Fables de La Fontaine -Livre I - Le Loup et le Chien -

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Fables de La Fontaine -Livre I - Le Loup et le Chien -

Le Loup et le Chien

Illustration de Gustave Doré

 

Le Loup et le Chien

 

Un Loup n'avait que les os et la peau,
Tant les chiens faisaient bonne garde.
Ce Loup rencontre un Dogue aussi puissant que beau,
Gras, poli, qui s'était fourvoyé par mégarde.
L'attaquer, le mettre en quartiers,
Sire Loup l'eût fait volontiers ;
Mais il fallait livrer bataille,
Et le Mâtin était de taille
A se défendre hardiment.
Le Loup donc l'aborde humblement,
Entre en propos, et lui fait compliment
Sur son embonpoint, qu'il admire.
"Il ne tiendra qu'à vous beau sire,
D'être aussi gras que moi, lui repartit le Chien.
Quittez les bois, vous ferez bien :
Vos pareils y sont misérables,
Cancres, haires, et pauvres diables,
Dont la condition est de mourir de faim.
Car quoi ? rien d'assuré : point de franche lippée :
Tout à la pointe de l'épée.
Suivez-moi : vous aurez un bien meilleur destin. "
Le Loup reprit : "Que me faudra-t-il faire ?
- Presque rien, dit le Chien, donner la chasse aux gens
Portants bâtons, et mendiants ;
Flatter ceux du logis, à son Maître complaire :
Moyennant quoi votre salaire
Sera force reliefs de toutes les façons :
Os de poulets, os de pigeons,
Sans parler de mainte caresse. "
Le Loup déjà se forge une félicité
Qui le fait pleurer de tendresse.
Chemin faisant, il vit le col du Chien pelé.
"Qu'est-ce là ? lui dit-il. - Rien. - Quoi ? rien ? - Peu de chose.
- Mais encor ? - Le collier dont je suis attaché
De ce que vous voyez est peut-être la cause.
- Attaché ? dit le Loup : vous ne courez donc pas
Où vous voulez ? - Pas toujours ; mais qu'importe ?
- Il importe si bien, que de tous vos repas
Je ne veux en aucune sorte,
Et ne voudrais pas même à ce prix un trésor. "

Fables de La Fontaine -Livre I - Les deux Mulets -

Publié à 16:57 par acoeuretacris Tags : fables la fontaine deux mulets
Fables de La Fontaine -Livre I - Les deux Mulets -

Les deux mulets

Illustration de Gustave doré

 

Les Deux Mulets

 

Deux Mulets cheminaient, l'un d'avoine chargé,
L'autre portant l'argent de la Gabelle.
Celui-ci, glorieux d'une charge si belle,
N'eût voulu pour beaucoup en être soulagé.
Il marchait d'un pas relevé,
Et faisait sonner sa sonnette :
Quand l'ennemi se présentant,
Comme il en voulait à l'argent,
Sur le Mulet du fisc une troupe se jette,
Le saisit au frein et l'arrête.
Le Mulet, en se défendant,
Se sent percer de coups : il gémit, il soupire.
"Est-ce donc là, dit-il, ce qu'on m'avait promis ?
Ce Mulet qui me suit du danger se retire,
Et moi j'y tombe, et je péris.
- Ami, lui dit son camarade,
Il n'est pas toujours bon d'avoir un haut Emploi :
Si tu n'avais servi qu'un Meunier, comme moi,
Tu ne serais pas si malade. "

Fables de La Fontaine -Livre I -La Grenouille qui veut...

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Fables de La Fontaine -Livre I -La Grenouille qui veut...

La grenouille qui veut se faire

aussi grosse que le boeuf

Illustration de Gustave Doré

 

La Grenouille qui veut se faire aussi grosse que le Boeuf

 

Une Grenouille vit un Boeuf
Qui lui sembla de belle taille.
Elle, qui n'était pas grosse en tout comme un oeuf,
Envieuse, s'étend, et s'enfle, et se travaille,
Pour égaler l'animal en grosseur,
Disant : "Regardez bien, ma soeur ;
Est-ce assez ? dites-moi ; n'y suis-je point encore ?
- Nenni. - M'y voici donc ? - Point du tout. - M'y voilà ?
- Vous n'en approchez point."

 

 La chétive pécore
S'enfla si bien qu'elle creva.


Le monde est plein de gens qui ne sont pas plus sages :
Tout bourgeois veut bâtir comme les grands seigneurs,
Tout petit prince a des ambassadeurs,
Tout marquis veut avoir des pages.

Fables de La Fontaine - -Livre I -Le Corbeau et le Renard -

Publié à 16:47 par acoeuretacris Tags : fables la fontaine corbeau et renard
Fables de La Fontaine - -Livre I -Le Corbeau et le Renard -

 

Le Corbeau et le Renard
 Illustration de Gustave Doré

 

Le Corbeau et le Renard

 

Maître Corbeau, sur un arbre perché,
Tenait en son bec un fromage.
Maître Renard, par l'odeur alléché,
Lui tint à peu près ce langage :
"Hé ! bonjour, Monsieur du Corbeau.
Que vous êtes joli ! que vous me semblez beau !
Sans mentir, si votre ramage
Se rapporte à votre plumage,
Vous êtes le Phénix des hôtes de ces bois."
A ces mots le Corbeau ne se sent pas de joie ;
Et pour montrer sa belle voix,
Il ouvre un large bec, laisse tomber sa proie.
Le Renard s'en saisit, et dit : "Mon bon Monsieur,
Apprenez que tout flatteur
Vit aux dépens de celui qui l'écoute :
Cette leçon vaut bien un fromage, sans doute. "


Le Corbeau, honteux et confus,
Jura, mais un peu tard, qu'on ne l'y prendrait plus

Fables de La Fontaine -Livre I- La Cigale et la Fourmi -

Publié à 16:38 par acoeuretacris Tags : fables la fontaine cigale et fourmi
Fables de La Fontaine -Livre I- La Cigale et la Fourmi -

La Cigale et la Fourmi
Fable de Jean de la Fontaine

illustrée par Gustave Doré

 

La Cigale et la Fourmi

 

La Cigale, ayant chanté
Tout l'été,
Se trouva fort dépourvue
Quand la bise fut venue :
Pas un seul petit morceau
De mouche ou de vermisseau.
Elle alla crier famine
Chez la Fourmi sa voisine,
La priant de lui prêter
Quelque grain pour subsister
Jusqu'à la saison nouvelle.
"Je vous paierai, lui dit-elle,
Avant l'Oût, foi d'animal,
Intérêt et principal. "
La Fourmi n'est pas prêteuse :
C'est là son moindre défaut.
Que faisiez-vous au temps chaud ?
Dit-elle à cette emprunteuse.
- Nuit et jour à tout venant
Je chantais, ne vous déplaise.
- Vous chantiez ? j'en suis fort aise.
Eh bien! dansez maintenant.

Fables de La Fontaine - Jean de La Fontaine -

Publié à 16:30 par acoeuretacris Tags : fables la fontaine biographie
Fables de La Fontaine - Jean de La Fontaine -

Jean de La Fontaine est né à Château-Thierry le 8 juillet 1621. Son père était maître des Eaux et Forêts et Capitaine des Chasses. Jean de la Fontaine est issu de la moyenne bourgeoisie provinciale.

 

Jean étudia au collège de Château-Thierry jusqu'en troisième.

 

En 1641, Jean de la Fontaine entre à l'Oratoire à Paris. L’austérité de la vie religieuse le rebute rapidement. Au séminaire, il est influencé par les idées jansénistes. Il quitte cet établissement 18 mois plus tard car ses lectures ne sont pas celles qui sont préconisées dans ce type d’établissement.

 

Il se remet alors à ses études de droit et décroche, en 1649, un diplôme d'avocat. Mais, en 1647, son père l’avait marié à Marie Héricart, alors âgée seulement de 14 ans. Ce mariage organisé par les deux familles n’est pas un mariage d’amour et ne sera jamais heureux. Malgré la naissance d'un enfant, Jean de La Fontaine est réputé pour être un fonctionnaire négligent et un père indifférent.
Avocat au Parlement, il ne plaide guère.

 

 

En 1652, La Fontaine reprend la charge paternelle de Maître des Eaux et Forêts. En 1658, Il se sépare de sa femme qui lui reproche notamment ses infidélités.

 

Il fréquente beaucoup la société libertine. Il bénéficie de nombreuses protections dont celle de Fouquet, alors surintendant des finances, ce qui lui permet de mener une vie de dilettante.
D’ailleurs, il compose le poème Adonis pour Nicolas Fouquet. Il lui dédie «le Songe de Vaux», ainsi qu'une trentaine de poèmes.

 

Mais en 1661, Fouquet est arrêté. La Fontaine juge préférable de se retirer quelques temps, et part pour le Limousin. A la chute de Fouquet, Il écrit «l'ode au roi» et «Élégie aux nymphes de Vaux». Il se rapproche de plus en plus des jansénistes, que le roi persécute. Sa fidélité à Fouquet lui vaut la haine de Colbert et le ressentiment du roi lui-même.

 

En 1674 ses Nouveaux Contes qui mettent en scène des gens d’Église, lui valent la colère du parti dévot qui les fait interdire à la vente.

 

Il se lie avec Molière, Boileau et Racine et écrit «les amours de Psyché et Cupidon».
Il est alors protégé tour à tour par la Duchesse de Bouillon, la Duchesse d'Orléans, Madame de la Sablière et enfin Madame Hervart.

 

Jusqu'en 1692, La Fontaine mène une vie mondaine. Il fréquente Mme de La Fayette, Mme de Sévigné. La Fontaine participe à la Querelle des anciens et des modernes dans laquelle il se déclare partisan d'un retour aux écrivains classiques, c'est à dire " dignes d'être lus " (Épître à Huet, 1687).

 

En 1684, il est élu à l'Académie au fauteuil de Colbert.

 

A partir de 1692, la maladie l’amène à renier ses écrits non-conformistes. En effet, son confesseur, l’abbé Pouget lui arrache une abjuration publique de ses contes infâmes et lui fait déchirer sa dernière oeuvre.Il meurt en 1695.

 

Il est inhumé au cimetière des Saints-Innocents. Les restes de Jean de La Fontaine ont été exhumés le 6 juillet 1792 et ils reposent au cimetière du Père Lachaise.

 

Jean de La Fontaine a publié de nombreux ouvrages mais ce sont ses fables, 12 livres parus de 1668 à 1693, qui immortalisent son nom.

 

En fait, il s’est beaucoup inspiré des Anciens, Esope et Phèdre notamment pour écrire ses fables.
Cependant, il a totalement renouvelé le genre. En effet, la fable n’est plus la sèche démonstration d’une morale.
Chaque fable est un court récit comportant une intrigue. A travers ces fables, Jean de La Fontaine démontre avec brio sa parfaite maîtrise de la langue et du vers.

 

Sa biographie

1654: L'Eunuque et traduction d'une pièce de Térence
1658: Epître à l'Abbesse de Mouzon - Adonis
1659: Le Songe de Vaux
1659 à 1661: 26 pièces offertes à Fouquet
1660: Les Rieurs du Beau Richard
1661: Début probable de l'écriture des Fables
1662: Elégie aux Nymphes de Vaux - Ode au Roi
1663: Relation d'un Voyage de Paris en Limousin
1664: Parution des deux premiers contes : Joconde, et Le cocu battu et content
1665: Publication des Contes et Nouvelles en vers
1666: Contes et Nouvelles en vers (deuxième partie)
1667: 3 contes : Les frères de Catalogne, l'Ermite et Mazet de Lamporechio
1668: Fables choisies mises en vers
1669: Les Amours de Psyché et Cupidon
1670: Recueil de poésies chrétiennes et diverses
1671: Contes et Nouvelles en vers (troisième partie)
1673: Poème de la Captivité de Saint Malc
1674: Daphné - Les Nouveaux contes
1675: Le Florentin
1678-1679:Publication du deuxième recueil de fables (livres VII à XI)
1682: Poème du Quinquina, Belphégor, la Matronne d'Ephèse, Galaté
1683: Le rendez-vous (pièce de théâtre perdue) - Achille
1684: Discours à Madame de la Sablière - Le Renard, le Loup et le Cheval
1685: Publication de 11 fables et 5 nouveaux contes
1687: Epître à Huet
1688: Le Milan, le Roi et le Chasseur
1690: Les Compagnons d'Ulysse
1691: Astrée - Les Deux Chèvres - Le Thésauriseur et le Singe
1692: la Ligue des rats
1693: Livre XII des Fables

Cadeau de Toinette...

Publié à 11:36 par acoeuretacris
Cadeau de Toinette...

 

Antoinette, Farah, Céline, Pascal, Laure, Micklys, Créaline, Canarye, Cricri, Prettypoun,

Martine, CoeurdeLouve, Guilaine, Patou, Lisa, Pierrette, Josée, Canelle, Mimi, MarieThé,

Mimietmambo, Fanny, Marzou, Myky, Krystal, Yogi, MarieThérèse, Yolande, Colette, Aurélia

Yvonne, Amazone, Edith, Soizig, et ma fille Véronique

(et j'en oublie peut-être, qu'on me pardonne)

 

POUR VOTRE AMITIE

et vos coms et visites.

 

 

 

http://toimichel.centerblog.net/

 

 

 de tout coeur Toinette....

 

entouteamitie.jpg 

 

Gros bisous....

 

 

Bonjour, bonne journée à tous....

Publié à 11:16 par acoeuretacris Tags : bonjour
Bonjour, bonne journée à tous....

 

Sous un ciel.....

 

Sous un ciel

couleur d'azur

un vol d'hirondelles

plane sur les toitures

 

Sous un ciel

couvert de nuages

un vol de corneilles

fuit l'orage

 

Sous un ciel

envahi d'étoiles

un vol de tourterelles

s'affole dans le noir voile

 

Sous tous les ciels

gris,bleus ou noirs

un vol éternel

plane jusqu'au dernier soir

 

 

Daniel GANTZER

Je vous souhaite....

Publié à 15:01 par acoeuretacris

 

 

Le père Noël vient vous livrer toute une
liste de bons voeux: santé, bonheur, prospérité
et aussi un Noël merveilleux et une année bien meilleure
que celle qui vient de passer!

 
"Joyeuses fêtes"

 

 

 

 

A demain

Publié à 21:57 par acoeuretacris Tags : bonsoir
A demain

 

Au creux de la nuit


Quand se meurt l'astre d'or en longue déchirure,
Sur un dernier sursaut où s'écoule le vif,
Que peu à peu se noie aux ténèbres l'azur,

 
L'ombre vient dévoiler l'éclat des sens captifs.



Apaisé de silence à l'oubli des tourments,
Loin des humains détours qui accablent, démettent,
Tes pensées sont portées par de divins serments
Vers la paix d'un baiser que les vagues promettent.



Et rien ne compte plus au refuge choisi
Que le souffle du vent, les étoiles rebelles,
Ces sons que tu perçois libérés eux aussi,
Des entraves du jour soumis aux décibels.

 

Dans cet instant sacré semblable au premier soir
Où l'homme se leva guidé par la nature
Et fit du cours du temps le fil de son histoire,
Tu gommes tes regrets comme simple rature.

 

Puis, te laisses bercer au rythme de la terre
En lentes pulsations qui calment les douleurs
Pour unir nos regards d'une même prière.
Là, au creux de la nuit ... j'entends battre ton coeur...

 

Myosotis