve siècle avant notre ère). (g-foucault)


Chaque cité adopte un type caractéristique : chouette pour Athènes, figure d’Aréthuse ou superbe quadrige pour Syracuse, etc. La technique de frappe est cependant sommaire.
Il existe de nombreuses monnaies dans la Grèce antique : Darique, Drachme, Obole ect.


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Monnaie d'Athènes avec la chouette d'Athéna, déesse de la cité (VIe siècle avant notre ère). (g-foucault)


Les premières monnaies romaines sont en bronze : sesterce, dupondius, semi, quadrans.L’argent métal apparaît dans le système monétaire romain avec le « denier »  en 211 avant notre ère.


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Sesterce frappé à l'effigie de l'empereur Trajan. (Sebastia Giralt)


A l’époque de Jules César, l’aureus fait son apparition. C’est une monnaie d’or qui vaut 25 deniers.
Les monnaies sont frappées à l’effigie des empereurs ou commémorent leurs victoires.


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Pièce en bronze de l'époque de Vespasien. Elle célèbre la prise de Jérusalem par les Romains en 70 après notre ère (Musée d'Israël, Jérusalem) Collection de l'IDAM


En Gaule, la monnaie fait son apparition au VIe siècle avant notre ère par l'intermédiaire d'une colonie grecque établie à Marseille.


Chaque peuple gaulois fabriquait sa propre monnaie en assez petite quantité. Les styles de monnaies sont très variés.


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Vercingétorix. Statère d'or arverne. Ier siècle avant notre ère. Bibliothèque nationale de Paris


Parmi les monnaies gauloises les plus connues, on trouve le statère d'or fabriqué par les Arvernes (peuple du Massif central qui a légué son nom à l’Auvergne) grâce à leurs mines d’or.


Les Parisii, le peuple de Lutèce (actuelle île de la Cité, ancêtre de Paris) employait l’or pour frapper sa monnaie.


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Avers d'une pièce de monnaie en or des Parisii (IIe siècle avant notre ère). Musée de Brno, Tchécoslovaquie. (Pragus)


C’était un signe de richesse et de prospérité. Le statère d’or au cheval est probablement la plus magnifique pièce.


En Chine, c’est au début du Ier millénaire avant notre ère que la monnaie en bronze apparaît. Les pièces prennent des formes originales et variées : rondes, en lames de couteaux, en forme de bêche ou de houes.


Chaque cité frappe sa monnaie ce qui explique cette grande disparité sur cet immense continent qui n’est pas encore unifié.


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Sapèque. (Jovike)


Au cours de la dynastie Qin (-221 à –206), la sapèque devient une monnaie courante. Cette pièce ronde a la particularité de posséder un trou au milieu.
On pouvait ainsi relier avec une cordelette plusieurs pièces pour les transporter.


Aujourd’hui, la monnaie fiduciaire  (monnaie composée de billets de banque)  a remplacé depuis longtemps le troc. Il est bien loin le temps où l’on utilisait des perles comme monnaie d’échange.


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Pièce de monnaie indo-grecque en argent. Les Indiens ont appris des Grecs à frapper les monnaies avec des symboles (Epoque hellénistique). Musée de Kaboul. (Pragus)


L’antique monnaie métallique est représentée par la monnaie divisionnaire, qui permet de faire l’appoint dans les transactions quotidiennes.


L’étude des monnaies et des médailles ainsi que leur classement forment la base de la science numismatique.
Cette science est riche d’enseignements sur l’histoire, l’histoire des religions et des mœurs et, naturellement, sur la connaissance des échanges et de l’économie à toutes les époques.

Histoire - Antiquité - Asie Mineure - Les Hittites -

Publié à 17:08 par acoeuretacris Tags : hittites asie mineure antiquité histoire
Histoire - Antiquité - Asie Mineure - Les Hittites -

 

Sanctuaire de Yazilikaya


Hattousa, en Anatolie, était l’imposante capitale des Hittites. A l’origine, les Hittites étaient des bergers et des guerriers nomades indo-européens. Au IIIe millénaire avant notre ère, ils quittèrent les steppes de Russie pour venir s’installer en Anatolie, au Moyen Orient.


Les Hittites ont fait vaciller le puissant empire d’Egypte.


Selon la Genèse, les Hittites sont l’une des tribus qui peuplaient la Palestine lorsque le peuple Juif retourna en Terre promise. Leur nom revient souvent dans l’Ancien Testament. Les rois juifs David et Salomon prirent pour épouses des Hittites.


Le terme « hittite » vient de Hatti, nom que portait, au IIIe millénaire, le bassin de l’Halys, son peuple et la langue qu’il parlait.


Note: L'Anatolie est la Péninsule occidentale de l'Asie, appelée également Asie Mineure.


Le nom « Anatolie » est employé aujourd'hui en Turquie pour désigner tout le territoire asiatique de la République (y compris Arménie et Kurdistan), et est utilisé par les archéologues qui étudient les premières civilisations de cette région.


Les origines des Hittites


Vers 6500 avant notre ère, les premiers agriculteurs et éleveurs d’Anatolie commencent à se sédentariser.
Vers 2500 avant notre ère, apparaissent de petits royaumes que leurs voisins appellent « pays des Hatti ». C’est sous ce nom que l’Anatolie rentrera dans l’histoire.


Des colons assyriens venus commercer sur ces terres au XIXe siècle avant notre ère transmettent à ce peuple l’art d’écrire.


La population hittite s’est formée par la fusion des indigènes (qui lui ont donné leur nom, Hatti) et de nouveaux venus à langue indo-européenne, dont l’origine (peut-être des Nésites venus par le Caucase) et la date d’arrivée en Anatolie centrale restent méconnues et qui adoptent la civilisation de leurs hôtes.


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Carte empire Hittite (Source wikipedia)


Légende: Apogée de l'empire hittite (1300 avant notre ère) est indiquée en orange. Influence sur l’empire d’ Egypte en vert.


Importance de l’empire sous Hantili I (vers 1590 avant notre ère) est indiquée en rouge.


Le nouveau peuple, les Hittites, ou Hatti, est attesté pour la première fois dans les « tablettes de Cappadoce », archives des marchands assyriens installés en Anatolie centrale depuis la fin du XXe s. avant notre ère. Il est alors divisé en cités-États, dont les rois se disputeront longtemps la prédominance.


L’édification de l’Empire Hittite


Les Hittites commencent à se fédérer. Sous Labarna Ier, un roi mal connu, le royaume est encore limité. Cependant, ce roi semble avoir joui d’une certaine renommée auprès de ses successeurs qui porteront symboliquement son nom comme un titre : les « Labarna ».


Son héritier direct, Hattousili Ier, va transformer le royaume en un empire par une série de conquêtes.


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Ruines d'Hattousa, la capitale des Hittites. (Willis Monroe)


Hattousili Ier  lutte contre le plus puissant de ces États syriens, le Yamhad (dont la capitale est à Alep), qui est détruit par son successeur, Moursili Ier (vers 1600 avant notre ère) ; ce dernier, également vainqueur des Hourrites qui occupent les confins de l’Anatolie et de la Mésopotamie, va même, dans un raid sans lendemain, surprendre Babylone, où il met fin à la dynastie amorrite (1595 avant notre ère).


Moursili Ier domine un empire qui s’étend de la mer Noire à la Méditerranée.


Mais Moursili Ier est assassiné peu après, et ce drame est le premier d’une série de crimes commis par des ambitieux, princes ou époux de princesses, au détriment de rois, qui sont souvent déconsidérés par leurs défaites.


La fragilité de l’empire Hittite


Les conquêtes sont fabuleuses mais l’empire est fragile. Il y a de nombreuses guerres civiles sanglantes ainsi que des rebellions des peuples conquis.


Les luttes intestines pour la succession empêchent de faire face aux harcèlements du peuple barbare des Kaska (ou Gasga), ni de contenir les provinces qui se soulèvent.


L’empire connaît un recul notoire de sa puissance. Le déclin est momentanément enrayé durant le règne de Télibinou (fin du XVIe s. avant  notre ère).


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Traité de paix de Kadesh inscrit sur une tablette et découvert à Hattousa (Musée archéologique d’Istanbul). (Yasin Turkoglu)


Parallèlement, en haute Mésopotamie, les royaumes hourrites et sémitiques s’unissent. Ils constituent un empire menaçant aux portes du pays des Hatti : Le Mitanni.


Télibinou a essayé d’imposer une nouvelle loi de succession héréditaire pour mettre fin aux prétentions de la noblesse.
Il établit également les procédures concernant les crimes commis par des personnes de la famille royale.


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Taureau en bronze et électrum découvert dans une tombe royale hittite (Musée d'Ankara). (Levork)


Ses successeurs qui ne sont pas tous connus ne semblent pas avoir été assez forts pour s’opposer aux invasions de l’empire du Mitanni.


Au XVe s. avant notre ère, le Hatti est complètement éclipsé par cet empire.


Après 1450 avant notre ère, le trône de Hattousa passe à une nouvelle dynastie. Les premiers souverains ne sont pas plus chanceux que leurs prédécesseurs et sous Toudhaliya III, le Hatti, trahi par les petits États fédérés, de toutes parts envahi par ses voisins anatoliens, semble sur le point de succomber.


L’apogée de la puissance Hittite


Le royaume est alors sauvé par un prince : Souppilouliouma Ier (vers 1380-vers 1345 avant notre ère).


Celui-ci consacre son règne à restaurer la puissance hittite. Il mène plusieurs guerres en Syrie qu’il occupe puis du Liban à l’Euphrate et conclut des accords avec ses voisins.


La plus grande partie de l’Anatolie est reprise et les prétentions du Mitanni sont brisées. Les possessions syriennes du pharaon d’Egypte sont confiées à des princes hittites.


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Le sanctuaire de Yazilikaya était bâti à 2 km d'Hattousa. Les hommes gravèrent dans la roche des représentations de dieux et de rois. (Travelling Runes)


C’est à cette époque que la reine d’Égypte, veuve de Toutankhamon, ne voulant pas épouser un de ses « serviteurs » égyptiens, demande au souverain de Hattousa de lui envoyer un de ses fils pour mari (vers 1352 avant notre ère) ; mais le prince hittite est assassiné avant d’atteindre son but, et les heurts entre l’Égypte et le Hatti dégénèrent en une série de guerres qui vont s’étaler sur trois quarts de siècle.


Après la mort de Souppilouliouma Ier, c’est la révolte générale des États. Son fils Moursili II (vers 1344-vers 1310 avant notre ère.) parvient à rétablir la situation.


Moursili II, se consacre essentiellement à la lutte contre les Égyptiens et, en 1299 avant notre ère, les Hittites et leurs alliés surprennent l’armée de Ramsès II près de Qadesh. C’est un échec que le grand pharaon ne parviendra pas à réparer complètement.


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Le sanctuaire de Yazilikaya. (Travelling Runes)


Pendant ce temps, une nouvelle puissance, l’Assyrie, profite de la disparition du Mitanni pour menacer l’empire Hittite.
Ce dernier s’abîme dans des guerres incessantes extérieures et intérieures.


La disparition de l’empire Hittite


Le règne de Souppilouliouma II (vers 1210-vers 1191 avant notre ère) est mal connu ; il vient de reconquérir Alashiya lorsque se produit la catastrophe, qui n’est connue que par une allusion des textes égyptiens et par le niveau de destruction à Hattousa et dans les autres villes hittites. Une seconde vague de Peuples de la mer, venus des îles de la Méditerranée et d’Anatolie, fait brusquement disparaître cet État (vers 1191 avant notre ère), avant de s’attaquer à la Syrie et à l’Égypte.


De nombreux Hittites fuirent vers le sud, où ils fondèrent quelques cités. Mais, les royaumes néohittites disparurent définitivement au VIIIe siècle avant notre ère sous les coups des Assyriens.

Histoire - Antiquité - Asie Mineure - 1er empereur chine -

Publié à 14:58 par acoeuretacris Tags : histoire antiquité asie mineure 1er empereur chine
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Qin Shi Huangdi

Le premier véritable empereur de Chine, Qin Shi Huangdi, qui régna de 221 à 210 avant notre ère, fut l’instigateur de projets grandioses et innovateurs pour l’époque.

Cet empereur a marqué jusqu'à aujourd'hui, par ses réformes, l'histoire de la Chine.


Il ordonna notamment la construction d’une bonne partie de la Grande Muraille. Il fit preuve d’une incroyable mégalomanie dont le plus bel exemple est cette éternelle armée de terre cuite figée à tout jamais.

La découverte de Xi’an

Non loin de Xi’an, au nord du Shaanxi, des paysans ont découvert en 1974 d’énormes fosses à côté de l’enceinte du mausolée de Qin Shi Huangdi.

Celles-ci contenaient des statues de soldats en terre cuite datant de l’époque Quin.

Armée en terre cuite de Xi'an. Photo Tem Woodham

Resté inachevé à la mort de l’empereur, ce mausolée recouvre environ 56 Km². Outre le tumulus funéraire sous lequel est située la tombe du souverain, on a découvert dans un rayon de 15 km, des fosses renfermant des victimes sacrifiées.

Les officiers se distinguent par la coiffure élaborée et les brandebourgs. Les simples soldats portent un chignon en boule et un simple bonnet. Photo Britrob

En 1980, les archéologues ont dégagé 18 fosses contenant des oiseaux et des animaux sauvages ainsi que 13 autres remplies de figurines de servantes et d’esclaves.

On a également dégagé les écuries du monarque dans lesquels s’amoncelaient des statuettes de palefreniers et une foule de squelettes de chevaux.

Enfin, quatre fosses accueillaient l’armée en terre cuite de Qin Shi Huangdi.

Xi'An. Devant, les palefreniers sans armure, derrière, les officiers et l'infanterie légère appuyés par des chars. Photo Zingaro, I am a gipsy too

Le tumulus de 115 m de haut dans lequel repose l’empereur n’a toujours pas été excavé. Pour se protéger des voleurs, l’empereur avait fait installer des pièges et des trappes équipées d’arbalètes.

Les archéologues essayent toujours de trouver un moyen d’entrer dans le tombeau.

L’armée d’outre-tombe

Cette reproduction, grandeur nature, de l’armée du monarque occupe une superficie de 20 780 m². Les fosses contiennent 130 chars de combat en bois, au moins 600 chevaux en terre cuite et plus de 8 000 soldats munis d’armes réelles en bronze.

Chevaux en terre cuite grandeur nature. Photo Wit

Les hommes sont plus grands que nature (1,75 m à 1,79 m) et les chevaux mesurent environ 1,50 m de haut.

Un simple soldat dont le rang est indiqué par le couvre-chef. Photo Tem Woodham

L'expression des chevaux a été également admirablement reproduite.
Ce qui est incroyable, c’est le réalisme et le soin apportés aux détails.

Xi'An. Tous les chars sont tirés par quatre chevaux dont deux en traction libre. Photo cheesy42

On pense que les statues étaient d’abord cuites dans des fours à une chaleur d’environ 1 000 degrés puis décorées et colorées.

Accompagnés par leurs chevaux et munis de tout leur matériel, ces guerriers forment une armée complète qui donne une idée de la puissance militaire de cet empereur.

Archer de Xian. Photo Wit

Toutes ces galeries avaient été recouvertes et soigneusement camouflées pour que personne ne puisse soupçonner la présence de cette armée qui gardait le mausolée.

L'armée de Xian occupe une superficie de 20 780 m². Photo Praziquantel

Au moins un millier de statues ont été exhumées. Chaque visage se distingue des autres par des détails tel que la forme de la moustache ou le regard. Cette précision nous incite à penser que les statues ont été sculptées d’après un modèle.

Un officier au regard droit et fier de l'armée de Xian. photo Kiwi Mikex

On considère l’armée souterraine de Qin Shi Huangdi comme la huitième merveille du monde.

Les réformes de Qin Shi Huangdi

Qin Shi Huangdi règna de 221 à 210 avant notre ère. Ensuite il y a eu, durant quelques mois, son fils, Ying Hu Hai, puis le second et dernier empereur des Qin, Ying Zi Ying qui regna de -210 à -206.

Qin Shi Huang Di

Les réformes de cet empereur qui n’a gouverné que 20 ans ont laissé une empreinte indélébile sur deux millénaires d’histoire chinoise.

Ses deux objectifs fondamentaux étaient l’unification de l’Empire et la centralisation du pouvoir.
Il estimait que la base d’un Etat uni était le fa, la Loi. Cette conception était très moderne pour la Chine.
Selon, le fa, le roi ne devait pas diriger le pays selon son bon plaisir mais avait pour mission de contrôler l’application juste de la Loi.

Fondé sur le principe de la responsabilité collective, le code Qin fut étendu à tout l’Empire.
Parmi les nombreuses mesures prises, on peut citer :

  • L’adoption des mêmes mesures de poids et de longueur sur tout le territoire
  • Une monnaie nationale
  • Une écriture unifiée qui est restée aujourd’hui une donnée fondamentale pour l’unité culturelle chinoise

 

Mégalomane à l’extrême, ce souverain exceptionnel, se devait de laisser une trace à la hauteur de ses ambitions.
Sa puissance est figée à jamais dans cette armée qui l’accompagne tout au long de son voyage éternel.

Histoire-Antiquité-Asie Mineure- Origines Chine -

Publié à 13:57 par acoeuretacris Tags : origines chine asie mineure antiquité histoire
Histoire-Antiquité-Asie Mineure- Origines Chine -
Les origines légendaires de la Chine

Vers 2000 avant notre ère, le prince Yu  le Grand fonde la première dynastie légendaire d’un pays qui ne s’appelle pas encore la Chine.

Autour du fleuve Jaune, le fondateur mythique de la Ier dynastie des Xia est un héros civilisateur qui a la réputation d’avoir dompter le terrible fleuve et ses inondations.

Les origines de la Chine sont étroitement liées à la mythologie.


Le premier historien chinois, Sima Qian (v. 145-86 avant notre ère) commence un de ses récits avec cinq souverains mais d’autres textes font état de huit souverains. Il fort probable que les uns comme les autres n’ont pas de réalité historique.

La Chine néolithique

La Chine a été occupée dès le paléolithique supérieur. Des fossiles d’Homo erectus ont été mis au jour dans plusieurs provinces. Actuellement, le plus vieil ancêtre des Chinois est l’homme de Lantian, vieux de 600 000 ans

Homo erectus baptisé "l'Homme de Pekin" découvert en 1965. Photo Ideonexus

La terre commence à être cultivée en Chine dès le début du néolithique : au nord, le blé et le millet ; au sud, le riz.


Le tissage du chanvre et la sériciculture sont déjà connus. Le porc et le chien sont domestiqués.
Les origines de la civilisation chinoise sont liées à l’environnement. Ce dernier peut être divisé en trois grandes zones :

  • Ceinture tempérée au nord de la Chine près du fleuve Jaune : culture du millet, du chanvre, des fruitiers et pâturages
  • Ceinture sud de la Chine près du Yang-Tseu-Kiang : riz, haricots, lotus, bambous, poissons, tortues
  • Littoral sud : zones de pêches côtières et écosystème tropical

 

Village néolithique reconstitué de Banpo près de Xi'an. Photo Lanz

C’est dans le bassin du fleuve Jaune que se développent les cultures néolithiques les plus anciennes.
Différentes cultures se succèdent ou coexistent dans le bassin. Elles peuvent être distinguées d’après leur développement agricole.

Squelette mis au jour dans le village néolithique de Banpo. Photo Lanz

Tout d’abord, les agriculteurs itinérants défrichent par des incendies de forêts et migrent quand la terre devient stérile ;  peu à peu, des communautés agricoles se sédentarisent.
C’est à ces deux types que paraissent appartenir les deux grands ensembles néolithiques qu’a connus la Chine du Nord et qui sont définis par leur poterie :

  • Poterie rouge : culture de Yang-shao (6000-3000 avant notre ère)
  • Poterie noire : culture de Longshan (3000-1850 avant notre ère)

 

Les premiers sites connus sont les établissements néolithiques de la culture Yangshao à Banpo près de Xi’an au nord, et de Hemudu sur la côte sud-est.

Statuette. Culture Longshan (Shangai Museum). Photo Utauta

De nombreux mythes des origines tentent de rendre compte de ce passé lointain et d’expliquer la marche du monde.

La création de l’univers

La légende de Pangu raconte qu’au début, un œuf contenait un homme. Cet œuf se brisa, sa partie supérieure forma la voûte céleste et sa partie inférieure devint la Terre.

Entre-elles, un être nommé Pangu se mit à grandir chaque jour de 10 pieds, au même rythme que le ciel et la Terre.


La croissance de ces trois éléments dura 18 000 ans, ne s’arrêtant qu’avec la mort de Pangu, devenu gigantesque.


Les hommes ne sont en fait que les parasites qui peuplaient son corps.


Ce récit nous vient d’un groupe ethnique minoritaire du Sud-Ouest de la Chine.

Fleuve Jaune aujourd'hui. Photo Omar.A

La respiration de Pangu devient le vent et les nuages, sa voix le tonnerre, ses yeux le soleil et la lune, et ses membres les montagnes.

Ses cheveux produisent les étoiles, ses poils la végétation. Ses os, ses dents et sa moelle se muent en minéraux.

Cette série de métamorphoses est appelée le mythe du corps humain cosmologique.

Une autre légende raconte que le ciel rond couvre la Terre, qui est carrée. A l’origine, il y avait aux quatre coins de la Terre quatre piliers qui empêchaient le ciel de tomber, mais un monstre appelé « Gonggong », ébrécha le mont Buzhou, le pilier nord-est.


C’est pourquoi depuis, les astres marchent vers l’ouest.

Les premiers Augustes

Les divinités chinoises étaient d’abord représentées avec des attributs animaux. Au fur et à mesure que s’élabore l’histoire de la Chine, elles perdent ces caractéristiques et deviennent les premiers Augustes.

Ce sont les maîtres du ciel et de la Terre.

Le premier Auguste est Fuxi, qui a un corps de poisson et un torse humain. Selon la légende, il règne avec sa sœur-épouse Nugua de 2852 à 2737 avant notre ère.
C’est à lui que les Chinois doivent les règles du mariage.
C’est lui qui leur enseigne la chasse et la pèche, qui invente les premiers caractères de leur écriture en regardant les tracés laissés par les oiseaux sur le sable.
Shennong, deuxième Auguste, possède une tête de buffle. Il invente l’agriculture ainsi que la houe et la charrue.

Yin et Yang

En Chine, la création s’explique par le yin et le yang, énergies qui fusionnent pour créer l’univers.
Le yang est une énergie mâle, active, claire et impaire. Le yin est considéré comme le principe femelle, en repos, sombre et pair.

Illustration du Yin et du Yang

Ils sont représentés par les moitiés noires et blanches d’un cercle et constituent tous les aspects de la vie.
Dans une deuxième version du mythe de la création, on apprend comment deux dieux émergent de la vapeur initiale pour former les puissances cosmiques du Yin et du Yang, et créer l’ensemble du vivant (choses et êtres).

Aux origines de l’histoire de la Chine

Les mythes de la Chine ancienne sont nés de la tradition orale. Les lettrés chinois ont par la suite fait référence à des fragments des mythes mais l’ensemble est peu homogène. Il existe donc de nombreuses variantes et les mythes ont été adaptés en fonction du point de vue de l’auteur.

Les mythes de la protohistoire sont tous caractérisés par le choix de la couleur jaune. Cette couleur sera plus tard réservée aux empereurs.


La couleur jaune est empreinte d’un fort symbolisme dans toute la culture chinoise. Cette couleur symbolise la terre divine.

Le premier souverain, Huangdi, le « souverain jaune », sait utiliser le feu pour la fabrication d’objets.
Ainsi naissent les premières poteries, les premières fontes d’armes. Il invente aussi le char et le bateau, tandis que son épouse découvre la soie.

Yang-Tseu-Kiang (ou Yang-Tsé-Kiang). Photo Marc van der Chips

Des souverains qui suivirent, il faut retenir les deux derniers, Yao et Shun, qui durent combattre le déluge provoqué par l’ébranlement du mont Buzhou.
Ils sont prêts à céder le pouvoir à des hommes sages. Le principe de la transmission du pouvoir de sage en sage est ainsi posé avant le principe héréditaire.
En Chine, la sagesse va de paire avec l’âge.

Yu le Grand

Le souverain Shun charge le comte Yu, intendant des travaux publics, de régler le problème du déluge.


Le mythe du déluge se superpose à la réalité du fleuve Jaune dont les crues provoquent dégâts et famines.


Il existe quatre grandes versions du mythe du déluge mais la version qui met en scène Yu est la version majeure.
Yu maîtrise les eaux grâce à ses prouesses physiques surhumaines et à sa vertu morale. Des créatures surnaturelles l’aident dans sa mission, notamment un dragon aquatique et une tortue.

Carapace de tortue découverte à Banpo (Néolithique). Photo Lanz

Une légende raconte qu’un dragon, sorti du fleuve Jaune, apporta à Yu le Grand les plans du monde.
Cela témoigne de l’importance du rôle du fleuve dans l’organisation de la Chine.


Les plans du monde se présentent sur le modèle d’un carré divisé en neuf  parties. Yu créé neuf provinces.
Après s’être dévoué pour le bien de son peuple, Yu accède au pouvoir suprême. Mais, il déroge à la règle en appelant auprès de lui son fils. Il va ainsi  créer la première dynastie royale, la dynastie des Xia.
Pour les Chinois, le principe héréditaire du pouvoir s’explique par le fait que le fondateur d’une dynastie est le dépositaire de deux vertus : le tao et le te.


Elles caractérisent le bon souverain : être capable de faire régner l’harmonie et être efficace.
Ces qualités se transmettent à la descendance mâle qui peut donc légitimement régner.

Fleuve jaune. Photo Bryan Jiang

Mais, un jour ou l’autre, les souverains abandonnent ces deux principes pour faire le mal. Ils vivent dans la débauche et gouverne par les châtiments.

De Yu à Ji, la dynastie des Xia comptera 17 souverains. Le tyran Ji marquera la fin de la dynastie.


Chaque fin de dynastie marque un tournant décisif et la nécessité pour la Chine de choisir une nouvelle lignée de sages.

On ne connaît rien de précis sur les Xia, qui auraient fondé vers la fin du IIIe millénaire avant notre ère., un premier royaume chinois, dont la capitale aurait été Anyi dans le Shanxi, lequel royaume allait durer plus de 500 ans.

Les légendes révèlent une civilisation agricole et patriarcale dont les principaux traits se reconnaissent dans la vie chinoise ultérieure ; très tôt, soutenu par la forte cohésion familiale, le paysan chinois a fait preuve de son dynamisme colonisateur. Peuple de chasseurs, de pêcheurs, mais aussi de cultivateurs de céréales, les Chinois bâtissent déjà en terre battue ; ils pratiquent la divination sur écailles de tortue, et marquent leurs fêtes par des danses et chants rituels.

La dynastie Shang (ou Yin, ou encore Shang-Yin), qui succède aux Xia, appartient à l’histoire : en effet, des fouilles ont mis au jour le site de leur capitale dans la région de l’actuel Anyang (Henan).

Histoire - antiquité - Egypte - Dieu - Horus -

Publié à 13:42 par acoeuretacris Tags : horus egypte antiquité histoire
Histoire - antiquité - Egypte - Dieu - Horus -
Dans l’Egypte ancienne, Horus « Celui qui est loin » est le dieu faucon. Il est le maître de la voûte céleste et le dieu de l’Orient. Horus est l’un des plus compliqués des dieux solaires. Sur les bas-reliefs des temples égyptiens, Horus peut prendre plusieurs formes mais également différents noms.

Symbolisme d’Horus

Sous la forme d’un dieu faucon, Horus incarne le Soleil et le Ciel. Il est la forme journalière du Soleil sous la forme de Rê-Horakhty, l’Horus de l’horizon.

Ses yeux incarnent le Soleil et la Lune.

Horus est le fils d’Isis et d’Osiris. C’est alors Harpocrate qui est représenté sous les traits d’un jeune enfant nu, un doigt sur la bouche, une mèche de cheveux cachant une oreille.

En tant que fils d’Osiris et d’Isis, il peut également prendre les noms de Harsiêsis « Horus fils d’Isis » et de Harendotès « Horus vengeur de son père ».

Osiris

A Edfou, il est représenté comme dieu-père et dieu-fils, dédoublement symbolisé par le Disque solaire doté de deux ailes.

En tant que symbole de dieu musicien des aveugles, il est le compagnon d’Hathor dont il a un fils, Horus Sémataoui « Le Rassembleur des Deux Terres ».

Il est également le symbole divin de tous les rois et le protecteur de la monarchie.

A ce titre, il est représenté sur le pschent qui est la double couronne portée par les pharaons.

Pharaon sur un bas-relief portant le pschent.

Le pschent symbolise l’union des deux Egypte. Pharaon est le seigneur des « Deux Terres ». Le pschent est formé de l’enchâssement de deux couronnes : la mitre blanche associée au dieu Seth, et le bonnet rouge, ou desheret, de la Basse-Egypte, associé au dieu Horus.

Les combats d’Horus

Les parents d’Horus règnent sur l’Egypte jusqu’à la mort d’Osiris, tué par son frère Seth, maître du Chaos.
Isis, inconsolable, recompose le corps démembré de son époux et conçoit de lui son fils, Horus (Harpocrate chez les Grecs).

Devenu adulte, Horus entreprend de venger son père et de récupérer le trône.

Une lutte sans merci s’engage alors entre Horus et Seth. Horus obtient l’assentiment de tous les autres dieux sauf de Rê, le dieu solaire.

L’unanimité n’étant pas faîte, les dieux s’en réfèrent à la déesse Neith qui tranche en faveur d’Horus.

Horus de l'Horizon ou Rê-Horakhty.

Horus devient donc l’héritier du trône. Bien évidemment, Seth conteste cette décision et provoque son neveu en duel.

Les bas-reliefs d’Edfou relatent ces luttes acharnées entre les deux dieux.

Selon la légende, lors d’un combat, Seth arrache l’œil gauche d’Horus, symbolisant la Lune. Dans une autre version, il lui arrache les deux yeux et les enterre dans le désert où ils renaissent sous forme de fleurs de lotus.
Quelle que soit la version, Horus recouvre la vue grâce à la déesse magicienne Hathor. L’œil d’Horus symbolise alors le pouvoir de la guérison.

Son nom « oudjat » signifie « sain ».

Osiris et deux représentations de l'oeil d'Horus

Depuis le monde inférieur, Osiris demande à Rê d’intervenir en faveur de son fils sou peine de libérer les esprits du châtiment.

Finalement, les dieux rendent son trône à Horus et même Seth finit par accepter la décision. Dès lors, il assiste Rê dans sa lutte contre les forces des ténèbres.

Horus, gardien des temples.

Horus préside désormais au destin de l’Egypte et symbolise le monde des vivants tandis que son père, Osiris, devient le maître du monde souterrain.
Pharaon est l’Horus vivant c’est-à-dire l’incarnation d’Horus sur Terre. A sa mort, il descend dans le monde inférieur pour s’unir à Osiris.

L’œil est considéré comme une amulette et incrusté sur de nombreux bijoux, portés comme des talismans.